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Campus

Lorsque la fac se réduit à des cours académiques

À l’Université libanaise, les activités sportives ou culturelles demeurent presque inexistantes. Tournée de quelques facultés de l’unique université publique au Liban et témoignages des étudiants.

La cafétéria à la faculté des sciences, section 2, de l’UL.

À la cafétéria de la faculté d’information et de documentation de l’UL, section de Fanar, le spectacle est navrant: coupés de leur environnement, absorbés par le jeu en cours, les futurs journalistes enchaînent les parties de cartes. «Le jeudi 23 mai, en trouvant pour la première fois l’amphithéâtre de la fac rempli d’anciens étudiants devenus des journalistes connus – invités à l’université pour y être honorés –, de caméras et de micros, je me suis sentie émue», confie Hanady Diab, étudiante en presse à la faculté d’information et de documentation de l’UL, avant d’ajouter avec regret: «Pourquoi est-ce que notre université ne se soucie pas de la vie estudiantine? Je poursuis, parallèlement à mes études en journalisme, des cours en chant oriental à l’USEK. Là-bas, la vie sociale est autrement plus intéressante. Nos apprentissages y sont équilibrés. On se soucie de former notre pensée et notre esprit... »
Selon la jeune fille, de nombreuses études démontrent l’impact des loisirs sur le rendement et la performance des apprenants. Une information confirmée par le psychiatre Nabil Chérabieh qui affirme : «Effectuer des apprentissages secondaires est nécessaire au bon développement personnel et social. Et cultiver un loisir permet de prévenir la consommation abusive d’alcool et de drogues. »

La qualité des cours n’est pas remise en question
De son côté, Charbel Ghoussoub, président du comité estudiantin et étudiant en troisième année de relations publiques à la faculté d’information et de documentation, martèle: « Nous travaillons fort pour rester à jour. Seul le comité organise des évènements, des randonnées de marche, des soirées dans l’amphithéâtre, des karaokés hors campus. Il est certain qu’on éprouve un pincement au cœur à l’idée de ne pas pouvoir pratiquer toutes les activités dont nous rêvons, mais l’on se sent un peu consolé par l’excellente qualité des enseignements.» La qualité des cours dispensés à l’UL n’est pas donc à remettre en question.
« La direction a organisé une sortie au théâtre, raconte pour sa part Yasmine Obeid, étudiante en master 2 à la filière francophone de journalisme, avant d’ajouter: «Nous avons assisté le 31 mai, au théâtre Monot, à une pièce de Wajdi Mouawad. La pièce a été suivie d’un concert musical. » Une sortie orpheline, hors campus et non obligatoire.
De son côté, Madeleine Richa, responsable adjointe au département de presse à la faculté d’information et de documentation, confirme : » Des activités? Non. La direction considère les loisirs comme secondaires. Et les étudiants regardent ailleurs pour se détendre.» Quant au Dr Ghina Salloum, professeure d’anglais, elle déclare : « Avant qu’ils ne pensent aux loisirs, qu’ils rénovent l’équipement. C’est un désastre ! Nous n’avons pas de “smart board”, pas de climatiseurs dans les salles, pas d’aire de stationnement. Garer sa voiture est un cauchemar quotidien. »

Et à la faculté
des sciences ?
Même refrain à la faculté des sciences. Julian Khoury, étudiant en troisième année de chimie, déplore l’absence d’activités extracurriculaires. «C’est vraiment dommage. Par contre, pour le niveau des cours, l’UL reste à la pointe. Alors, pour les activités, je vais piocher ailleurs.»
Ici aussi, le comité essaye d’organiser des manifestations culturelles ou sociales «pour combler le vide, du moins en partie». Jack Salameh,
vice-président du comité des étudiants de la faculté des sciences, affirme en toute simplicité : « L’État s’en fiche de l’UL. »
Ahmad Issawi, ancien étudiant en biologie, a choisi de quitter l’UL. Il raconte : » La politique domine la vie sur le campus. Il est rare de tomber sur des étudiants non engagés politiquement. Cette situation me dérangeait. J’étouffais... Alors j’ai choisi de quitter l’UL et de voyager en France pour poursuivre des études en médecine. »
Contrairement à Ahmad, certains étudiants se résignent à cette situation. C’est le cas de Betty Abi Khalil, étudiante en troisième année à la filière francophone de droit. «Bien que le comité estudiantin essaye d’améliorer les conditions de vie sur le campus, ce n’est pas assez. Dans la vie, c’est : tu paies, tu trouves. Et à l’UL, les étudiants ne paient que les frais d’inscription, alors... »
La frustration des étudiants est palpable. Leurs demandes sont justes. «La musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée.» Nos responsables devraient relire Platon.

Marine JABBOUR
Étudiante en 3e année
de journalisme à la faculté d’information et
de documentation de l’UL section de Fanar
À la cafétéria de la faculté d’information et de documentation de l’UL, section de Fanar, le spectacle est navrant: coupés de leur environnement, absorbés par le jeu en cours, les futurs journalistes enchaînent les parties de cartes. «Le jeudi 23 mai, en trouvant pour la première fois l’amphithéâtre de la fac rempli d’anciens étudiants devenus des journalistes connus – invités à l’université pour y être honorés –, de caméras et de micros, je me suis sentie émue», confie Hanady Diab, étudiante en presse à la faculté d’information et de documentation de l’UL, avant d’ajouter avec regret: «Pourquoi est-ce que notre université ne se soucie pas de la vie estudiantine? Je poursuis, parallèlement à mes études en journalisme, des cours en chant oriental à l’USEK. Là-bas, la vie sociale est...
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