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Nos lecteurs ont la parole

Faits divers

Georges TYAN
Un forcené prend son épouse pour un punching-ball, la tabasse à mort et s’évanouit dans la nature. Pire encore, les parents de ce matamore menacent ce qui fut sa belle-famille de représailles si elle ose porter plainte. Pis encore, deux élus de la nation seraient intervenus pour laisser en liberté ce fou furieux.
Un jeune homme tombe amoureux d’une gracieuse donzelle de religion différente de la sienne. Ils s’épousent suivant les lois en vigueur, roucoulent et coulent, pensent-ils, des jours heureux, dans un paisible chalet du bord de mer.
La famille de la belle ne l’entend pas de cette oreille, elle attire les tourtereaux dans un traquenard et punit notre homme par là où il a péché, procédant d’une manière on ne peut plus barbare à l’ablation de son organe reproducteur, le brandissant tel un trophée de chasse, se photographiant avec. Abominable !
L’histoire ne dit pas ce qu’il est effectivement advenu de la jeune femme. On lui a fait dire par téléphone sur une chaîne de télévision, sans images, ce qu’il fallait dire. En attendant, ceux qui, de sang-froid, ont perpétré ce crime abject ne s’arrêteront probablement pas là. Sachant que l’intention première de ces parents hors normes était d’égorger son époux comme du vulgaire bétail, sur la place du village. Il faut la protéger.
Avec ces épisodes scabreux de notre vie quotidienne, les chantres de l’émancipation de la femme, de l’égalité des sexes dans nos régions mentalement attardées ont du pain sur la planche. Quant au mariage civil, je pense malheureusement que ce n’est pas demain la veille. Dommage !
Un autre fait divers où, par la grâce de Dieu cette fois-ci, il n’y a pas eu mort d’homme ou castration, vient s’ajouter à ces tristes affaires. À la prison de Roumieh, des travaux estimés à tout au plus cent mille dollars américains sont adjugés pour six millions. Ce n’est ni la première ni la dernière des grugeries commises aux dépens du contribuable. N’était-ce le cri d’effroi du ministre de tutelle de cet hôtel quatre étoiles devant l’ampleur de la gabegie, elle serait passée inaperçue, les deniers publics détournés allant dans les poches des n’ayant aucun droit économique sur ce
pactole.
Et après ? Tout cela n’est pas nouveau sous nos cieux. Pourquoi s’en offusquer outre mesure ? Faire un boucan du tonnerre qui, en fin de compte, n’aura aucun effet probant. Il ne donnera pas non plus le moindre frisson à ceux qui sont passés maîtres dans l’art de détourner les fonds publics à leur profit.
Les esprits s’enflammeront un ou deux jours encore, puis plus rien. Les criminels ne seront pas inquiétés pour autant. Une explication oiseuse sera trouvée pour le trou de cinq millions neuf cent mille dollars. La vie reprendra son cours, et ainsi de suite jusqu’au prochain meurtre ou scandale
En attendant, le Libanais continuera de se soigner avec des médicaments frelatés, d’ingurgiter des denrées périmées, de se pâmer devant la dernière acquisition rutilante de ce responsable qui, hier encore, avait peine à joindre les deux bouts.
Que voulez-vous, c’est ainsi que désormais cela se passe. Les responsables qui placent l’intérêt du pays, tout le pays, au-dessus du leur se comptent sur les doigts d’une seule main. Je mets ici même au défi tous ces illustres personnages d’affirmer, en actes et non en paroles, le contraire de ce que j’avance.
Des paroles, en veux-tu, en voilà. Pour les actes, c’est une autre paire de manches. La première est de ne plus faire la manche à l’étranger, boucher ses oreilles devant les conseils sournois et pernicieux de ces ambassadeurs itinérants qui n’ont qu’un but et un seul, préserver ad vitam aeternam la pérennité de l’État d’Israël, sa prééminence, quitte à faire des peuples de la région de la chair à canon.
L’ennui est que, sans exception aucune, les responsables, toutes mouvances confondues, connaissent cette théorie et la dénoncent à l’envi. Sauf qu’ils ne font rien pour lui faire un sort. Bien au contraire, dirait-on, ils se démènent comme de beaux diables pour justement l’implémenter.
Après moi le déluge, même en pleine canicule estivale. Leur comportement ne montre nullement qu’il s’agit de personnes raisonnables, pour ne pas dire responsables, ayant à cœur le bien de leur pays. Sinon, nous aurions déjà une nouvelle Assemblée nationale.
Nous aurions une armée nationale à l’abri des méandres de la politique politicienne. Personne, aussi haut placé qu’il soit, n’aurait eu le culot de mettre en doute son action salvatrice. Elle doit s’étendre à tout le Liban.
Nous aurions aussi une justice, indépendante, transparente, courageuse, soucieuse d’appliquer l’adage tant galvaudé : « La loi s’applique à tout le monde », à commencer par les juges eux-mêmes, qui semblent être les premiers à s’asseoir dessus.
Nous vivons en plein dans une période de déliquescence à grande échelle, à deux doigts de la jungle. Le grand dévore le petit. C’en est trop !
Il faut que la justice soit appliquée, vite et fort. Qu’on ne nous raconte surtout pas que le ministre – intrinsèquement honnête celui-là, nous dit-on –,
emporté par sa fougue, a vu un scandale là où il n’y avait qu’un petit larcin – et même si... La mère de famille tabassée à mort et le jeune homme sauvagement mutilé étaient à coup sûr fautifs d’un crime impardonnable.
Oui, celui d’être nés dans ce pays.

