Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Un peuple otage de Taëf

Par Émile SFEIR
Dans tout État, il y a des groupements qui diffèrent de par leurs origines, leurs croyances, leur culture, leur appartenance politique ou leur nombre. L’équilibre, dans ces États, se fait par la primauté de la loi du nombre sur les autres atouts.
Les pays où cet équilibre est réalisé et où le pouvoir du nombre se base sur des procédés démocratiques, le respect des libertés, la primauté des intérêts nationaux sur les intérêts partisans ou individuels, vivent dans un climat de paix généralisée intérieure qui favorise la croissance économique, intellectuelle et culturelle et ouvre la voie à un marché de tourisme (si ces pays s’y prêtent) et à une ambiance de bien-être et de bonheur de leurs citoyens. L’exemple en est donné par les pays où le pouvoir est tenu par une majorité ethnique nationale uniforme et où la démocratie est respectée et bien appliquée. Il en est ainsi d’un grand nombre de pays d’Europe, d’Amérique et du continent austral qui, malgré les divergences politiques et les querelles intérieures parfois assez virulentes, sont demeurés stables, forts et où il fait bon vivre. Par contre, dans les pays où le pouvoir est tenu par des minorités, où la démocratie dans son sens le plus évolué n’est pas bien administrée, comme c’est le cas dans les pays arabes mais aussi dans bien d’autres pays de la planète, on note des turbulences, beaucoup de problèmes et une absence de paix véritable. L’exemple qui illustre bien cette thèse est la Syrie, pays gouverné depuis plus de 40 ans par une même famille appartenant à une ethnie minoritaire, où un système dictatorial est appliqué qui ne respecte pas les libertés et s’approprie les ressources immenses du pays. Cela se traduit tôt ou tard par une déflagration populaire déstabilisatrice, comme c’est le cas aujourd’hui.
Au Liban, la loi du nombre ne s’applique pas, puisque les différentes composantes du puzzle local sont toutes minoritaires. Qu’il s’agisse des chrétiens catholiques ou orthodoxes, des musulmans sunnites, chiites, alaouites ou druzes, l’écart entre ces différentes appartenances n’excède pas les 10 % à 20 % du nombre total de la population. Le désaccord entre ces différentes minorités sur plus d’un sujet est grand. Ce qui a contiribué à enfoncer davantage encore le clou, c’est l’accord de Taëf qui est venu consacrer au Liban trois têtes de pouvoir à la place d’une seule, et cela en raison d’une nette volonté de priver la présidence de la République de ses prérogatives désormais réparties entre les deux autres minorités. Ce qui a précipité cet arrangement de Taëf (que nombre de parlementaires chrétiens ont fini par accepter après beaucoup d’hésitation), c’était l’attitude du chef du gouvernement de l’époque, barricadé au palais présidentiel jusqu’à l’intervention de l’armée syrienne qui l’a délogé et détruit le palais, obligeant son occupant à trouver refuge ailleurs.
C’est cette autorité suprême de l’État, divisée en trois parties, qui rend tout accord difficile à réaliser puisqu’il doit avoir un triple aval.
Vingt-trois ans vécus sous ce régime de Taëf ont paralysé le pays et donné naissance à cette nouvelle équation divine et absurde : l’armée, le peuple et la résistance.
Arrêtons donc cette mascarade qui prend en otage une grande partie du peuple libanais et cherchons une autre formule de coexistence où chacune des minorités trouvera son compte.

Émile SFEIR
Ingénieur
Dans tout État, il y a des groupements qui diffèrent de par leurs origines, leurs croyances, leur culture, leur appartenance politique ou leur nombre. L’équilibre, dans ces États, se fait par la primauté de la loi du nombre sur les autres atouts.Les pays où cet équilibre est réalisé et où le pouvoir du nombre se base sur des procédés démocratiques, le respect des libertés, la primauté des intérêts nationaux sur les intérêts partisans ou individuels, vivent dans un climat de paix généralisée intérieure qui favorise la croissance économique, intellectuelle et culturelle et ouvre la voie à un marché de tourisme (si ces pays s’y prêtent) et à une ambiance de bien-être et de bonheur de leurs citoyens. L’exemple en est donné par les pays où le pouvoir est tenu par une majorité ethnique nationale uniforme...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut