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Liban - L’Éclairage

Le Hezbollah joue l’apaisement mais veut imposer ses conditions à Salam

Le Premier ministre désigné Tammam Salam en compagnie de l’ancien député de Tripoli, Misbah Ahdab. La conversation a porté notamment sur un possible gouvernement de personnalités « neutres ». Photo Dalati et Nohra

Les récents événements survenus à Saïda sont au cœur des préoccupations du Hezbollah, qui appréhende une radicalisation de la rue sunnite, ce qui à terme l’entraînerait dans un conflit interne. Rompu à la tactique qui veut que l’attaque est la meilleure défense, le Hezbollah s’est donc empressé d’accuser le courant du Futur d’attiser les tensions confessionnelles et de galvaniser ses partisans. Pour ce parti, il s’agit de brouiller les pistes, après les accusations, justifiées par les images filmées par la caméra même de la chaîne al-Manar, lancées par le courant du Futur, concernant la participation de combattants du Hezbollah contre le bastion de cheikh Ahmad al-Assir à Abra. Des accusations qui éclaboussent l’armée.
De plus, de nombreuses personnalités politiques et religieuses sunnites dénoncent le déploiement des partisans du Hezbollah à Saïda, notamment autour du domicile de Bahia Hariri, et réclament qu’une enquête indépendante soit menée à ce sujet.
On sait en outre qu’une réunion des anciens Premiers ministres s’est tenue au Grand Sérail à l’initiative du Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati, en présence du Premier ministre désigné Tammam Salam, pour, à la fois, soutenir l’action de l’armée et demander le démantèlement des « îlots d’insécurité » établis par d’autres communautés.
La réunion n’a pas manqué de mécontenter les dirigeants du Hezbollah, en raison de la présence, parmi les signataires, de personnalités sunnites réputées proches du 8 Mars, comme M. Omar Karamé et M. Sélim el-Hoss.
Pour endiguer la colère de la rue sunnite et rétablir un certain équilibre sur le plan politique, des sources responsables proposent enfin l’ouverture d’une enquête sur les incidents de Saïda, et la fermeture des permanences banalisées du Hezbollah ouvertes dans des appartements.

Mécontentement
Pourtant, et parallèlement aux efforts d’apaisement, le Hezbollah continue de vouloir dicter ses conditions à la formation du nouveau gouvernement, dédaignant les conseils de souplesse de certains de ses alliés, sensibles au surcroît d’embarras que représente, pour M. Salam, les affrontements de Abra, après l’ingérence flagrante du Hezbollah à Qousseir.
Selon un ancien ministre, en effet, les événements de Saïda mettent M. Salam dans l’obligation de former un gouvernement neutre.
Pour la source ministérielle citée, le 14 Mars ne peut tout simplement pas participer à un gouvernement où le Hezbollah est directement représenté, après les réactions saoudiennes consécutives à l’implication directe du Hezbollah aux côtés des troupes régulières syriennes.
Pourtant, le Hezbollah et ses alliés continuent, imperturbables, de réclamer la participation directe du Hezbollah au nouveau gouvernement. Un émissaire de Nabih Berry aurait signifié à M. Salam que le « tiers de blocage » en faveur du 8 Mars était incontournable, dans la nouvelle équipe. Par ailleurs, les visiteurs de Walid Joumblatt assurent que ce dernier est « résigné » au pire. Après la victoire du Hezbollah à Qousseir, il faut se soumettre aux exigences de ce parti, affirme le parlementaire en privé.
Les récents événements survenus à Saïda sont au cœur des préoccupations du Hezbollah, qui appréhende une radicalisation de la rue sunnite, ce qui à terme l’entraînerait dans un conflit interne. Rompu à la tactique qui veut que l’attaque est la meilleure défense, le Hezbollah s’est donc empressé d’accuser le courant du Futur d’attiser les tensions confessionnelles et de galvaniser ses partisans. Pour ce parti, il s’agit de brouiller les pistes, après les accusations, justifiées par les images filmées par la caméra même de la chaîne al-Manar, lancées par le courant du Futur, concernant la participation de combattants du Hezbollah contre le bastion de cheikh Ahmad al-Assir à Abra. Des accusations qui éclaboussent l’armée.De plus, de nombreuses personnalités politiques et religieuses sunnites dénoncent...
commentaires (4)

Takkïyâh Pure !

Antoine-Serge KARAMAOUN

10 h 31, le 29 juin 2013

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Commentaires (4)

  • Takkïyâh Pure !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    10 h 31, le 29 juin 2013

  • Les faits sont les faits! Peut-on réellement contourner le hezb et donc par force de gravité et de solidarité, Amal aussi?? Pour ceux qui pensent former un gouvernement sans ces 2 partis (qui ont des alliés aussi!), donc une partie ESSENTIELLE du Liban pour ne pas dire autre chose qui pourrait fâcher plus d'un, à cause des positions de la très démocratique et désertique saoudie arabique si loin de nos montagnes et de nos vallées, vis-à-vis des évènements (!) en Syrie, ils peuvent donc dire à leurs amis wahhabites que le Liban, ils ne le connaissent qu'à travers leurs sous et que ce dernier possède tout une mer "à carreler" s'ils souhaitent donner un coup de main à leurs amis bâtisseurs.

    Ali Farhat

    11 h 11, le 28 juin 2013

  • Si Mr. Salam adhère a la thèse de Joumblatt, il faut considérer que le Liban s'engouffre a sa perte et a une nouvelle guerre qui va provoquer une nouvelle invasion et la possible perte du Sud pour de bon.

    Pierre Hadjigeorgiou

    10 h 34, le 28 juin 2013

  • Comme quoi il faut mettre Joumblat devant le fAit accompli et le forcer a retourner sa veste encore une fois. Soit il perd sa credibilite aupres des Saoudiens soit aupres du Hezbollah. Comme de toutes facons les evenements en Syrie ne vont pas s eterniser, au final il ne sera ni centre ni droite ni gauche juste un leader druze

    Jihad Mouracadeh

    09 h 35, le 28 juin 2013

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