Réunion de dignitaires et notables de la localité de Bebnine, dans le Akkar, pour protester contre l’agression dont a été la cible hier, à l’aube, cheikh Khaled Barakat, à Tripoli. Photo Michelle Hallak
Une conjonction de facteurs a provoqué au cours des dernières vingt-quatre heures une brusque recrudescence de la tension à Tripoli. Les soubresauts sécuritaires enregistrés dans ce cadre se sont soldés par huit blessés, dont un dignitaire religieux du Akkar, cheikh Khaled Barakat.
C’est dans la nuit de lundi à mardi que la tension est montée subitement d’un cran dans la ville à la suite d’une rixe qui a éclaté dans les souks internes de la capitale du Nord. L’échauffourée a rapidement dégénéré en un échange de tirs d’armes automatiques qui a fait sept blessés : Mohammad Habib, Fouad Hassoun, Bachir Hassoun, Mohammad Hassoun, Samir el-Namel, Walid Ghazoul et Bilal Ghazoul. Parallèlement, des éléments armés ont entrepris d’incendier dans le secteur de la place de l’Étoile, à Tripoli, un magasin de tapis appartenant à un membre de la famille Hassoun.
Par ailleurs, à l’aube d’hier, des miliciens ont ouvert le feu, vers 5 heures 30 du matin, en direction d’un restaurant à Abi Samra. Cheikh Barakat qui passait dans le quartier a été grièvement blessé par les tirs.
À la suite de ces incidents, des commerçants des souks internes de Tripoli ont organisé dans la journée d’hier un sit-in devant leurs magasins afin de protester contre ce qu’ils ont qualifié d’« anarchie sécuritaire qui règne dans les souks de la ville ». Les protestataires, qui ont fermé leurs établissements commerciaux, ont indiqué que des magasins ont été incendiés lors des incidents survenus dans la nuit de lundi à mardi. Ils ont réclamé sur ce plan le déploiement de l’armée dans les souks en question afin d’y rétablir le calme. En fin de journée, les commerçants ont mis un terme à leur sit-in.
La recrudescence des incidents a également été stigmatisée par les ulémas, les dignitaires religieux et des représentants de la société civile à Tripoli qui ont tenu une réunion urgente au siège de Dar el-Fatwa de Tripoli et du Liban-Nord. Les participants à la réunion ont publié un communiqué dans lequel ils dénoncent « l’anarchie sécuritaire dont les quartiers de la ville et ses souks sont le théâtre ». Les personnalités présentes ont déploré « l’absence inexplicable des services de sécurité qui devraient préserver la sécurité et les biens de la population ». Le communiqué stigmatise en outre l’agression dont a été victime cheikh Barakat, relevant que cette agression est « la conséquence de l’anarchie qui sévit dans les rues et les quartiers de Tripoli ».
L’agression contre cheikh Barakat a été condamnée aussi par plusieurs dignitaires religieux, moukhtars et présidents de municipalité du Akkar qui ont tenu à ce sujet une conférence de presse dans la localité de Bebnine, d’où est originaire cheikh Barakat. Prenant la parole, le président du conseil municipal de Bebnine devait affirmer que l’agression contre cheikh Barakat « ouvre la voie à une grave discorde qui risque de toucher le pays, la région (le Nord) et Tripoli ». Soulignant que cet incident constitue « une atteinte à la paix civile », le président de la municipalité a mis l’accent sur le fait qu’il ne saurait y avoir de « substitut à l’État » afin de faire face à la dégradation sécuritaire au Liban-Nord.
Sit-in devant le domicile de Mikati
La tension provoquée par les incidents survenus dans la nuit de lundi et à l’aube d’hier s’est accrue dans la journée à la suite d’un autre développement majeur : la réaction au verdict rendu par la Cour de justice dans l’affaire de l’attentat terroriste de Tell, en août 2008. Après l’annonce de ce verdict, de jeunes fondamentalistes sont descendus dans certaines rues de Tripoli et ont organisé une manifestation en faisant un usage intensif de leurs armes automatiques. Ils ont organisé un sit-in devant le domicile du Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, en signe de protestation.
Les forces de sécurité sont intervenues et ont lancé des grenades lacrymogènes afin de disperser les manifestants qui ont mis un terme à leur mouvement en fin de journée.
Réunion sécuritaire
Face à la subite recrudescence de la tension à Tripoli, M. Mikati a tenu au Grand Sérail une réunion d’urgence avec les chefs des services de sécurité en présence du ministre de l’Intérieur Marwan Charbel qui a catégoriquement démenti, à l’issue de la réunion, les rumeurs faisant état d’une reprise des incidents dans la capitale du Nord après la fête du Fitr.
Pour mémoire
« Dès que vous prononcez le mot armes, ça tue le tourisme »
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dignitaires de quoi ? ...avec des miliciens dignes de quoi par rapport à qui ...? de courants d'air entre les deux oreilles...? et les autres dignement ... mettent le turban pour que le courant ne s'échappe pas....!
14 h 34, le 08 août 2013