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À La Une - Espionnage

Si Snowden parle encore, ce sera le "pire cauchemar" des Etats-Unis

La Russie attend la demande d'asile de l'ancien informaticien de la NSA.

L'analyste américain Edward Snowden. Photo AFP

Edward Snowden est en possession d'informations qui, si elles venaient à être divulguées, seraient "le pire cauchemar" pour les Etats-Unis, a déclaré dans une interview un journaliste au fait du dossier.

 

Glenn Greenwald, le journaliste du Guardian qui a été le premier à publier des documents communiqués par l'ancien analyste de la NSA, a indiqué dans l'interview, publié samedi par le journal argentin La Nacion, que le gouvernement américain doit faire preuve de prudence à l'égard de Snowden.

 

"Snowden a suffisamment d'informations pour causer en une minute plus de dommages qu'aucune autre personne n'a jamais pu le faire dans l'histoire des Etats-Unis", a expliqué Glenn Greenwald. "L'administration américaine doit prier chaque jour que rien n'arrive à Snowden, car s'il lui arrive quelque chose, toutes les informations seront rendues publiques, et alors, cela sera son pire cauchemar", a-t-il ajouté.

 

Edward Snowden est recherché pour espionnage par Washington pour avoir révélé des détails sur le programme de surveillance "Prism". Le jeune fugitif américain bloqué à l'aéroport Moscou-Cheremetievo, où il est arrivé le 23 juin en provenance de Hong Kong, a convié vendredi 13 personnalités russes - défenseurs des droits de l'homme, avocats et hommes politiques proche du pouvoir -, pour leur demander de l'aider à obtenir l'asile politique.


Après cette rencontre inédite, le président Barack Obama, qui doit se rendre en Russie en septembre, a appelé son homologue russe Vladimir Poutine "pour discuter, entre autres, de la situation autour de Snowden", a indiqué samedi le Kremlin.


Mais malgré cette annonce de M. Snowden, les autorités russes ont souligné samedi n'avoir pour l'instant reçu aucune demande officielle d'asile. "Pour l'instant, nous ne savons rien" d'une telle demande, a déclaré Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, à l'agence de presse Interfax. Peu avant, le chef du service des Migrations Konstantin Romodanovski avait également affirmé ne disposer d'"aucune demande faite par M. Snowden".
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a de son côté assuré samedi que les autorités russes n'étaient "pas en contact avec Snowden" tout en soulignant que pour entamer la procédure, ce dernier devait s'adresser au service des Migrations.

 

"Snowden ne sait pas ce qu'il veut"
Vendredi, la Maison Blanche a invité la Russie à ne pas "fournir une tribune de propagande" à Edward Snowden, en l'autorisant à rester sur son territoire. Mais le président de la Douma (chambre basse du Parlement), Sergueï Narychkine, a déclaré que Moscou devait accueillir ce "défenseur des droits de l'homme agissant pour des millions de gens dans le monde entier".


Le célèbre avocat Anatoli Koutcherena, membre de la Chambre civile, un organe consultatif proche du Kremlin, a pour sa part promis son aide juridique à cet informaticien américain âgé de 30 ans qui a demandé vendredi l'asile en Russie pour pouvoir ensuite se rendre "en toute légalité" en Amérique latine où le Venezuela, la Bolivie et le Nicaragua se sont dits prêts à l'accueillir.
"Je vais l'aider à s'orienter dans les nuances de la législation russe", a déclaré Me Koutcherena sur la chaîne de télévision publique Vesti 24. "Je lui fais absolument confiance (...). Il faut soutenir un tel homme", a-t-il poursuivi.
Selon lui, la procédure en vue de l'obtention de l'asile pourrait durer "entre deux et trois semaines".
"Il faut soumettre une demande au service des Migrations, ensuite elle est examinée par une commission auprès du président chargée des questions de citoyenneté. Si la commission rend une décision positive, le chef de l'Etat signe un décret en ce sens", a expliqué l'avocat.


Le jeune Américain avait demandé au début de la semaine dernière l'asile politique à une vingtaine de pays, dont la Russie. Mais il était revenu sur sa demande auprès de Moscou après que M. Poutine eut posé comme condition que cet ancien consultant de la CIA cesse ses révélations sur le programme de surveillance électronique américain.


Plusieurs participants à la rencontre ont déclaré qu'il était désormais prêt à accepter cette condition.
"J'ai l'impression que M. Snowden ne sait pas ce qu'il veut (...). Toute cette histoire me rappelle un feuilleton mexicain", a commenté Mikhaïl Fedotov, président du Conseil consultatif pour les droits de l'homme auprès du président russe.
Pour Sergueï Parkhomenko, chroniqueur sur la radio Echo de Moscou, les derniers événements dans la saga Snowden signifient qu'"il est entré dans le jeu des services de sécurité russes". "Aucune personne dans aucune circonstance n'aurait pu organiser une rencontre" comme celle qui a eu lieu à Cheremetievo vendredi, a-t-il estimé. "Seuls les services de sécurité sont en mesure de le faire".

 

 

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