Le ministre des AE s’entretenant avec Mme Eichhorst...
« Le soutien de l’UE au Liban ne cessera pas après la décision contre le Hezbollah, les liens avec le Liban resteront forts. Le Liban est un partenaire important », a déclaré Mme Eichhorst à l’issue d’un entretien avec le ministre des Affaires étrangères, Adnane Mansour. Reconnaissant que M. Mansour est « inquiet des retombées de la décision européenne » sur la stabilité du Liban, la diplomate a rappelé que l’UE faisait la différence entre les branches politique et militaire du Hezbollah et fait valoir que l’Europe allait continuer à coopérer « avec toutes les formations politiques libanaises ».
« L’UE accorde une grande importance à la poursuite du dialogue avec toutes les parties politiques au Liban, y compris le Hezbollah », a-t-elle assuré, ajoutant qu’il n’était pas question d’une cessation de l’aide financière au Liban et précisant que la décision concernant le Hezbollah est censée être révisée tous les six mois.
Interrogée au sujet d’une éventuelle participation du Hezbollah au prochain gouvernement, Mme Eichhorst a réaffirmé le « soutien fort » de l’UE aux efforts déployés par le Premier ministre désigné, Tammam Salam, en vue de former un gouvernement qui « reflète les aspirations du peuple libanais, qu’il s’agisse d’un cabinet d’union nationale ou tout autre formule ».
« En tant qu’Union européenne, nous soutenons toute formule de gouvernement sur laquelle vous vous mettrez d’accord entre vous », a-t-elle ajouté.
Indiquant que les détails de la décision européenne seront publiés demain, jeudi, la diplomate a souligné que cette décision « ne concerne pas des individus », mais la branche militaire du Hezbollah en tant que telle. À la question de savoir de quelle catégorie relèverait le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, elle a répété : « Nous ne parlons pas des individus », mais sans donner plus de précision.
La position iranienne
Puissance de référence pour le Hezbollah, l’Iran a naturellement condamné la décision de l’UE, estimant qu’elle répondait aux « intérêts sionistes ».
L’Iran « stigmatise vivement la décision de l’UE et estime qu’elle s’inscrit dans le cadre des intérêts illégitimes du régime sioniste », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi, cité par les médias.
« Du fait d’un manque de jugement correct sur la crise dans la région, l’UE a pris une décision erronée contre le peuple libanais et le Hezbollah, qui a défendu le pays contre les agressions sionistes », a ajouté le ministre.
À Beyrouth, l’ambassadeur iranien Ghadanfar Roknabadi a abondé dans le même sens, à l’issue d’un entretien avec le ministre Mansour après celui avec Mme Eichhorst.
« Je n’ai aucun doute que c’est un projet américano-sioniste et que des pressions ont été exercées sur l’Europe en ce sens », a déclaré M. Roknabadi, pour lequel la décision européenne « n’aura pas le moindre effet sur la politique du Hezbollah ».


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