Ibrahim Chamseddine prononçant son allocution lors de l’iftar du Rassemblement du Liban civil.Photo ANI
Le Rassemblement du Liban civil a organisé à Mansourieh un iftar auquel étaient conviées de nombreuses personnalités dont notamment M. Marwan Salam, représentant le Premier ministre désigné Tammam Salam, les anciens ministres Ibrahim Chamseddine et Mohammad Chatah, le président du Renouveau démocratique, l’ancien député Camille Ziadé, les anciens députés Habib Sadek, Misbah Ahdab et Salah Haraké, le président du mouvement de l’Indépendance, Michel Moawad, l’uléma Mohammad Hassan el-Amine et des pôles de la société civile. Le Rassemblement du Liban civil regroupe, rappelle-t-on, des personnalités chiites démocrates favorables à l’établissement d’un État civil au Liban.
Prenant la parole au cours de ces agapes, M. Chamseddine (fils de l’ancien chef de la communauté chiite, feu cheikh Mohammad Mehdi Chamseddine) a implicitement critiqué le Hezbollah, sans le nommer, dénonçant sa ligne de conduite générale, tant en ce qui concerne la crise en Syrie que la situation au Liban. Dans une allusion à peine voilée au Hezbollah et à son implication dans la guerre syrienne et dans les tensions sectaires au Liban, M. Chamseddine a déclaré : « Durant ce mois de ramadan, il ne saurait y avoir de combats entre les gens, et plus particulièrement entre les musulmans. Mais celui qui ne respecte pas ce mois (de ramadan), celui qui ne respecte pas les gens continue de faire la guerre à ses propres concitoyens. D’aucuns continuent d’utiliser leurs concitoyens pour faire la guerre à d’autres citoyens dans leur propre pays et sur leur propre territoire. Ce combat (en dehors du Liban), ils ne le mènent nullement pour se défendre, car les Libanais sont préservés dans leur pays, mais ils sont à découvert en dehors du Liban. »
Après avoir appuyé le dernier discours prononcé par le président Michel Sleiman à l’occasion de la fête de l’Armée, précisant que cette intervention devrait être soutenue « non pas parce qu’elle est juste, mais parce qu’elle émane du président de la République », M. Chamseddine a critiqué le dernier discours du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à l’occasion de la Journée de Jérusalem. Sayyed Nasrallah avait affirmé que « les chiites n’abandonneront jamais la Palestine ». Faisant allusion à cette allocution du chef du Hezbollah, M. Chamseddine a déclaré : « Nous avons entendu des propos particulièrement étranges. Il ressort de ces propos que l’affaire de la Palestine concerne une communauté précise, que c’est un problème spécifiquement chiite, que c’est une question qui concerne un parti bien particulier. Une telle thèse est irrecevable. Elle est en contradiction avec les principes des dignitaires religieux ; elle contredit la thèse de l’intégration et elle contredit l’option selon laquelle les chiites devraient s’intégrer dans leur société et ne devraient pas avoir un projet propre à eux, ni sur le plan politique, ni sur le plan économique, ni au plan du développement. »
Soulignant que « la communauté (chiite) n’est pas un parti et n’assume nullement les erreurs ou les choix d’un parti », M. Chamseddine a déclaré en conclusion que tout changement positif au Liban passe par l’action menée par « un front transcommunautaire qui regrouperait des musulmans dans leur diversité et des chrétiens dans leur diversité ».
Mroué et Haraké
De son côté, M. Malek Mroué, membre du bureau exécutif du Rassemblement du Liban civil, a prononcé une allocution dans laquelle il a souligné que le Rassemblement constitue « un cadre politique à caractère culturel favorisant l’interaction entre les Libanais sur base de la citoyenneté et du renforcement de l’État et de ses institutions ». « Nous prônons la culture du respect de la loi et de la lutte pacifique qui implique de s’en remettre à la Constitution et aux mécanismes démocratiques et qui signifie, en outre, le respect du droit à la différence ainsi que la reconnaissance de l’autre sur base de la citoyenneté et de l’égalité dans les droits. »
Et M. Mroué d’ajouter : « La cause prioritaire pour le Rassemblement est la défense de ce qui reste de l’État, au niveau des institutions et des symboles, et la remise sur pied des institutions de l’État qui ont été détruites ou démembrées. Nous voulons un État uni, jouissant de sa souveraineté sur ses frontières et au plan interne, une souveraineté non partagée ; nous voulons un État qui ait le monopole de la force légitime. »
En conclusion, M. Mroué s’est déclaré opposé à la thèse de l’alliance des minorités, car une telle option plongerait le pays dans « une guerre de cent ans », a-t-il souligné.
Prenant à son tour la parole, l’ancien député Salah Haraké a déclaré : « Au sein du Rassemblement du Liban civil, nous prônons le Liban de la liberté et de l’ouverture, nous prônons un État moderne. Nous croyons dans l’État civil qui sert et préserve la religion, en tant que valeur, et qui sert aussi l’État moderne garant d’une bonne citoyenneté. »
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"Nous prônons un État moderne. Nous croyons dans l’État civil qui sert et préserve la religion en tant que valeur." ! Non, Cher Monsieur, l’État Civil effectivement et éhhh "Moudérne" ne doit Absolument Pas "servir et préserver" la religion en tant que valeur (ce n'est Point-là son Rôle), mais plutôt Préserver et Servir ses Propres Valeurs à lui de tolérance et d'ouverture garantes d'une bonne citoyenneté ; et qui sont, elles, tout à fait autres et "différentes" de celles de la religion.... Basta !
11 h 28, le 07 août 2013