Relevant que le timing de la décision européenne est « politique », le député Michel Pharaon a estimé que « les répercussions de cette décision sur le Hezbollah ne font pas de doute ». D’ores et déjà, « le Hezbollah a perdu sa légitimité islamique, arabe et européenne. Il ne lui reste que la légitimité libanaise, dont le maintien devrait lui être primordial ».
Dans ce cadre, le député du bloc du Futur Ahmad Fatfat a estimé que « le Hezbollah n’est plus une résistance, mais s’est transformé et doit par ailleurs assumer ses responsabilités après la décision européenne ». Dans une interview au quotidien al-Liwa’ devant paraître aujourd’hui, il a précisé en outre que son camp « n’accordera pas sa confiance à un gouvernement dont la déclaration ministérielle comporterait le triptyque armée-peuple-résistance ». Ahmad Fatfat a réitéré l’appui à « tout gouvernement de non-
partisans nommé par le Premier ministre désigné en coopération avec le président de la République ».
« Le dialogue pour le dialogue, sinon l’explosion ? »
Renchérissant sur cette position, le député du même bloc Ammar Houry a écarté « la représentation directe des forces politiques au sein du prochain cabinet », tout en faisant remarquer qu’il « est dans l’intérêt du Hezbollah de ne pas participer au cabinet, si toutefois il se soucie de l’intérêt du pays ». De son côté, le secrétaire général du courant du Futur, Ahmad Hariri, a insisté sur l’ouverture de son camp au dialogue, « sans condition ». Il s’est néanmoins demandé : « Quel dialogue pourrait bien aboutir tant que le Hezbollah contrôle le destin des Libanais, qui sont otages de son projet étranger? » S’exprimant lors d’un iftar en l’honneur des pharmaciens membres du courant du Futur, Ahmad Hariri a rejeté l’alternative du « dialogue pour le dialogue ou l’explosion ».
Dans le prolongement de cette idée, le député Nohad Machnouk a rappelé que « nous répondrons à l’appel au dialogue du président de la République si ce dernier trouve justifié cet appel ». « Toutefois, les horizons de la stratégie défensive se sont visiblement élargis pour inclure la Syrie (en référence à la participation du Hezbollah aux combats en Syrie, NDLR). Il ne s’agit donc plus d’une stratégie visant à défendre le Liban, mais le régime syrien », a-t-il relevé. Non seulement « l’usage par le Hezbollah de ses armes à l’intérieur est contesté, mais ce parti combat aujourd’hui en Syrie sans l’accord de ses partenaires au sein du gouvernement », a-t-il ajouté, pour conclure que « le partenariat national avec le Hezbollah est aujourd’hui stérile et menacé, et nécessite donc un réexamen par toutes les parties ». C’est sous cet angle que devrait être interprétée la décision européenne, « qui fait du Liban dans son ensemble un suspect et dont le parrain n’est autre que le Hezbollah ».
Plus extrême, le député Khaled Daher a endossé entièrement la décision européenne, déclarant que « nous faisons face à un parti terroriste qui s’évertue à détruire les assises de l’État ». « Le Hezbollah a paralysé l’État et refuse de former un gouvernement, au profit de son mini-État », a-t-il précisé.
Enfin pour le mufti du Mont-Liban, cheikh Mohammad Ali Jouzou, « non seulement le Hezbollah est terroriste, mais il constitue aussi un facteur dangereux de division entre musulmans ». « Le terrorisme du Hezbollah a provoqué la chute du Liban », a-t-il conclu.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
C'est faux le Hezbollah est une vraie résistance ...qui lutte contre la paix pour le compte des autres ....
09 h 15, le 29 juillet 2013