La haute représentante de l’Union européenne aux Affaires étrangères et à la Politique de sécurité, Catherine Ashton, s’est rendue au domicile du Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati peu après son arrivée à Beyrouth en début de soirée hier. Photo Dalati et Nohra
Sa tournée d’aujourd’hui prévoit une rencontre avec le président de la République Michel Sleiman, suivie d’un entretien avec le Premier ministre désigné Tammam Salam et le président de la Chambre Nabih Berry. Auparavant, elle sera reçue à la première heure (7h45) par le ministre démissionnaire des Affaires étrangères Adnane Mansour. La responsable européenne prévoit également de se rendre au quartier général de la Finul au Liban-Sud afin de s’informer de la sécurité des contingents, dont une grande partie relève d’États européens. Il est également possible que sa tournée inclut une visite à l’un des sièges de l’association Amel, impliquée dans l’aide aux réfugiés.
Cette quatrième visite de Catherine Ashton au Liban ne se base pas sur des objectifs précis. Le ministre Mansour a d’ailleurs précisé ne pas avoir été notifié de l’ordre du jour de cette visite. Celle-ci viserait plutôt à tâter le terrain, comme le souligne notre correspondant au palais Bustros Khalil Fleyhane. Sans avancer d’idées nouvelles, la responsable prendra note des différents points de vue sur la crise syrienne, à la lumière de la récente position américaine et européenne favorable à l’armement de l’opposition syrienne, d’une part, et en vue d’un règlement du dossier nucléaire iranien, d’autre part. La visite de la responsable européenne à Beyrouth s’inscrit d’ailleurs dans le cadre d’une tournée régionale qu’elle avait entamée à Bagdad en vue d’établir les contours d’une solution politique à la crise syrienne, susceptible d’être débattue lors de la prochaine conférence de Genève.
Rappelons également que l’Union européenne s’est montrée favorable à la création d’une zone d’exclusion aérienne susceptible de protéger la vie des civils, et de faciliter le déplacement des blessés et des réfugiés.
Les réfugiés syriens
Parallèlement à la politique régionale, c’est le dossier des réfugiés syriens qui occupera une place importante dans les entretiens de Catherine
Ashton. Cette visite permettra de réitérer l’appui européen à la politique de distanciation préconisée par le chef de l’État, mais aussi d’exprimer l’inquiétude grandissante que suscite la participation du Hezbollah aux combats en Syrie. Il est prévu que Mme Ashton transmette un appui sans équivoque aux efforts officiels déployés pour gérer la situation des réfugiés syriens.
Notre correspondant au palais Bustros précise que les responsables libanais devraient mettre l’accent sur le manque de réaction internationale à la proposition du chef de l’État visant à initier une redistribution des réfugiés syriens dans les pays d’accueil.
Notons dans ce cadre que la responsable européenne devrait débattre avec les associations concernées des moyens d’assurer une aide d’urgence aux réfugiés syriens et de débloquer une part des aides promises par les États donateurs.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine