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Nos lecteurs ont la parole

Un Libanais en vaut un autre

Joseph W. ZOGHBI
Je voudrais citer pour commencer le paragraphe C du préambule de la Constitution libanaise :
« (C) Le Liban est une République démocratique, parlementaire, fondée sur le respect des libertés publiques et en premier lieu la liberté d’opinion et de conscience, sur la justice sociale et l’égalité dans les droits et obligations entre tous les citoyens sans distinction ni préférence. »
Ce paragraphe de la Constitution met tous les citoyens sur un pied d’égalité.
L’on se demande alors pourquoi on ne s’émeut pas sur le sort des Libanais habitant les régions limitrophes en Syrie (30 000 personnes, en majorité chiites et syriens chrétiens) qui ont subi les exactions sous l’occupation des opposants au régime syrien. Les officiels libanais n’ont pas daigné élever la voix et présenter une plainte auprès de la Ligue arabe contre ceux-là mêmes qui occupent le siège de la Syrie au sein de cette Ligue. De même, quand les roquettes « de l’opposition » tombent sur des localités du Hermel, aucun officiel ne fait rien pour signifier son mécontentement. On s’émeut plutôt sur le sort des habitants de Ersal, dans la Békaa, quand ils reçoivent des roquettes de l’armée régulière syrienne, d’une manière tout aussi répréhensible. Là on remue ciel et terre et on s’indigne et on veut présenter une plainte auprès des Nations unies pour agression, comme si les premières roquettes, à la différence des secondes, contenaient des fleurs.
Les citoyens sont-ils égaux quant aux droits et obligations ?
Y a-t-il des classes de citoyens, si bien décrits par l’un de nos dictons populaires : « Le fils de la servante ne vaut pas le fils du bey », autrement dit nous avons la pluie et le beau temps sous le même toit
ou encore nous avons deux poids et deux mesures.
Pour enfoncer le clou, le Conseil de coopération du Golfe a déclaré à l’unanimité que le Hezbollah, basé au Liban, est une organisation terroriste et qu’il prendrait des mesures contre ce groupe. De plus certains nationaux du Golfe diabolisent le Hezbollah en particulier et les chiites en général. Cette diabolisation se généralise un peu partout de telle façon que la haine confessionnelle est déjà attisée à son extrême et il suffit d’un rien pour mettre le feu aux poudres et qu’un massacre à grande échelle ne se produise, dont les premiers signes furent le massacre de 60 chiites du côté de Deir ez-Zor, avec en prime des cris de triomphe pour un tel « exploit ».
Cette position du CCG est très dangereuse et donne le signal de départ de la chasse aux sorcières qui va commencer dans ces pays contre des gens qui n’ont rien à voir avec les événements sécuritaires et politiques, mais seulement parce qu’ils sont chiites qui risquent de payer le prix dans leur intégrité physique, leur liberté, leur richesse et leur gagne-pain. Une position qui risque d’entraîner des guerres civiles un peu partout dans le monde arabe et même une guerre régionale dont les résultats seront désastreux.
Lançons vite un cri d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. Il faudrait arrêter d’incendier l’autre dans les discours. Il faudrait aussi traiter les citoyens sur un pied d’égalité pour qu’une partie de la population ne se sente pas isolée et visée. C’est un jeu très dangereux, qui pourrait mettre le feu aux poudres.
Il faudrait mesurer la portée de ses paroles et de ses actes pour apaiser les esprits et diminuer le sentiment de haine qui grandit de plus en plus.

Joseph W. ZOGHBI
Je voudrais citer pour commencer le paragraphe C du préambule de la Constitution libanaise : « (C) Le Liban est une République démocratique, parlementaire, fondée sur le respect des libertés publiques et en premier lieu la liberté d’opinion et de conscience, sur la justice sociale et l’égalité dans les droits et obligations entre tous les citoyens sans distinction ni préférence. » Ce paragraphe de la Constitution met tous les citoyens sur un pied d’égalité. L’on se demande alors pourquoi on ne s’émeut pas sur le sort des Libanais habitant les régions limitrophes en Syrie (30 000 personnes, en majorité chiites et syriens chrétiens) qui ont subi les exactions sous l’occupation des opposants au régime syrien. Les officiels libanais n’ont pas daigné élever la voix et présenter une plainte auprès de la...
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