« Le bouc émissaire...
M. Ziyad Makhoul veut voir le film The Attack, de Ziad Doueiri. Tant mieux pour lui. Mais pourquoi se croit-il obligé d’attaquer la Sûreté générale pour cela ? Il semble que ce journaliste à la plume particulièrement acerbe ait besoin d’un bouc émissaire pour diriger contre lui les piques sans lesquelles il ne semble pas pouvoir exister. Mais il s’est trompé de cible. Tout simplement parce qu’il ne prend pas la peine d’enquêter sur le sujet qu’il compte traiter, préférant miser sur son humeur et mettant ses sentiments à la place des faits.
Pour la vérité journalistique, et pour l’opinion publique que M. Makhoul cherche à induire en erreur, il faut préciser que la société qui produit le film de Ziad Doueiri au Liban a demandé une autorisation de diffusion à la Sûreté générale, qui le lui a accordée, avant la tenue du Festival de Cannes. Toutefois, avec le succès que le film a obtenu à Cannes et avant la distribution des palmes, le bureau du boycott d’Israël relevant de la Ligue arabe a demandé à tous les pays membres de cette ligue d’interdire le film sur leur territoire. Au Liban, c’est le ministère de l’Économie qui est en relation avec ce bureau et qui a donc reçu une lettre en ce sens. Il a aussitôt envoyé une copie de cette lettre à la Sûreté, qui a immédiatement convoqué la commission spéciale chargée de visionner les films qui suscitent des doutes. La commission a décidé d’appliquer la directive envoyée par la Ligue arabe via le ministère de l’Économie. Malgré cela, la Sûreté générale a préféré porter l’affaire, selon la loi, devant le ministre de l’Intérieur qui a pris la décision définitive. Ce processus légal montre bien que la Sûreté générale n’a donc aucune responsabilité dans la décision d’interdire la diffusion du film. Maintenant, si M. Ziyad Makhoul préfère quand même l’attaquer, il est libre. Mais cela ne dénote pas seulement un manque de professionnalisme, cela dénote aussi une grande ignorance des faits, déplorable chez un journaliste qui se veut influent sur l’opinion publique. Juste pour le rappel, c’est au temps où le regretté émir Farouk Abillama était directeur de la Sûreté générale que la censure préventive avait été établie sur les médias, notamment sur la presse écrite. Une autre lacune dans les informations du très sérieux journaliste. »
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(Si) chère Sûreté générale,
En vous remerciant pour cette brillante leçon de journalisme, je suis ravi de voir à quel point vous, et votre ministère de tutelle, celui de l’Intérieur, et les autres ministères plus ou moins concernés, êtes aussi prompts, dociles et humbles lorsqu’il s’agit d’obéir à une objurgation d’un vague bureau de... la Ligue arabe ( ! ), quitte à vous dédire et à changer d’avis. Tout le monde savait que c’était ce bureau qui a exigé la censure du film de Ziad Doueiri, peu (dont moi-même) espéraient que pour une fois, vous vous surprendriez et surprendriez les Libanais. Même pas. Mais c’est sûrement partie remise...
Bien cordialement,
votre bouc émissaire (aussi : c’est une belle histoire d’amour...)
Z.M.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Bon le débat est clos. La sûreté n’a jamais prétendu empêcher la création artistique, et le journaliste Makkhoul, en faisant honnêtement son travail, n’a voulu porter atteinte à aucun service. Ziad Doueiri est un réalisateur confirmé du septième art. A lire aujourd’hui même son interview dans le supplément culturel du quotidien Bruxellois "Le Soir" où il est question du Qatar… grand financier du film. A l’heure, où l’appel en Europe au boycott des produits agricoles ou des universités israéliennes, on ne peut s’étonner du droit de regard de la Ligue arabe qui fait respecter une règle de droit, "Lire Sagi Sinno (olj du 8 mai)Les relations illicites avec l’ennemi…" L’artiste a le privilège de la liberté de choix, et cette liberté n’a pas de limite, ce qui rend désuet le boycott de la ligue arabe dans les faits, pour ne pas dire """caduque""". Mais alors, quel cas fait-on de la livraison de pétrole à Israël ? etc, etc,
19 h 00, le 05 juin 2013