Dory Chamoun a jugé « inacceptable de laisser l’État iranien faire du Liban le terrain de mise en œuvre de son agenda politique et l’outil de sa confrontation avec la communauté internationale ». « L’État doit prendre les mesures convenables et rapides pour recouvrer sa souveraineté, ses lois, sa Constitution et ses institutions des geôles iraniennes basées à Haret Hreik », a-t-il insisté dans un communiqué. Cette décision « historique et audacieuse, sur la base du principe que nul ne peut supplanter l’État, devrait commencer par la rupture des relations avec l’Iran, la fermeture de son ambassade, et s’achever par la réduction de ses capacités sécuritaires qui paralysent actuellement le processus d’édification de l’État ».
Il a estimé en outre que « l’État libanais et la Ligue arabe – dont les États membres, précisément les pays du Golfe, n’ont pas été épargnés par les ingérences iraniennes visant à les déstabiliser – doivent rompre immédiatement leurs relations diplomatiques avec l’Iran, afin de limiter les dégâts que leur causent les factions, les partis militaires et les organisations des services secrets affiliés à l’Iran ».
« Le danger d’hypothéquer la communauté chiite »
Plus que l’entrave à l’édification de l’État, « le plus grand danger que porte l’Iran au Liban et aux pays arabes est d’hypothéquer la communauté chiite nationale et de détériorer les relations des chiites avec l’État et avec les autres communautés et confessions ». Il a rappelé que « la communauté chiite au Liban est composée de personnalités patriotiques qui refusent la politique iranienne et sa place au Liban et dans la région. Ces personnalités sont toutefois mises sous silence, et incapables, à cause des armes illégales, de s’exprimer pour rectifier le chemin que suit leur communauté ». Ce qui résume au mieux cet état des lieux serait la récente déclaration de l’ancien ministre Ibrahim Chamseddine à la revue al-Massira : « Ne nous tenez pas pour responsables des actions du Hezbollah », avait-il déclaré, signalant que ces actions sont « le fruit d’une idéologie partisane sans aucun lien avec les principes chiites », comme l’a rappelé Dory Chamoun.
S’en prenant ensuite directement au Hezbollah, il a appelé à « ne pas se laisser leurrer à l’idée que le Hezbollah veut un État ou une armée, ni qu’il a le désir de former un nouveau gouvernement au Liban. L’État libanais est en réalité absent des calculs du Hezbollah, dont la raison d’être est celle que lui ont fixée les gardiens de la révolution islamique iranienne lors de sa création en 1982 : faire du régime libanais le prolongement du règne du wali al-faqih à Téhéran. Le Hezbollah ne se contentera pas d’un gouvernement qui ne lui assure pas les moyens de mener à terme son objectif, contesté par ailleurs par les Libanais, et par les chiites dans leur conviction intime ».
Réagissant enfin au récent discours du chef du Courant patriotique libre, le député Michel Aoun, qui avait accusé de trafic d’armes les Forces de sécurité intérieure et les forces politiques de neutraliser l’armée, Dory Chamoun a noté que « les accusations de (Michel) Aoun sont discrétionnaires ». Il a fait remarquer que « l’intérêt électoral de ce dernier lui impose de contourner des cas comme l’arrestation d’officiers de l’armée à la suite des incidents de Chyah ; l’attaque de l’hélicoptère du capitaine Samer Hanna et son assassinat volontaire à Sojod ; sans compter l’affaire de l’assassinat du général François el-Hage... Sachant que le général Aoun a été reçu en grande pompe par le président syrien Bachar el-Assad, sans qu’il n’ose toutefois interroger ce dernier sur le sort des militaires enlevés par les forces syriennes d’occupation, le 13 octobre 1990 ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Classe, Dory Châmäoun.
13 h 36, le 02 août 2013