« Femme couchée à la mèche blonde », une des œuvres de Picasso exposées.
Dans cet ensemble, on peut voir «beaucoup d’œuvres inédites», «des petits formats», comme «des notes de voyage » de l’artiste qui «reproduit les motifs, les paysages qu’il voit de sa fenêtre ou encore sa femme Olga», explique M. Andral. Des œuvres estivales «très déconnectées de son travail à Paris», note le commissaire d’exposition. Avant la guerre, Picasso effectue pas moins de 15 séjours sur la Côte d’Azur, dont un à Monte-Carlo en 1925. Jusqu’en 1933, il réside surtout près de Juan-les-Pins, dans des maisons qu’il loue et qui l’inspirent, comme le prouvent les touchantes séries de petits formats dépeignant la villa à tour crénelée « La Vigie» (été 1924) ou encore la villa « Chêne-Roc », à l’escalier si caractéristique (été 1931).
Les années d’avant-guerre, après sa séparation d’avec Olga, il passe ses étés plus volontiers à Mougins avec Dora Maar, où il côtoie deux piliers du surréalisme, le poète Paul Éluard et l’écrivain André Breton, et à Antibes chez Man Ray. Grâce aux prêts de collectionneurs privés et d’institutions comme le Centre Pompidou ou le Guggenheim de New York, le public plonge ainsi dans l’intimité de Picasso, notamment au travers de très beaux clichés noir et blanc de Michel Sima et Edward Quinn, amis photographes qu’il côtoie à Antibes et Vallauris après-guerre.
Le second volet de l’exposition présente une centaine de tableaux issus de la collection Nahmad, réalisés par Pablo Picasso entre 1901 à 1972. C’est « quasiment une rétrospective, permettant au visiteur qui ne connaît pas bien son œuvre de la découvrir sous toutes ses facettes », souligne M. Andral. Dès les années 1960, les frères collectionneurs Ezra et David Nahmad – dont le fils Helly, également collectionneur, a récemment été mis en cause dans une affaire de paris sportifs clandestins présumés – ont commencé à rassembler d’innombrables œuvres, avec une prédilection pour les impressionnistes, Juan Miro et par-dessus tout Picasso. Ils possèdent aujourd’hui plus de 200 œuvres du peintre espagnol, pour la plupart bien à l’abri dans le port franc de Genève, selon M. Andral. C’est là, en Suisse, que les commissaires d’exposition ont «fait leur marché». «Une expérience épuisante tellement toutes ces œuvres sont puissantes ! », témoigne l’historienne de l’art Marylin McCully, spécialiste de Picasso et cocommissaire d’exposition.
Le résultat est magistral, construit autour des différentes variations thématiques travaillées par l’artiste: paysage, nature morte, buste d’homme, couple, atelier... «Nous avons là un développé d’œuvres majeures des années 1960 et 1970, ce qu’on a appelé “le dernier Picasso”: la période des mousquetaires, la série des Peintre et son modèle», des œuvres «vraiment très extraordinaires», explique M. Andral. À découvrir aussi toute une série de Femmes d’Alger, hommage à Delacroix, ou encore un ensemble exceptionnel de cinq Déjeuner sur l’herbe de 1960-1961, libremement inspiré du chef-d’œuvre de Manet.
«Monaco fête Picasso» au Grimaldi Forum de Monaco et « Picasso Côte d’Azur » au musée Picasso d’Antibes (Alpes-Maritimes), jusqu’au 15 septembre.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine