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Moyen Orient et Monde

Assad paradant dans les ruines : C’est « sûr », le régime l’emportera

Syrie Première sortie du président syrien hors de Damas depuis 2012 ; arrivée imminente des enquêteurs de l’ONU.
OLJ/Agences
02/08/2013

Bachar el-Assad s’est rendu hier dans la ville de Daraya, au sud-ouest de Damas, où il est allé à la rencontre de membres des forces de sécurité, a rapporté la télévision officielle syrienne. Ce premier déplacement connu du chef de l’État en dehors de la capitale depuis mars 2012 valait bien une photo : postée sur la page Facebook de la présidence syrienne, on voit Bachar el-Assad serrant la main à un soldat en uniforme et casqué. Rappelons que l’armée avait bombardé Daraya, qui était tombée l’an dernier aux mains des insurgés. Depuis lors, les troupes du régime ont repris certaines parties de la ville, au prix de gros dégâts matériels et de nombreuses pertes civiles, selon des habitants.
L’annonce de cette visite intervient quelques heures après que le chef de l’État eut affirmé être « sûr de la victoire » face aux rebelles dans la guerre civile qui ensanglante la Syrie depuis plus de deux ans. En effet, le président syrien a affirmé que « si nous n’étions pas sûrs de gagner en Syrie, nous n’aurions pas la capacité de résister et de continuer à nous battre contre l’ennemi depuis plus de deux ans ». M. Assad a déclaré que les soldats « avaient fait preuve de courage face au terrorisme (...) et face à la guerre la plus violente et la plus barbare de l’histoire moderne ». Il s’exprimait à l’occasion du 68e anniversaire de la création de l’armée syrienne selon l’agence de presse officielle SANA.

 


Le « dégoût »
Un responsable de l’opposition syrienne, Bourhan Ghalioun, a accueilli avec « dégoût » ces déclarations. « Il est dégoûtant et répugnant qu’il (Assad) parle de victoire après avoir, pendant deux ans et demi, détruit son pays, tué des dizaines de milliers d’habitants et poussé à l’exil la moitié de la population. » Il a ensuite ironisé sur le président syrien qui « parle de résistance alors que son armée s’est effondrée et qu’il dépend de mercenaires du Hezbollah et de l’Iran pour la défense de son régime ». Pour l’opposant, Bachar el-Assad « a définitivement échoué et n’est plus qu’un outil aux mains des forces étrangères ».


Pour ce qui est du dialogue prévu à Genève pour amener régime et opposition à négocier une issue à la guerre civile, le Premier ministre syrien, Waël al-Halqi, a affirmé hier dans une interview avec le quotidien proche du pouvoir al-Watan que le régime de Damas était en faveur du dialogue mais pas avec « le terrorisme », en référence à la rébellion. Le Premier ministre s’en est pris par ailleurs aux rebelles qui refusent tout dialogue avant le départ du président Bachar el-Assad, un scénario totalement écarté par le régime. « L’opposition a choisi de refuser (le dialogue) et (de poursuivre) la lutte armée contre les citoyens syriens et l’armée syrienne », a-t-il dit.

 

(Lire aussi : Alpeyrie, photographe enlevé en Syrie : "J’ai été trahi par mon fixeur, qui m’a vendu" )

 


L’ONU à la rescousse
Dans le même temps, le régime Assad a autorisé des équipes d’inspecteurs de l’ONU à se rendre « dans les plus brefs délais » en Syrie pour enquêter sur l’usage présumé d’armes chimiques sur trois sites. Damas refusait jusqu’alors de laisser les enquêteurs se rendre ailleurs qu’à Khan el-Assal, dans la province d’Alep, où, selon le régime de Bachar el-Assad et son allié russe, les insurgés ont utilisé des armes chimiques en mars dernier. « L’équipe va se rendre en Syrie aussi vite que possible et se prépare à partir dans les prochains jours », a déclaré le porte-parole des Nations unies, Martin Nesirky.


Les enquêteurs se sont déjà tous réunis à La Haye, aux Pays-Bas, a expliqué M. Nesirky. Le porte-parole a ajouté que le chef de la mission, le Suédois Ake Sellstrom, sera accompagné de dix experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques et de l’Organisation mondiale de la santé sans toutefois préciser combien de temps l’équipe comptait rester en Syrie. Les Nations unies n’ont pas non plus confirmé les noms de deux des trois sites où l’utilisation d’armes chimiques a été rapportée, « par mesure de précaution et de sécurité ». Ces sites pourraient se trouver près de la capitale Damas et à Homs, selon des diplomates.

 

(Lire aussi: Régime et rebelles cherchent à se partager la Syrie)

 


Le dépôt d’armes
Pour sa part, la Coalition nationale de l’opposition syrienne a reporté une réunion prévue les 3 et 4 août à Istanbul pour travailler sur la constitution d’un gouvernement provisoire, « car pour l’instant, nous collectons les curriculum vitae des candidats pour un poste gouvernemental », a indiqué un membre de l’opposition, parlant sous le couvert de l’anonymat. La formation d’un exécutif provisoire devrait permettre à l’opposition d’être représentée dans les instances internationales et d’« ôter la légitimité du président syrien Bachar el-Assad » selon une des vice-présidents de la Coalition, Souheir Atassi.


De leur côté, les insurgés, qui ont pris le contrôle de grandes parties du territoire, ont du mal à résister à la contre-offensive lancée il y a un mois par les forces du régime pour sécuriser la route entre Damas et la Méditerranée. Lundi, l’armée syrienne a entièrement repris le contrôle du quartier de Khaldiyé qui était passé aux mains des rebelles à Homs, après plusieurs semaines de combat. Début juin, l’armée syrienne, aidée par les combattants du Hezbollah, avait repris la petite ville de Qousseir, non loin de la frontière avec le Liban.
Par ailleurs, le nombre de victimes ne cesse d’augmenter. Une énorme explosion dans un dépôt d’armes a fait 40 morts et au moins 120 blessés à Homs dans le centre de la Syrie, a fait savoir hier l’Observatoire syrien des droits de l’homme.



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Après YouTube, Facebook et Twitter, la présidence syrienne sur Instagram

 

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Donquichotte bääSSàRrien Lilliputien.

Jaber Kamel

On ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs , mais une choses est patente what so ever , c'est une cuisante défaite des comploteurs et de leurs mercenaires , 2 ans et demi plus tard !

Talaat Dominique

C'est le Président Bachar el Assad qui est le président de la république. Ce n'est pas les rebelles qui commandent en Syrie. Ni leurs maitres du Golfe et leurs valets du Liban

SAKR LOUBNAN

DEUX SOUPES AU MENU... ON Y NAGE À VOLONTÉ !

Halim Abou Chacra

Néron régnant sur les ruines de la Syrie et du peuple syrien. Un des spectacles les plus grotesques et les plus répugnants de l'histoire !

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