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Liban

Droit de réponse de la Sûreté générale à l’article « Je veux voir » de Ziyad Makhoul

Nous avons reçu de la part de la Sûreté générale un droit de réponse à l’article « Je veux voir » de Ziyad Makhoul, publié dans l’édition du 4 mai dernier, que nous reproduisons in extenso.

« Le bouc émissaire...
M. Ziyad Makhoul veut voir le film The Attack, de Ziad Doueiri. Tant mieux pour lui. Mais pourquoi se croit-il obligé d’attaquer la Sûreté générale pour cela ? Il semble que ce journaliste à la plume particulièrement acerbe ait besoin d’un bouc émissaire pour diriger contre lui les piques sans lesquelles il ne semble pas pouvoir exister. Mais il s’est trompé de cible. Tout simplement parce qu’il ne prend pas la peine d’enquêter sur le sujet qu’il compte traiter, préférant miser sur son humeur et mettant ses sentiments à la place des faits.
Pour la vérité journalistique, et pour l’opinion publique que M. Makhoul cherche à induire en erreur, il faut préciser que la société qui produit le film de Ziad Doueiri au Liban a demandé une autorisation de diffusion à la Sûreté générale, qui le lui a accordée, avant la tenue du Festival de Cannes. Toutefois, avec le succès que le film a obtenu à Cannes et avant la distribution des palmes, le bureau du boycott d’Israël relevant de la Ligue arabe a demandé à tous les pays membres de cette ligue d’interdire le film sur leur territoire. Au Liban, c’est le ministère de l’Économie qui est en relation avec ce bureau et qui a donc reçu une lettre en ce sens. Il a aussitôt envoyé une copie de cette lettre à la Sûreté, qui a immédiatement convoqué la commission spéciale chargée de visionner les films qui suscitent des doutes. La commission a décidé d’appliquer la directive envoyée par la Ligue arabe via le ministère de l’Économie. Malgré cela, la Sûreté générale a préféré porter l’affaire, selon la loi, devant le ministre de l’Intérieur qui a pris la décision définitive. Ce processus légal montre bien que la Sûreté générale n’a donc aucune responsabilité dans la décision d’interdire la diffusion du film. Maintenant, si M. Ziyad Makhoul préfère quand même l’attaquer, il est libre. Mais cela ne dénote pas seulement un manque de professionnalisme, cela dénote aussi une grande ignorance des faits, déplorable chez un journaliste qui se veut influent sur l’opinion publique. Juste pour le rappel, c’est au temps où le regretté émir Farouk Abillama était directeur de la Sûreté générale que la censure préventive avait été établie sur les médias, notamment sur la presse écrite. Une autre lacune dans les informations du très sérieux journaliste. »

_________
(Si) chère Sûreté générale,
En vous remerciant pour cette brillante leçon de journalisme, je suis ravi de voir à quel point vous, et votre ministère de tutelle, celui de l’Intérieur, et les autres ministères plus ou moins concernés, êtes aussi prompts, dociles et humbles lorsqu’il s’agit d’obéir à une objurgation d’un vague bureau de... la Ligue arabe ( ! ), quitte à vous dédire et à changer d’avis. Tout le monde savait que c’était ce bureau qui a exigé la censure du film de Ziad Doueiri, peu (dont moi-même) espéraient que pour une fois, vous vous surprendriez et surprendriez les Libanais. Même pas. Mais c’est sûrement partie remise...
Bien cordialement,
votre bouc émissaire (aussi : c’est une belle histoire d’amour...)
 Z.M.
Nous avons reçu de la part de la Sûreté générale un droit de réponse à l’article « Je veux voir » de Ziyad Makhoul, publié dans l’édition du 4 mai dernier, que nous reproduisons in extenso.« Le bouc émissaire...M. Ziyad Makhoul veut voir le film The Attack, de Ziad Doueiri. Tant mieux pour lui. Mais pourquoi se croit-il obligé d’attaquer la Sûreté générale pour cela ? Il semble que ce journaliste à la plume particulièrement acerbe ait besoin d’un bouc émissaire pour diriger contre lui les piques sans lesquelles il ne semble pas pouvoir exister. Mais il s’est trompé de cible. Tout simplement parce qu’il ne prend pas la peine d’enquêter sur le sujet qu’il compte traiter, préférant miser sur son humeur et mettant ses sentiments à la place des faits.Pour la vérité journalistique, et pour...
commentaires (11)

