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Te3li2a, ou être rompu à la satire sociale

Te3li2a en arabe dialectal. Cintre en français. Dans les deux cas, il s’agit d’accrocher, de s’accrocher, de coller à une réalité aussi bouleversante que comique, comme on tient à un vieil habit. Rencontre avec les membres de Te3li2a, groupe dont la page Facebook a pu obtenir 13 300 fans en moins d’une année.

Ils sont dix. Toujours à l’affût du moindre déraillement social, Sabine, Sahar, Andrew, Jessica, Sanaa, André, Nassib, Patrick, Perla et, enfin, Élie Khoury, l’initiateur de Te3li2a, se sont engagés pour déplorer avec beaucoup d’humour et de finesse quelques défauts qui dénaturent notre beau Liban. « Et comme elles sont nombreuses, ces cicatrices ! »
s’indigne Élie Khoury, jeune réalisateur.
Le fil conducteur qui lie entre eux ces dix jeunes Libanais appartenant chacun à une filière différente – journalisme, physiothérapie, arts audiovisuels, arts graphiques, finance, arts dramatiques, médecine, études secondaires à l’école (pour Sahar) – est l’indignation face aux différentes exactions qualifiées d’abus ridicules par Sabine el-Khoury, 3e année de journalisme à l’USEK et actrice en herbe. L’objectif de cette troupe ambulante XXIe siècle, un peu à l’instar d’une Commedia dell’arte, est donc « d’envoyer un message à la jeunesse ; celui d’avoir l’esprit critique et de ne pas se laisser emporter par la vague des idées toutes faites et des idéologies étriquées », affirme Andrew Matar, physiothérapeute.
Envie de reconnaissance. Souci d’être consensuel.
« Après plusieurs passages sur les chaînes de télévision locales et des entretiens à la radio, nous nous sommes cramponnés à l’espoir d’avoir un peu de mérite aux yeux du grand public en dépit des difficultés qui nous handicapent. Nous sommes un groupe solidaire qui s’autofinance et qui a besoin d’un peu de reconnaissance. Or nous nous retrouvons toujours le bec dans l’eau. Personne ne nous sponsorise, aucun magazine ne veut publier nos caricatures réalisées à la manière des romans-photos. Je crains que notre popularité, acquise à coups de “like” sur Facebook ne soit illusoire », s’inquiète Élie Khoury. Sabine : « Nous tenons à rester impartiaux. Face à l’exacerbation des tensions confessionnelles, aux questions qui marquent l’actualité, nous tentons d’être à égale distance de tout le monde. Après tout, la jeunesse libanaise en a assez des problèmes de notre pays et a soif de rigoler un peu. »
Désir de s’affirmer dans la diversité vertigineuse du Liban : ainsi se résume l’ambition des jeunes comédiens de Te3li2a. Et puisque « l’humour ne se résigne pas, il défie », selon Freud, ce groupe aura toujours de quoi parler et de quoi défier en critiquant « gentiment et sans méchanceté », comme le souligne en conclusion Jessica Matar.

Maya KHADRA
Site Web :
www.facebook.com/Te3li2a
Ils sont dix. Toujours à l’affût du moindre déraillement social, Sabine, Sahar, Andrew, Jessica, Sanaa, André, Nassib, Patrick, Perla et, enfin, Élie Khoury, l’initiateur de Te3li2a, se sont engagés pour déplorer avec beaucoup d’humour et de finesse quelques défauts qui dénaturent notre beau Liban. « Et comme elles sont nombreuses, ces cicatrices ! » s’indigne Élie Khoury, jeune réalisateur. Le fil conducteur qui lie entre eux ces dix jeunes Libanais appartenant chacun à une filière différente – journalisme, physiothérapie, arts audiovisuels, arts graphiques, finance, arts dramatiques, médecine, études secondaires à l’école (pour Sahar) – est l’indignation face aux différentes exactions qualifiées d’abus ridicules par Sabine el-Khoury, 3e année de journalisme à l’USEK et actrice en herbe....
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