L'affiche du film. Photo tirée de Facebook.
Les Libanais d’un âge certain qui ont vécu les quelques années ayant précédé le déclenchement de la guerre libanaise, en l’occurrence la première moitié de la décennie des années 70 du siècle dernier, se souviennent à n’en point douter d’une phase politique de l’histoire contemporaine du Liban marquée par un formidable brassage d’idées, par un véritable pluralisme politique, reflet d’une certaine époque, de la belle époque... Ce fut plus particulièrement le cas pour le mouvement estudiantin local qui a connu son âge d’or au cours de cette période. Se replonger dans l’atmosphère envoûtante de l’agitation estudiantine de 1973-1974, dans une perspective d’analyse comparative avec la situation dans les universités d’aujourd’hui, n’est pas sans intérêt. Tel est le grand mérite du film 74, Reconstitution d’une lutte, produit par Jinane Dagher et Sabine Sidawi, réalisé par Rania et Raëd Rafeï, et dont l’un des acteurs principaux est notre collègue Sandra Noujeim (salle Metropolis Empire Sofil, jusqu’au 12 juin).
D’emblée, le spectateur est entraîné par les soubresauts de ces mémorables journées de mars et d’avril 1974 lorsque les étudiants de l’AUB ont entamé une grève ouverte, accompagnée d’une occupation généralisée des bâtiments, des facultés et du campus de l’université, pour protester contre une augmentation de 10 % des frais universitaires. Cette fronde, qui s’est étalée sur plus d’un mois, transformant le campus de l’AUB en un véritable camp retranché, a boosté, s’il en était vraiment besoin, un mouvement estudiantin à l’échelle nationale qui a atteint son apogée en 1974 et qui avait cristallisé une série de grèves et de manifestations d’une ampleur sans précédent. Cette agitation, qui accompagnait de surcroît l’action d’un vaste mouvement syndical non moins dynamique, avait pour leitmotiv la « démocratisation de l’enseignement » (d’où la contestation induite par l’accroissement de 10 % à l’AUB) et l’ouverture de facultés de sciences appliquées à l’Université libanaise.
Ces revendications purement estudiantines constituaient, certes, un catalyseur à la mobilisation des jeunes dans les différentes universités d’horizons divers, de l’Université Saint-Joseph à l’AUB, en passant par l’UL et l’Université arabe, sans oublier Haïgazian et le BUC. Mais rapidement, le positionnement politique et idéologique a pris le dessus et a fait, surtout, de l’ombre aux doléances conjoncturelles. C’est ce que reflète parfaitement le film 74 qui nous fait revivre, grâce à un scénario, des scènes et un dialogue d’un réalisme percutant, les motivations, les aspirations et le vif débat qui dictaient le comportement des leaders estudiantins d’avant-guerre. Le film illustre ainsi comment au rejet de l’augmentation de 10 %, qui avait motivé l’occupation de l’AUB, est venu se greffer le slogan de la lutte contre « l’impérialisme » et contre le prétendu rôle attribué sur ce plan à l’administration de l’Université américaine.
Les positions dogmatiques, résultant d’un évident bourrage de crâne, adoptées dans ce cadre par au moins cinq des sept chefs incarnés par les acteurs du film, mettent en relief un certain romantisme, un idéalisme frôlant l’angélisme, dans la conception de la « révolution estudiantine » prônée à l’époque par certains. Ce qui amènera l’un des sept leaders estudiantins, alias Ghassan, à se révolter devant ses camarades contre les slogans idéologiques creux qui occultent en définitive les réalités et l’essence des doléances du moment soulevées par les étudiants. Quant à Alia (dont le rôle est joué par Sandra Noujeim), elle se montre encore plus transparente à cet égard et lance, sur un ton survolté, à ses compagnons de lutte, avant de claquer la porte : « Vous voulez libérer la Palestine à partir de l’AUB ? Qu’en est-il des revendications estudiantines ? » C’est que cette agitation de la jeunesse de l’époque intervenait dans un contexte local et régional caractérisé par un fort élan de solidarité avec la cause palestinienne et la lutte armée menée par l’OLP de Yasser Arafat. Sauf que par manque de maturité politique, certains leaders estudiantins de la mouvance gauchiste ne parvenaient plus à faire preuve de discernement entre le combat idéologique et les grandes causes nationales, d’une part, et les revendications liées aux impératifs de l’amélioration des conditions de vie des jeunes, d’autre part. D’où la petite phrase lancée, fort à propos, par Alia.
Il reste qu’en dépit d’un tel romantisme révolutionnaire, force est de relever que le mouvement estudiantin de l’époque bouillonnait, au moins, d’idées, d’initiatives et d’actions qui ne manquaient pas d’intérêt. Les différents épisodes de la guerre libanaise ont, à l’évidence, porté un coup fatal à un tel dynamisme et il faudra attendre le début des années 2000 (entre 2000 et 2005) pour qu’une poignée d’étudiants engagés de l’USJ, à la rue Huvelin, redonnent vie à un mouvement estudiantin motivé qui, avec pour toile de fond la « résistance culturelle » prônée par l’ancien recteur de l’USJ, le père Sélim Abou, mènera un combat précurseur contre l’occupation syrienne. Mais en dehors de cet épisode en quelque sorte fondateur d’un certain printemps de Beyrouth, on ne peut que déplorer que l’action sur les campus des universités en soit réduite aujourd’hui à refléter exclusivement les clivages (fussent-ils à caractère existentiel) de la scène politique locale, sans qu’une place quelconque ne soit réservée à des revendications purement estudiantines. Et dans ce cadre, le film 74 offre matière à réflexion ... « À voir absolument », pour qui s’intéresserait à revivre l’engouement de la jeunesse d’avant-guerre, avec ses égarements, son idéalisme débordant et ses moments de lucidité.
Pour mémoire


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
ON COMPREND mieux le désastre de ce jeunet, quand ce Mercantilisme pousse à l’Impôt Haut via ces "frais". Son exploitation ne se distingue en Rien de celle de l’Illettré ; l'exploiteur est le même : le Financier qui use de l’Usure ou des Prêts en vue de l’éduquer. Le Requin exploite cette Masse moyenne Avide par l'Éducation de Progresser. Et s’il était tenté de Posséder un Bien genre maisonnée, ce "titre de propriété" devient le Talisman avec lequel ce submersible Carnassier l'aura ensorcelé et excité contre le Reste issu d'autres catégories-Communautés. Seul, l’affaiblissement de cette éducation Marchandée peut élever ce jeunet; Seul un système Antifinancier peut le faire sortir de sa dégradation sur l’échelle socialisée ! Ce pays de 75 ou d’après est celui des exploiteurs Coalisés. Et celui Futur! Démocrate des Libertés, sera celui des Exploités Alliés. Mais la balance varie selon l’Humeur que ce jeune embourgeoisé jette dans l'arène Communautariste alambiquée. Ceci lui devient plus compréhensible grâce aux dires contraires des Financiers qui, par leur grossièreté de l'interprétation des Saines idées, atteignent le cervelet de cet "éduqué" en excitant sa convoitise du fruit défendu : la bien-aimée Maisonnée ! Mais le plus compréhensible, ce sont les épreuves que ce "jeune" a subi depuis, et les déceptions qui, dans leur précipitation depuis, coup sur coup, s'étaient abattues sur lui....
15 h 09, le 08 juin 2013