Le chef des Kataëb recevant la députée Bahia Hariri, dans le cadre de sa tournée auprès des autorités politiques et religieuses. Photo ANI
Cette tournée a inclus hier une rencontre avec le chef des Kataëb, Amine Gemayel, en présence du député Samy Gemayel, du vice-président du parti Sejaan Azzi, du membre du bureau politique Joseph Nohra et du vice-président du conseil média Georges Yazbeck. L’entretien, marqué par un appel téléphonique du député Saad Hariri à l’ancien président de la République, a été « l’occasion d’examiner la situation politique et les entraves à la formation d’un nouveau gouvernement, ainsi que les initiatives envisagées pour sortir le pays de la situation actuelle », selon un communiqué du bureau d’Amine Gemayel. Les deux parties ont exprimé leur « solidarité avec le Premier ministre désigné Tammam Salam » et passé en revue la décision européenne de placer la branche militaire du Hezbollah sur sa liste noire, « une décision qui a encore compliqué le processus de formation du gouvernement ».
De son côté, la députée Hariri a précisé que sa visite visait à « remercier le président Gemayel pour sa solidarité avec Saïda pendant la crise qu’a traversée la ville, une position fortement appréciée par les habitants ». Elle a déclaré avoir débattu des « appréhensions actuelles qui étouffent l’identité nationale et des issues possibles à la crise actuelle ». Elle a appelé dans ce cadre à « un discours qui apaise les craintes, surtout celles des jeunes ». S’agissant du recul de la mise à la retraite du commandant en chef de l’armée, elle a rappelé que « nous nous entendons, avec le président Gemayel, sur l’importance d’éviter le vide ».
La députée Hariri s’est également rendue chez l’ancienne ministre et députée Nayla Moawad, avant de s’entretenir avec l’archevêque grec-melkite catholique de Beyrouth, de Jbeil et leurs dépendances, Mgr Kyrillos Bustros.
L’enjeu de la tournée
En plus du but déclaré de cette tournée, celui de convier les personnalités rencontrées au iftar que la députée organise samedi prochain au BIEL, en l’honneur de l’armée, l’autre enjeu est de clarifier la position du courant du Futur après « la campagne mensongère » qui l’a visé lors des incidents de Abra.
Selon des milieux du 14 Mars interrogés par l’agence d’information al-Markaziya, le courant du Futur a été placé dans la même catégorie que ceux qui soutiennent cheikh Ahmad el-Assir contre l’armée, malgré la lettre remise au président de la République et rédigée par les deux députés de Saïda, Bahia Hariri et Fouad Siniora, définissant clairement la position du Futur et réclamant une enquête transparente et juste sur les incidents de Abra. Cette lettre « n’a pas pour but d’attaquer l’institution militaire, surtout que pareille attaque désavouerait les positions historiques du Futur qui prouvent le respect que ce courant porte au rôle national de l’armée », précisent les sources du 14 Mars. Cette lettre viserait plutôt à « mettre la lumière sur certains dérapages et failles relevés lors des incidents de Abra, afin d’éviter leur réédition. Ces remarques émanent donc d’un souci pour l’armée, dans un contexte de larges appréhensions prévalant actuellement dans l’environnement de Saïda, et qu’il est impossible d’occulter ou de contourner ».
Ces mêmes milieux ajoutent que la députée de Saïda a veillé, lors de ses différentes rencontres, à exprimer sa reconnaissance pour « le soutien au Futur et à Saïda après les incidents de Abra ». La députée n’a pas manqué de réaffirmer dans ce cadre « la nécessité pour tous de rester attachés aux constantes nationales et de maintenir une relation sans faille avec l’État, et surtout ses appareils sécuritaires, militaires et judiciaires ». C’est par l’iftar du BIEL que la députée devrait clore sa tournée, où elle prévoit de prononcer un discours qualifié de « très important », puisqu’il réaffirmera « l’appui absolu à l’armée et à son commandement sage », afin de désavouer une fois pour toutes la campagne de falsification contre le courant du Futur.
Il est prévu aujourd’hui que la députée rencontre les membres du secrétariat général du 14 Mars en son siège à Achrafieh.


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