Le Premier ministre désigné Tammam Salam en compagnie de l’ancien député de Tripoli, Misbah Ahdab. La conversation a porté notamment sur un possible gouvernement de personnalités « neutres ». Photo Dalati et Nohra
De plus, de nombreuses personnalités politiques et religieuses sunnites dénoncent le déploiement des partisans du Hezbollah à Saïda, notamment autour du domicile de Bahia Hariri, et réclament qu’une enquête indépendante soit menée à ce sujet.
On sait en outre qu’une réunion des anciens Premiers ministres s’est tenue au Grand Sérail à l’initiative du Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati, en présence du Premier ministre désigné Tammam Salam, pour, à la fois, soutenir l’action de l’armée et demander le démantèlement des « îlots d’insécurité » établis par d’autres communautés.
La réunion n’a pas manqué de mécontenter les dirigeants du Hezbollah, en raison de la présence, parmi les signataires, de personnalités sunnites réputées proches du 8 Mars, comme M. Omar Karamé et M. Sélim el-Hoss.
Pour endiguer la colère de la rue sunnite et rétablir un certain équilibre sur le plan politique, des sources responsables proposent enfin l’ouverture d’une enquête sur les incidents de Saïda, et la fermeture des permanences banalisées du Hezbollah ouvertes dans des appartements.
Mécontentement
Pourtant, et parallèlement aux efforts d’apaisement, le Hezbollah continue de vouloir dicter ses conditions à la formation du nouveau gouvernement, dédaignant les conseils de souplesse de certains de ses alliés, sensibles au surcroît d’embarras que représente, pour M. Salam, les affrontements de Abra, après l’ingérence flagrante du Hezbollah à Qousseir.
Selon un ancien ministre, en effet, les événements de Saïda mettent M. Salam dans l’obligation de former un gouvernement neutre.
Pour la source ministérielle citée, le 14 Mars ne peut tout simplement pas participer à un gouvernement où le Hezbollah est directement représenté, après les réactions saoudiennes consécutives à l’implication directe du Hezbollah aux côtés des troupes régulières syriennes.
Pourtant, le Hezbollah et ses alliés continuent, imperturbables, de réclamer la participation directe du Hezbollah au nouveau gouvernement. Un émissaire de Nabih Berry aurait signifié à M. Salam que le « tiers de blocage » en faveur du 8 Mars était incontournable, dans la nouvelle équipe. Par ailleurs, les visiteurs de Walid Joumblatt assurent que ce dernier est « résigné » au pire. Après la victoire du Hezbollah à Qousseir, il faut se soumettre aux exigences de ce parti, affirme le parlementaire en privé.


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Takkïyâh Pure !
10 h 31, le 29 juin 2013