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Liban - Polémique

Sleiman appelle à « ne pas mettre en question le rôle national de l’armée »

Le 8 Mars renforce son discours en faveur des institutions et stigmatise les propos du 14 Mars qui réclame depuis deux semaines une enquête sur les opérations conduites par l’armée à Abra.
Le président de la République Michel Sleiman a souligné hier que « le fait de demander des comptes à l’armée pour les erreurs qu’elle a pu commettre dans le feu des affrontements ne doit pas aller de pair avec une mise en question du rôle national de l’armée ni ne doit se transformer en campagne politique contre ce rôle que tous reconnaissent et sur lequel toutes les parties comptent, à l’heure où les officiers et soldats se déploient dans toutes les régions et aux frontières (...). Il faut laisser les erreurs individuelles à l’armée, qui saura prendre les mesures nécessaires aux niveaux judiciaire et militaire ».

Les sunnites « en état de désolation »
Si de son côté la députée Bahia Hariri a affirmé elle aussi que « nous n’avons d’autre choix que d’être protégés par l’armée », elle a demandé que celle-ci « soit à égale distance de tous ». « Il est de notre droit de demander, avec tous les citoyens, où est le plan de sécurité de l’État, censé leur apporter la tranquillité quelle que soit leur appartenance ? » Pour elle, « le problème se situe entre un projet qui veut l’État et un autre qui veut mettre la main sur l’État et l’assujettir ». Recevant à Majdelyoun le chef des services de renseignemens de l’armée au Liban-Sud, le général Ali Chahrour, ainsi que les familles des personnes arrêtées à Abra, elle a affirmé que « la douleur de Saïda est une douleur nationale, itinérante entre Tripoli, le Akkar, Ersal et Beyrouth ».
Le vicaire patriarcal, l’évêque Boulos Sayyah, a mis d’ailleurs le doigt sur « l’état de désolation dans lequel vit actuellement la communauté sunnite, dérangée par les incidents de Saïda, qui ne reflètent pas le vrai visage sunnite ».

Ersal encerclé ?
Sur ce point, alors que l’armée continue d’ériger des murs de sable à l’est de Qaa, au niveau de Joura, contraignant les habitants à quitter leurs maisons qui se situent désormais du côté syrien, le député du Futur Jean Oghassabian a relevé que plusieurs habitants de Ersal possèdent des terres au niveau de Qaa. « Cette démarcation, de nature purement stratégique, vise à encercler Ersal, qui serait la seule voie de passage pour l’Armée syrienne libre », a-t-il dit. Affirmant que tous les incidents de Ersal « ont été provoqués par le Hezbollah », il a mis en garde contre « une reproduction du modèle de Abra à Ersal, qui ferait éclater la guerre ». Notons que pour l’ancien député Moustapha Allouche, « le Hezbollah avait parié sur l’armée pour porter un coup aux sunnites ».
Alors que le député des Forces libanaises Hadi Hobeiche a réaffirmé le soutien du 14 Mars à la prorogation du mandat du général Kahwagi, son collègue du même bloc, Antoine Zahra, a insisté sur « l’entière capacité de l’armée à traiter avec les armes illégales ».
Mais du côté du 8 Mars, le député Nawaf Moussawi a estimé que « l’accomplissement historique de l’armée à Saïda aurait dû lui valoir le soutien de tous, sauf que le courant du Futur a choisi de mener une campagne programmée pour saper l’autorité de l’institution militaire. Ceci trahit la présence de forces qui veulent semer la discorde ».

 « Confrontation ouverte »
Dénonçant pour sa part l’attentat contre l’armée au Hermel, le député du Hezbollah Hussein Moussawi a stigmatisé « les actes criminels menés par des bandes de terroristes » et les discours « hystériques » contre l’armée. Il a fait état d’une « confrontation morale ouverte, entre ceux qui restent attachés à leurs armes depuis des décennies pour préserver la dignité nationale et ceux qui sèment de sales charges explosives pour aboutir au chaos destructeur ». Pour le député du même bloc, Ali Mokdad, « ceux qui ont contribué à tuer les martyrs de l’armée (à Saïda, NDLR) sont des complices du crime. Ne se contentant pas de dénoncer le Hezbollah, ils s’en sont pris à l’armée ». « Saïda est devenue un lieu de pèlerinage, non pour ceux qui soutiennent l’armée, mais pour ceux qui soutiennent les politiques de la discorde. Ne pariez pas sur quelque changement régional qui soit dans votre intérêt », a-t-il déclaré.
Le député berryste Abdel Majid Saleh a critiqué pour sa part la réunion du 14 Mars à Saïda la veille, qualifiant le député Fouad Siniora de « bouffon de la cour », et saluant « le moteur du dialogue » que serait le président de la Chambre. Il a associé en outre « la campagne contre l’armée » à la « paralysie provoquée du Parlement ».

 « Mikati est subordonné au Futur »
Pour le député aouniste Ziad Assouad, « c’est le courant du Futur qui est responsable de l’émergence du phénomène el-Assir ». Il a estimé en effet que le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati « est le plus confessionnel, et c’est lui qui a limité la marge de manœuvre de l’armée. Il est subordonné au Futur et ce n’est pas vrai qu’il est indépendant ».
L’ancien député Salah Haraké, candidat indépendant aux législatives, a exprimé sa crainte que « les rumeurs et vidéos liées aux derniers incidents de Saïda ne se répercutent négativement sur l’institution militaire ». « Ce qui distingue l’armée est la déontologie et le respect de la loi », a-t-il ajouté.
Enfin, dans son message du mois de ramadan, le cheikh Akl druze, cheikh Naïm Hassan, a appelé au dialogue et à l’appui à l’institution militaire.
Le président de la République Michel Sleiman a souligné hier que « le fait de demander des comptes à l’armée pour les erreurs qu’elle a pu commettre dans le feu des affrontements ne doit pas aller de pair avec une mise en question du rôle national de l’armée ni ne doit se transformer en campagne politique contre ce rôle que tous reconnaissent et sur lequel toutes les parties comptent, à l’heure où les officiers et soldats se déploient dans toutes les régions et aux frontières (...). Il faut laisser les erreurs individuelles à l’armée, qui saura prendre les mesures nécessaires aux niveaux judiciaire et militaire ». Les sunnites « en état de désolation » Si de son côté la députée Bahia Hariri a affirmé elle aussi que « nous n’avons d’autre choix que d’être protégés par l’armée »,...
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