Georges TYAN
Un forcené prend son épouse pour un punching-ball, la tabasse à mort et s’évanouit dans la nature. Pire encore, les parents de ce matamore menacent ce qui fut sa belle-famille de représailles si elle ose porter plainte. Pis encore, deux élus de la nation seraient intervenus pour laisser en liberté ce fou furieux. Un jeune homme tombe amoureux d’une gracieuse donzelle de religion différente de la sienne. Ils s’épousent suivant les lois en vigueur, roucoulent et coulent, pensent-ils, des jours heureux, dans un paisible chalet du bord de mer.La famille de la belle ne l’entend pas de cette oreille, elle attire les tourtereaux dans un traquenard et punit notre homme par là où il a péché, procédant d’une manière on ne peut plus barbare à l’ablation de son organe reproducteur, le brandissant tel un trophée de...
commentaires (3)

LA GOUVERNANCE DES ZOMBIES !

SAKR LOUBNAN

17 h 30, le 31 juillet 2013

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Commentaires (3)

  • LA GOUVERNANCE DES ZOMBIES !

    SAKR LOUBNAN

    17 h 30, le 31 juillet 2013

  • Excellent M. Tyan d'avoir reagi de cette facon a toutes les horreurs quotidiennes que nous vivons tous les jours sans que nos politiciens ne bougent le petit doigt! Il faudrait que tout le peuple libanais se revolte!

    Michele Aoun

    16 h 45, le 30 juillet 2013

  • Sommes-nous un peuple maudit qui a un pied dans la tombe et une épée sur la gorge et d'avoir l'air d'y prendre du plaisir? Ou bien nous sommes génétiquement modifiés et c’est l’apathie, l’abrutisme, la paralysie totale et le manque de conscience qui nous guident ? On est en pleine jungle et non à ses portes, même le règne animal et le règne végétal (ca c’est pour les plantes mortes qui nous entourent) sont régis par des lois. Alors qu’au Liban… c’est le néant total, un état auquel je n’arrive pas mettre des mots…. C’est un grand Rien… c’est un trou avec rien autour… le vide…. Ce n’est même plus la douce loi du plus fort qui avait un coté rassurant, c’est la barbarie, la sauvagerie, la honte de chez honte, c’est à qui mieux mieux, c’est l’anarchie, la dépravation, l’horreur, c’est un petit enfer qu’on entretient consciencieusement… Certes c’est révoltant, mais la révolution est bien loin dernière nous… Je reprends votre phrase pour conclure : « À coup sûr fautifs d’un crime impardonnable : Oui, celui d’être nés dans ce pays. » Faut quand même pas oublier qu’on a le pays qu’on mérite…

    Nadine Naccache

    11 h 32, le 30 juillet 2013

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