« Sommes-nous donc incapables, en tant que libanais, de faire quelques concessions afin de former un gouvernement d’intérêt national prenant en charge la gestion des problèmes élémentaires et quotidiens des gens loin des surenchères, de la théorie de l’exclusion et de celle du tiers de blocage ? » s’interroge M. Joumblatt dans son intervention hebdomadaire à l’organe du PSP, al-Anba’.
« L’expérience a prouvé que l’exclusion de n’importe quelle partie à l’intérieur est contre-productive et non réaliste. Il en est de même de la théorie du tiers de blocage, introduite à l’époque du débat passionnel autour du tribunal international et qui n’a plus aucun sens », estime-t-il.
« Il faut en finir avec la politique consistant à prendre en compte le poids de chacune des parties car ces poids-là ne doivent pas primer sur celui du citoyen. Or c’est ce dernier qui subit les problèmes économiques et sociaux, confronté qu’il est au chômage, à la récession et à l’absence de réformes dans l’administration et les services publics », ajoute-t-il.
Évoquant la commémoration de la guerre de juillet 2006, le chef du PSP s’en est pris avec virulence au Hezbollah. « C’est avec une grande tristesse que l’on voit comment le crédit de la lutte exceptionnelle de la résistance et des habitants du Liban-Sud a été dilapidé à Qousseir, dans les ruelles de Homs et ailleurs, en obéissance à un ordre d’opérations régional qui a modifié l’orientation du fusil de la résistance », écrit M. Joumblatt.
Au sujet de la crise syrienne, il s’inquiète de l’absence d’un accord international et régional sur la tenue de la conférence de Genève, « dont le principe avait pourtant été convenu il y a des mois ». Mais, selon lui, cette conférence elle-même « n’a pas de chances de succès sans un accord dont l’élément principal serait la mise en place d’un gouvernement de transition qui déboucherait sur la sortie de Bachar el-Assad, la sanction des responsables des massacres au sein de son régime et la sauvegarde des institutions, à commencer par l’armée ».
Évoquant le risque de débordement des violences sur les pays voisins de la Syrie, il relève par ailleurs qu’à « côté de la sauvagerie pratiquée par le régime syrien contre son peuple depuis le début de la révolution, il y a à présent une guerre nouvelle et incompréhensible entre les factions de l’opposition sous prétexte d’extrémisme et de modération. C’est comme s’il fallait que les talibans se joignent aux combats pour que les problèmes augmentent et pour que vivent les théories selon lesquelles le régime lutte contre le terrorisme international sur son sol », souligne-t-il.
Et de poursuivre : « À l’heure où le régime poursuit ses politiques suspectes dans plusieurs régions syriennes, des politiques susceptibles de menacer l’unité de la Syrie et son avenir, il semble qu’on se prépare à la tenue d’un référendum sur l’avenir de la région kurde, ce qui pourrait mener à la séparation de cette région. »
« De même, affirme M. Joumblatt, le régime poursuit ses efforts visant à créer une nouvelle réalité à Homs en forçant à l’exode des milliers de ses habitants originels et en les remplaçant par des groupes importés dans le cadre de la politique visant à relier Damas au littoral syrien par Homs. »
« Il y a aussi des informations selon lesquelles le régime cherche à naturaliser des dizaines de milliers d’étrangers dans le Jabal el-Arab (le Jabal druze), sans parler de la politique d’armement des chabbiha locaux et étrangers dans cette région », accuse-t-il.


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09 h 54, le 16 juillet 2013