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Accueil des réfugiés syriens: "la France n'est pas au rendez-vous"

AFP
20/06/2013
"La France n'est pas au rendez-vous" pour accueillir les réfugiés syriens fuyant la guerre qui ravage leur pays, a déploré jeudi l'organisation Médecins du Monde (MDM) à l'occasion de la Journée mondiale du réfugié.

"Alors que la Syrie compte 4,25 millions de déplacés internes et que plus d'un million et demi de Syriens ont déjà trouvé refuge en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Irak, les capacités d'accueil dans ces pays arrivent à saturation", a prévenu MDM dans un communiqué, lançant "un appel à davantage de solidarité de l'UE et en particulier du gouvernement français".

Selon l'ONU, le nombre de réfugiés syriens atteindra 3,45 millions d'ici fin 2013 (un million au Liban, un million en Jordanie, un million en Turquie, 350.000 en Irak et 100.000 en Egypte).

"Si les Syriens représentent désormais la majorité des demandeurs d'asile en Europe, force est de constater que la France n'est pas au rendez-vous", a déploré l'ONG, car "le gouvernement français, malgré sa mobilisation diplomatique sur la crise syrienne, se dit dans l'incapacité d'accueillir en urgence des réfugiés".

"Décevante", cette politique "n'est pas partagée par tous les pays européens", souligne MDM. La Suède accorde ainsi "systématiquement une certaine forme de protection aux Syriens" (15.000 en 2012), tandis que l'Allemagne va en accueillir au moins 5.000 en 2013.

Le 5 juin, l'UE avait annoncé n'être plus en mesure de soutenir financièrement les réfugiés syriens, faute de budget.

La France n'en accueille qu'une infime partie, même si les flux augmentent depuis le début du conflit.

En 2012, 578 Syriens ont déposé une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et leur dossier a été accepté dans 92% des cas. Environ 300 nouvelles demandes ont été déposées au premier trimestre. "Par tradition historique, les Syriens vont d'avantage vers la Suède et vers l'Allemagne, qui accueille beaucoup de kurdes syriens", avait récemment expliqué le directeur général de l'office, Pascal Brice.

La France a toutefois envoyé un signal controversé en réintroduisant mi-janvier les "visas de transit aéroportuaire" pour les Syriens, qui permettent de rester le temps d'une correspondance en zone internationale d'un aéroport. Les ressortissants de certains pays y sont soumis pour éviter "les afflux massifs de migrants clandestins", selon la réglementation européenne.

L'Europe ne connaît pas d'afflux massif de Syriens mais la situation pourrait changer et des réfugiés tentent déjà d'atteindre le continent via la Grèce, a prévenu jeudi à Paris Philippe Leclerc, représentant du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), lors d'une conférence de presse.

"La situation est inquiétante pour la Grèce. C'est le seul pays d'entrée en Europe et il n'a pas les capacités d'accueil des réfugiés" au vu de sa situation économique, a-t-il expliqué.

"S'il y avait un afflux massif, ce n'est pas uniquement la Grèce qui devrait répondre, mais l'UE toute entière", a-t-il souligné, appelant à "lever le visa de transit pour permettre un accès plus facile".

"Les cris d'orfraie de certains parlementaires et politiques ne sont pas justifiés pour le moment. Ils pourraient l'être" à l'avenir, car "la déstabilisation du Liban et d'autres États de la région est possible. Il y a un vrai risque d'embrasement (...) et il faut que les États européens se préparent à accueillir des réfugiés sur leur sol", a prévenu M. Leclerc.

Le conflit qui ravage la Syrie a fait près de 100.000 morts en deux ans.

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