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Mon rêve... conquérir le ciel !

Il a 24 ans. Et il a accommodé sa vie à toutes les sauces. Bénévole au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et à la Croix-Rouge, étudiant en audiovisuel à la LGU, il fonde le premier club universitaire de parapente. Élie Moussa est un jeune homme qui veut faire du ciel sa seconde demeure, à tout prix.

Élie Moussa, dans un emplacement venteux propice au parapente

Élie Moussa, on pourrait le classer dans la catégorie des bourreaux de travail. Étudiant assidu en arts audiovisuels, il passe ses avant-midis à l’Université libano-allemande (LGU) où il étudie avant d’aller tourner ses reportages et mener ses enquêtes – dont les rapports sont transférés au PNUD – dans les camps palestiniens qui ne sont pas sous la protection de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (Unrwa). Vous pourriez le croiser en tenue de secouriste à la Croix-Rouge ou en jeans et T-shirt décontractés dans un bar à Hamra où il travaille comme serveur.
Il en fait trop ? Cela va sans dire. « Je suis surmené et souvent éreinté. Mais j’essaie de toujours huiler les rouages de ma vie en multipliant mes activités », confie le jeune homme. Mais son violon d’Ingres, son rêve juvénile, a toujours été de planer, de transcender la platitude suffocante de la vie. « Enfant, j’étais sous le choc après le divorce de mes parents. Esseulé, j’allais regarder avec envie les parapentes qui voltigeaient dans le ciel avant de se précipiter, comme à la rencontre d’un amoureux, vers le sol qui les attendait, ferme et avenant. Et je me suis toujours dit : un jour viendra où le vent de la liberté fouettera indulgemment mon visage », ajoute-t-il. Mais le rêve d’Élie est loin de se réaliser immédiatement. Le prix des voiles de parapente peut atteindre des valeurs inaccessibles et l’adolescent, alors âgé de 12 ans, portait déjà la responsabilité du foyer où vivent sa mère et ses grands-parents. Voie du rêve obstruée. Coup d’éponge passé sur les ambitions.
« Mais la roue de la fortune a tourné dans le bon sens. Un jour, j’ai vu pour la première fois un parachutiste dont la voile portait en lettres saillantes l’inscription : Jbeil Supermarket. Pourquoi alors ne pas chercher un commanditaire ? » se dit Élie. Avec son meilleur ami, il apprend la technique du gonflage des voiles et commence à mener sa « campagne de sponsorship ». Mais le soutien tarde à venir. « Je vis pour le parapente. Pour l’adrénaline. Pour la liberté ! Si je me décourage facilement, je trahis ce que j’ai de plus important dans ma vie », explique-t-il.

Mener le projet à bon port
Élie, plus déterminé que jamais, va chercher fortune au bureau des affaires estudiantines de la LGU. « Janine Rizk, la responsable du bureau, s’est montrée indulgente face à mes sarcasmes, en écoutant mon exposé Je me rappelle avoir dit insolemment : Vous dépensez des sommes inouïes pour les tracts, brochures et publicités. Pourquoi ne pas m’aider à atteindre mon rêve d’enfance et faire une publicité hors pair pour notre université ? » raconte Élie. Janine Rizk expose l’idée à la directrice de la LGU, Marianne Adaïmi, grâce à laquelle Élie obtient une suite favorable à sa requête. Un jour à marquer d’une pierre blanche !
Le projet d’Élie est doublement financé par le club des Lions de la LGU ainsi que par l’université elle-même. « Enfin, j’aspire à pleins poumons l’air de la réussite. Je pourrai enseigner gratuitement à des jeunes comme moi cette activité qui nous libère du stress de la vie quotidienne », conclut Élie.
Le Liban, classé parmi les dix meilleures destinations propices au parapente, a vu émerger le premier initiateur d’un club pas comme les autres : le club de parapente de la LGU, ou l’aboutissement heureux d’un rêve caressé depuis la prime enfance d’Élie.

Maya KHADRA
Élie Moussa, on pourrait le classer dans la catégorie des bourreaux de travail. Étudiant assidu en arts audiovisuels, il passe ses avant-midis à l’Université libano-allemande (LGU) où il étudie avant d’aller tourner ses reportages et mener ses enquêtes – dont les rapports sont transférés au PNUD – dans les camps palestiniens qui ne sont pas sous la protection de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (Unrwa). Vous pourriez le croiser en tenue de secouriste à la Croix-Rouge ou en jeans et T-shirt décontractés dans un bar à Hamra où il travaille comme serveur.Il en fait trop ? Cela va sans dire. « Je suis surmené et souvent éreinté. Mais j’essaie de toujours huiler les rouages de ma vie en multipliant mes activités », confie le jeune homme....
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