L’ambassadrice de l’UE chez Ammar Moussaoui, responsable des relations extérieures du Hezbollah, jeudi dernier. Photo AFP
Si, en jetant l’anathème sur la « branche militaire » du Hezbollah, la diplomatie européenne cherchait, paradoxalement, à faire la promotion de sa « branche politique », on peut considérer que l’objectif est quasiment atteint.
À aucun moment, en effet, depuis la désignation de Tammam Salam à la présidence du Conseil, il y a plus de trois mois, la position du Hezbollah au sujet du prochain gouvernement n’avait pris une tournure aussi radicale que ces jours derniers. Tout se passe comme si la décision européenne avait subitement donné des ailes au parti chiite afin de chercher à imposer son point de vue sur la composition du cabinet.
« Sans nous, le gouvernement ne verra pas le jour », a simplement dit samedi soir le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad. Le message est on ne peut plus limpide. Il contraste, par son aspect sec, avec les élucubrations ânonnées quotidiennement ces derniers mois par le Hezb et ses alliés sur les bienfaits des gouvernements de nature politique et reflétant dans leur composition l’importance des blocs parlementaires.
Il est vrai qu’avant même que les ministres des Affaires étrangères des 28 ne se réunissent pour adopter la résolution incluant la « branche militaire » du parti chiite sur leur liste des organisations terroristes, le président français avait déjà fait savoir, il y a une dizaine de jours, à son homologue libanais qu’il se prononçait en faveur de la formation au Liban d’un gouvernement de « rassemblement ».
(Repère : Liste de l'UE des organisations terroristes : mode d'emploi)
Certes, dans son communiqué, l’Élysée éludait ce passage dans le texte du message adressé par François Hollande à Michel Sleiman, probablement pour ne pas donner l’impression de vouloir entrer à ce point dans le détail de la composition du gouvernement libanais. Mais, en revanche, les services de Baabda en ont fait état.
Que cette position, intervenant en pleine bataille politique au Liban entre partisans d’un gouvernement dit d’ « union nationale » et ceux du cabinet « neutre », ait, déjà, apporté de l’eau au moulin des premiers n’a rien de surprenant. L’ostentatoire sourire promené par Angelina Eichhorst, chef de la Délégation de l’UE à Beyrouth, chez les responsables « politiques » du Hezbollah après la décision européenne a fait le reste.
Le plus ironique dans l’affaire, c’est que c’est dans les rangs mêmes du Hezbollah que l’on s’est gaussé le plus ouvertement des efforts de Mme Eichhorst de minimiser l’ampleur de la sanction européenne. Ses tentatives « ne riment à rien », est allé jusqu’à dire Nawaf Moussaoui, l’un des députés les plus diserts du Hezb, qui accusait par avance l’UE d’être « partenaire » d’Israël dans toute agression qu’effectuerait ce dernier contre le Liban.
Voilà donc de quoi rendre la tâche du Premier ministre désigné encore plus impossible qu’elle ne l’était jusqu’ici, à moins qu’on ne considère comme normal, à l’heure actuelle, que M. Salam finisse par céder aux injonctions du Hezbollah et de ses alliés.
Dans l’intervalle, lesdits alliés ont tout loisir de chercher à se distinguer quelque peu du modèle. Ainsi, le chef du CPL, le général Michel Aoun, continue à mener vaille que vaille ses combats en marge des grands clivages du pays, promettant de dégainer contre tous ceux qui avaliseront la prorogation de facto du mandat du commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi... C’est-à-dire contre tout le reste de la classe politique, y compris les autres composantes de son propre bloc parlementaire.
Cette prorogation, qui se fera sur la base d’une décision administrative fondée sur la loi de défense, et sous la forme d’un report du départ en retraite de l’intéressé, sera en principe acquise avant le 1er août, jour de la fête de l’Armée. Mais contrairement à ce qui avait été annoncé précédemment, cette question ne devrait pas faire partie des sujets qui seront à l’ordre du jour de la réunion du Conseil supérieur de défense, prévue aujourd’hui au palais de Baabda.
Il s’agira notamment lors de cette réunion de parer aux retombées de la décision de l’UE et, surtout, de faire face au casse-tête de l’afflux des réfugiés syriens au Liban.
Une autre « mission impossible ».
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Il y a chez les champignons... le bolet comestible ...et le bolet vénéneux ...qui d'ailleurs, se ressemblent comme deux gouttes d'eau de rosée... et malgré les avertissements des mycologues ,il y a plusieurs dizaines de morts chaque année en Europe à cause de ces champignons...je me demande pourquoi l'UE se lance dans la chasse aux champignons au Liban....!?
08 h 03, le 29 juillet 2013