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Nos lecteurs ont la parole

Enracinement de l’absurde

Au moins durant l’époque précédant 2005, tout le monde faisait semblant. Le Hezbollah faisait semblant de se soucier uniquement de la libération du Liban-Sud, jusqu’au dernier hameau de Chebaa. Le président de la République faisait semblant d’avoir un semblant d’autorité en présentant les décisions syriennes comme étant les siennes. Les Libanais, toutes communautés confondues, faisaient semblant d’être solidaires en appelant à l’unanimité et sans relâche à la formation de gouvernements d’union nationale.
Soudain, en 2005, l’absurde fait ses débuts. Plus que la libération du territoire, le départ syrien eut pour effet de libérer de leurs camisole de force tous les pions de l’échiquier politique libanais, sans exception aucune. Ainsi, le Hezbollah retourna ses armes vers ses propres compatriotes, le président de la République se rebella contre son propre gouvernement sous prétexte qu’il était devenu anticonstitutionnel parce que dépouillé de représentants chiites, et les communautés libanaises se scindèrent en deux camps qui n’eurent en commun que leurs appellations évoquant le dieu romain de la guerre.
Aujourd’hui, le semblant de « politiquement correct » n’est plus qu’un lointain souvenir. Le Hezbollah exporte sa résistance nationale à l’international. Les communautés libanaises tombent d’accord sur la nécessité d’une loi électorale équitable, mais tombent en désaccord sur la définition même d’équitable. Le président de la République soumet une demande d’invalidation d’une loi signé de sa propre plume. L’absurde se confirme.
Pourtant, le chef de l’État aurait bien pu forcer les législatives en refusant de signer le texte de loi sur la prorogation. Le Hezbollah aurait pu être isolé de facto politiquement par la classe dirigeante en appuyant sans relâche le Premier ministre désigné et son projet de gouvernement d’indépendants. Les communautés libanaises auraient pu se rallier derrière une loi électorale de compromis comme ils l’ont fait en 2008. Mais ça aurait été trop facile. Plutôt, les Libanais de tous bords assistent à l’enracinement de l’absurde. Un résultat direct des failles de Taëf, à savoir : malaise de la première magistrature à chaque nouvelle opportunité d’exercer les maigres prérogatives qui lui restent, statu quo sacro-saint réservé au parti de Dieu, et absence totale de solidarité nationale due notamment aux discours politiques polarisant sans merci, issus de la consécration du confessionnalisme politique.

Francis DOUMIT
Au moins durant l’époque précédant 2005, tout le monde faisait semblant. Le Hezbollah faisait semblant de se soucier uniquement de la libération du Liban-Sud, jusqu’au dernier hameau de Chebaa. Le président de la République faisait semblant d’avoir un semblant d’autorité en présentant les décisions syriennes comme étant les siennes. Les Libanais, toutes communautés confondues, faisaient semblant d’être solidaires en appelant à l’unanimité et sans relâche à la formation de gouvernements d’union nationale. Soudain, en 2005, l’absurde fait ses débuts. Plus que la libération du territoire, le départ syrien eut pour effet de libérer de leurs camisole de force tous les pions de l’échiquier politique libanais, sans exception aucune. Ainsi, le Hezbollah retourna ses armes vers ses propres compatriotes, le...
commentaires (2)

L'ABSURDE DES ABSURDES ! OU QUAND L'ABSURDITÉ DEVIENT " LA RÈGLE " !

SAKR LOUBNAN

10 h 09, le 14 juin 2013

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Commentaires (2)

  • L'ABSURDE DES ABSURDES ! OU QUAND L'ABSURDITÉ DEVIENT " LA RÈGLE " !

    SAKR LOUBNAN

    10 h 09, le 14 juin 2013

  • Excellent article qui resume bien l absurdite d un systeme politique que personne ne respecte

    Jihad Mouracadeh

    09 h 16, le 13 juin 2013

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