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À La Une - Liban

Pour le 14 Mars, l’ouverture de Berry envers Hariri est une manœuvre

L’invitation adressée dimanche via la presse par le président de l’Assemblée à Saad Hariri, l’invitant à rentrer au Liban en faisant miroiter la possibilité qu’il puisse présenter sa candidature à la tête du gouvernement, n’a vraisemblablement pas réussi à amadouer les forces du 14 Mars qui y ont vu une manœuvre plutôt qu’une volonté réelle de débloquer la situation aussi bien sur le plan du dialogue qu’au niveau de la formation du gouvernement. Survenue au lendemain d’une rencontre infructueuse, qualifiée même de « négative », entre le député Ali Hassan Khalil et le Premier ministre désigné Tammam Salam, l’appel de Nabih Berry s’est heurté à une fin de non-recevoir dans les milieux du courant du Futur, dont certains membres ont assuré que la candidature de M. Hariri n’est absolument pas envisageable pour le moment.


« L’éventualité du retour, à un moment ou un autre, de Saad Hariri au Liban existe sauf qu’il n’a pas besoin d’une invitation pour cela, encore moins pour présenter sa candidature (au poste de Premier ministre) », a déclaré hier le député Ammar Houry qui a clairement laissé entendre que le chef du courant du Futur n’a présenté sa candidature à aucun poste public, avant de rappeler que le soutien a été accordé par son courant à la candidature de Tammam Salam, « par conviction ».
Le député a évoqué indirectement la dernière rencontre qui a réuni le représentant du président de la Chambre avec le Premier ministre désigné, soulignant que M. Berry « essaye de remuer l’eau trouble en arguant que M. Salam soutient des revendications qui ne sont pas convaincantes à ses yeux ».


Commentant la réunion de Saad Hariri avec les députés Ahmad Fatfat et Nouhad Machnouk, à Djeddah, M. Houry a souligné qu’il s’agit d’une simple rencontre périodique qui a lieu de temps à autre « sauf que cette fois-ci, elle a fait l’objet de fuites dans la presse ».


Pour sa part, le député des FL, Antoine Zahra, a réitéré la position immuable des forces du 14 Mars concernant le type de gouvernement qu’elles souhaitent voir formé, martelant leur « refus » de la participation du Hezbollah. Le député a rappelé que le parti chiite, qui a pris part à la guerre en Syrie, « ne peut poursuivre de manière indépendante une politique étrangère qui a embarrassé le Liban et prendre place en Conseil des ministres aux côtés des autres parties comme si celles-ci avalisaient sa politique ».
Adressant un appel au Premier ministre désigné, le député a souhaité qu’il puisse coopérer avec le chef de l’État en vue d’un gouvernement qui ne soit pas provocateur pour le 8 Mars mais qui, en même temps, ne puisse pas importer la guerre syrienne en son sein. M. Zahra a assuré qu’il est tout à fait possible d’avoir au gouvernement des hommes politiques qui ne soient pas « partisans ». « C’est d’ailleurs ce vers quoi tend depuis un certain temps le Premier ministre désigné », a-t-il dit.


Les positions restent également inchangées du côté du Hezbollah qui continue d’insister sur une participation incontournable au gouvernement, accusant les forces du 14 Mars de continuer à œuvrer à sa marginalisation.
« Nous voulons participer au gouvernement pour protéger nos arrières. Personne ne peut définir notre rôle », a déclaré le responsable de la Békaa au sein du parti chiite, Mohammad Yaghi, appelant à la formation d’un gouvernement national.
Même son de cloche chez le ministre démissionnaire de l’Agriculture, Hussein Hajj Hassan, qui a préconisé la nécessité d’un gouvernement qui regroupe tous les protagonistes selon leur poids respectif au Parlement. Le responsable a relayé l’appel au dialogue lancé il y a quelques jours par le secrétaire général du Hezbollah, invitant les parties en présence à des discussions « calmes et rationnelles, loin des ingérences occidentales et arabes », pour sortir le pays du « cercle vicieux de la discorde ».


Du côté du mouvement Amal, le mot d’ordre est à la promotion des « compromis » faits par Nabih Berry « comme il l’a toujours fait », en vue de faciliter la formation du gouvernement, relève le membre du bureau politique, Abbas Abbas.
Le député de ce même mouvement, Ali Khreiss, qui a également insisté sur les « multiples solutions apportées » dans cette direction par le chef du législatif, s’est interrogé sur la partie « qui fait obstacle à la formation du gouvernement et s’il est aujourd’hui demandé d’écarter le Premier ministre désigné pour en nommer un autre, en recommençant les consultations à zéro ».


Le chef du Parti démocrate libanais, Talal Arslane, a enfin résumé sa position par deux refus : « Ni un gouvernement de fait accompli ni un gouvernement sans le Hezbollah. »

 

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