M. Hanna Gharib (à gauche) et ses compagnons faisant la promotion, hier, de la pétition pour faire avaliser l’échelle des salaires. Photo Ibrahim Tawil
Le président du comité de coordination syndicale (CCS), Hanna Gharib, a tenu hier une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé que son mouvement syndical se propose de lancer une pétition et de récolter un million de signatures pour obtenir l’approbation de l’échelle des salaires des fonctionnaires du secteur public et des enseignants des écoles privées et officielles. M. Gharib a souligné une nouvelle fois sur ce plan que le projet de la nouvelle échelle des salaires tel que transmis au Parlement par le gouvernement sortant a été pratiquement vidé de son essence et prive les fonctionnaires et les enseignants d’une partie des acquis sociaux et salariaux qui devraient découler de la nouvelle grille qui avait été convenue au départ avec le gouvernement à la suite d’un vaste mouvement de grèves et de manifestations.
Le leader syndical a lancé un appel sur ce plan aux Libanais les invitant à unifier leurs rangs, à faire preuve de solidarité avec les fonctionnaires et les enseignants en signant la pétition de manière à obtenir un million de signatures. « Par le biais de cette pétition, a notamment déclaré M. Gharib, j’invite les Libanais à s’unir loin des clivages confessionnels et sectaires afin de défendre leur sécurité au plan social et pour préserver ce qui reste de l’État de la protection sociale. Notre campagne, a-t-il ajouté, a pour objectif de rassembler un million de signatures de Libanais et de Libanaises dans le but de faire approuver l’échelle des salaires conformément au mémorandum que le comité de coordination syndicale a adressé aux responsables et sur base des accords que le gouvernement a violés en adoptant des décisions inéquitables ».
M. Gharib a précisé que ces « décisions inéquitables » avalisées par le cabinet Mikati « ont vidé la nouvelle échelle des salaires de son contenu ». Le leader syndical a déploré sur ce plan ce qu’il a qualifié de « discrimination » dont le gouvernement a fait preuve dans son approche de l’échelle des salaires de certaines catégories concernées par la nouvelle grille. M. Gharib a ainsi relevé à cet égard que le gouvernement a accordé aux magistrats et aux professeurs de l’Université libanaise la nouvelle échelle sans échelonnement, sachant que les magistrats ont bénéficié de cette grille il y a deux ans et les professeurs de l’Université libanaise il y a un an. « Par contre, a souligné Hanna Gharib, le gouvernement a accordé aux enseignants, aux fonctionnaires et aux militaires une échelle des salaires échelonnée sur quatre ans, jusqu’en 2016, et parallèlement, les contractuels et les journaliers ont été privés de l’augmentation prévue par la nouvelle grille. »
Et le leader syndical de souligner en outre que le projet transmis par le gouvernement à la Chambre a réparti les six échelons des enseignants sur 6 ans, jusqu’en 2016, et a privé totalement les contractuels de ces échelons. De plus, a-t-il également précisé, ceux qui seront admis à faire valoir leurs droits à la retraite ne pourront pas bénéficier de ces échelons.
M. Gharib a par ailleurs dénoncé le fait que la nouvelle échelle des salaires, telle que préconisée par le cabinet Mikati, ne couvre pas l’inflation des 17 dernières années ni l’inflation prévue au cours de la période de l’échelonnement. « L’échelonnement de l’augmentation sur quatre ans et la division des 6 échelons sur six ans ont fait perdre à cette augmentation tout son intérêt du fait que l’augmentation projetée couvre à peine la rectification des salaires rendue nécessaire par l’inflation projetée au cours des quatre prochaines années. »
M. Gharib a d’autre part rejeté les charges fiscales supplémentaires prévues par les décisions du gouvernement, relevant à ce sujet que ces charges fiscales toucheront principalement les personnes à revenus limités « de sorte que l’on aura repris d’une main ce que l’on a donné de l’autre ».
En conclusion, le leader syndical a déploré le fait que le gouvernement ait « cédé aux pressions de ceux que l’on appelle les organismes économiques, pour ce qui a trait au refus de l’augmentation de 2 pour cent de l’impôt sur les taux d’intérêt ».


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