Bernard Caïazzo, face au PSG, Monaco ou Marseille, où se situe l’ASSE en Ligue 1 ?
L’ASSE n’a pas les mêmes valeurs que ces clubs, qui sont des valeurs matérielles. Notre approche est basée sur des valeurs humaines. Nos joueurs ne viennent pas pour l’argent. Franck Tabanou et Benjamin Corgnet ont fait des efforts financiers pour venir, et ceux qui n’ont pas pu venir l’ont regretté dans la presse (NDLR : Anthony Mounier). L’ASSE garde un pouvoir d’attraction et les joueurs y vivent de belles histoires comme Dimitri Payet, Blaise Matuidi dans le passé, et plus récemment Pierre-Emerick Aubameyang. Être heureux dans une équipe qui fait quelque chose peut être aussi un plus.
Quelles ambitions auront les Verts cette saison et dans un proche avenir ?
Tant que le stade n’est pas terminé, à savoir en 2014, l’ASSE ne peut afficher d’ambition au-delà du jeu et du spectacle, même si le but est de se présenter sur le terrain pour gagner. L’objectif est de nous installer durablement dans le top 5 français. Cela ne pourra être durable qu’une fois le stade totalement terminé, lorsque nous pourrons jouer devant 42 000 personnes dans un Chaudron en folie. Le football a évolué. Il est important d’avoir un stade fonctionnel, alors que nous avons acquis la propriété de notre centre d’entraînement et administratif il y a un an. Je suis souvent en Allemagne et nous souhaitons adapter ce qui est fait dans ce pays à un club comme l’ASSE et à son environnement populaire, au niveau du stade, de l’organisation de gestion et marketing ou du système des salaires, avec des parts importantes de bonus.
Lyon va se doter d’un stade privé. L’ASSE peut-elle envisager de devenir propriétaire de Geoffroy-Guichard ?
Notre modèle est différent de celui de l’OL, dont il faut féliciter les dirigeants d’avoir réussi ce pari fou de financer leur stade. Ce n’est pas l’ambition de l’ASSE de devenir propriétaire de Geoffroy-Guichard. Cela peut s’imaginer dans le temps, mais en tout cas pas dans les cinq ans à venir. Nous n’avons pas les moyens de lever 450 millions pour un stade.
L’ASSE retrouve l’Europe. Quel est votre sentiment ?
L’ASSE est un club européen historique par son histoire. C’est une expérience fabuleuse. Lors de notre dernière participation en 2008-2009, nous avions bien réussi notre parcours européen avec 6 victoires, un nul et une seule défaite (NDLR : contre Werder Brême qui avait éliminé les Verts en 8es de finale). Il y a une histoire d’amour naturelle. C’est toujours un grand bonheur de retrouver l’Europe. L’ambition est d’être durablement européen, au moins trois années sur cinq. C’est cela aussi, franchir une étape supplémentaire.
Qu’est-ce qu’a changé la victoire en Coupe de la Ligue, premier trophée du club depuis 32 ans ?
« Cela a permis de cimenter encore un peu plus les composantes du club, les dirigeants, l’encadrement technique et les joueurs. Cela a créé un sentiment indéfectible. Cela nous marquera pour l’avenir, mais c’est déjà aussi du passé, et l’objectif est de revivre de tels moments, de gagner d’autres trophées. Cela a décomplexé le club. Notre équipe est sûre de sa force, avec un fond de jeu indiscutable. Le groupe a des repères que l’on ressent à tous les matches. Il faut féliciter le travail de Christophe Galtier et son encadrement. Il y a un ADN dans le style de l’équipe. Là aussi, nous nous inspirons du modèle allemand.
(AFP)

