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Nos lecteurs ont la parole

La Nouvelle Naccache, une banlieue défigurée

Imaginez un petit bourg dans la banlieue de Beyrouth où il fait bon vivre et où il reste encore, grâce à la volonté de ses habitants, quelques petits îlots de verdure. La plupart d’entre nous ont choisi d’habiter la Nouvelle Naccache pour fuir le brouhaha de la ville et sa laideur due surtout à l’avidité des promoteurs immobiliers qui se sont employés à défigurer Beyrouth et à lui voler son âme.
Nous avons pendant longtemps été épargnés par les commerces et grandes surfaces, ce qui a préservé à la Nouvelle Naccache son aspect strictement résidentiel et de standing. La quiétude dans laquelle nous vivions nous a poussés à faire fi de tous les ennuis quotidiens, tels que l’aménagement des routes attenantes au village, le trafic dû à la déviation des voitures et camions voulant éviter les embouteillages sur l’autoroute de Bickfaya, l’absence de trottoirs et de parkings, l’évacuation des eaux de pluies qui transforment nos routes en fleuves en hiver et les problèmes d’égouts que les habitants ont pris l’habitude de régler eux-mêmes à cause de l’inertie de la municipalité.
Tout allait bien, jusqu’au jour où les autorités, par intérêt ou par inconscience, ont commencé à délivrer des permis autorisant l’ouverture de magasins, cliniques et grandes surfaces dans ce petit bourg de 2 kilomètres carrés.
Aujourd’hui, l’une des plus belles banlieues de Beyrouth perd son cachet en dépit de la révolte de ses habitants qui assistent impuissants à la transformation de leur village. Ils ne comprennent toujours pas comment ils ont pu en arriver là et veulent manifester leur refus de voir leur banlieue défigurée aux élus de la région qui, eux, font semblant de ne rien voir, rien entendre... D’autant plus que ces jours-ci, une pétition (que nous devrions tous signer) circule parmi les habitants de la région qui voudraient à tout prix empêcher l’ouverture d’une grande surface en plein centre de la Nouvelle Naccache, là où la route est la plus étroite, alors qu’une autre grande surface a ouvert ses portes il y a un mois à 500 mètres et deux autres magasins alimentaires se trouvent respectivement à 20 mètres et à 50 mètres. Questions : les élus locaux ne sont-ils justement pas élus pour nous entendre ? Deux kilomètres carrés, deux grandes surfaces et deux magasins d’alimentation : utilité communautaire ou avidité ?

Une habitante de la Nouvelle Naccache
Imaginez un petit bourg dans la banlieue de Beyrouth où il fait bon vivre et où il reste encore, grâce à la volonté de ses habitants, quelques petits îlots de verdure. La plupart d’entre nous ont choisi d’habiter la Nouvelle Naccache pour fuir le brouhaha de la ville et sa laideur due surtout à l’avidité des promoteurs immobiliers qui se sont employés à défigurer Beyrouth et à lui voler son âme.Nous avons pendant longtemps été épargnés par les commerces et grandes surfaces, ce qui a préservé à la Nouvelle Naccache son aspect strictement résidentiel et de standing. La quiétude dans laquelle nous vivions nous a poussés à faire fi de tous les ennuis quotidiens, tels que l’aménagement des routes attenantes au village, le trafic dû à la déviation des voitures et camions voulant éviter les embouteillages...
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