Bon le débat est clos. La sûreté n’a jamais prétendu empêcher la création artistique, et le journaliste Makkhoul, en faisant honnêtement son travail, n’a voulu porter atteinte à aucun service. Ziad Doueiri est un réalisateur confirmé du septième art. A lire aujourd’hui même son interview dans le supplément culturel du quotidien Bruxellois "Le Soir" où il est question du Qatar… grand financier du film. A l’heure, où l’appel en Europe au boycott des produits agricoles ou des universités israéliennes, on ne peut s’étonner du droit de regard de la Ligue arabe qui fait respecter une règle de droit, "Lire Sagi Sinno (olj du 8 mai)Les relations illicites avec l’ennemi…" L’artiste a le privilège de la liberté de choix, et cette liberté n’a pas de limite, ce qui rend désuet le boycott de la ligue arabe dans les faits, pour ne pas dire """caduque""". Mais alors, quel cas fait-on de la livraison de pétrole à Israël ? etc, etc,

Charles Fayad

19 h 00, le 05 juin 2013

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Commentaires (11)

  • Bon le débat est clos. La sûreté n’a jamais prétendu empêcher la création artistique, et le journaliste Makkhoul, en faisant honnêtement son travail, n’a voulu porter atteinte à aucun service. Ziad Doueiri est un réalisateur confirmé du septième art. A lire aujourd’hui même son interview dans le supplément culturel du quotidien Bruxellois "Le Soir" où il est question du Qatar… grand financier du film. A l’heure, où l’appel en Europe au boycott des produits agricoles ou des universités israéliennes, on ne peut s’étonner du droit de regard de la Ligue arabe qui fait respecter une règle de droit, "Lire Sagi Sinno (olj du 8 mai)Les relations illicites avec l’ennemi…" L’artiste a le privilège de la liberté de choix, et cette liberté n’a pas de limite, ce qui rend désuet le boycott de la ligue arabe dans les faits, pour ne pas dire """caduque""". Mais alors, quel cas fait-on de la livraison de pétrole à Israël ? etc, etc,

    Charles Fayad

    19 h 00, le 05 juin 2013

  • Bel article de M Makhoul Cependant, juste un détail qui fut relevé d'ailleurs: "Sûreté générale" n'a pas de nom? Puis dans les pays qui se respectent: la sûreté générale n'existe plus..Du moins, pas sous cette forme qui découpe des journaux, revues ou films.. ou les interdit complètement. C'est comme le poste de "ministre de l'information". Ils devraient supprimer ces 2 là. Puis autre chose: Parlant de "civilisation et culture": Est ce normal qu'une personne étrangère ( je précise bien ...non libanaise...) qui a visité à un moment donné Israel pour diverses raisons.. Lorsque cette personne débarque au liban en provenance d'europe ou ailleurs ( pas d'israel évidemment): Est ce normal de lui interdire l'accès au Liban.??? C'est bien la FAMEUSE SURETE GENERALE qui interdit... C'est quoi cette bêtise plus que grandiose?? Juste parce que la personne a visité pour des raisons professionnelles ce pays voilà quelques mois ou années...La sureté générale interdit l'accès au liban à cause de ce visa israelien ancien....La loi vous me direz ?? Changez la, demandez à la changer.. C'est votre boulot de mettre à jour ce que vous appliquez comme loi..Le ridicule ne tue pas.....Mettez vous à jour les gars !!!!! Même les palestiniens visitant les territoires possèdent un laisser passer israelien...( un visa) ...

    Jean-Pierre EL KHOURY

    18 h 19, le 05 juin 2013

  • Bon , je vous quitte. Je vais revoir encore ce film qui a su parler aux européens et les sensibiliser à la cause palestinienne sans entendre des arabes du Dromadaire Inférieur hurler des slogans de l'époque des : "Nous allons les égorger et manger leurs cœurs" ou des "Nous les exterminerons tous". L'impossible est facile à dire. Le possible a été dit d'une manière magnifique par Ziad Doueyri .

    Saleh Issal

    11 h 17, le 05 juin 2013

  • Ce qui rend malade nos ignares de la Sûreté c'est que le brillant article de Ziad Makhoul a été repris par le "Courrier International". Ces gens là n'apprécient pas que l'on internationalise leur bêtise. Ils la voudraient locale.

    Saleh Issal

    11 h 06, le 05 juin 2013

  • Un écrivain disait : " Celui qui brûle des livres, finira par brûler des hommes. " Au Liban, les Lumières du 8 mars ont commencé par brûler des hommes et s'en prennent maintenant au cinéma : le livre des yeux. Nous ne pouvons oublier que l'écrivain Michel Seurat a été assassiné par le Hezbollah à la demande des services syriens car il avait écrit un livre critique sur le régime syrien. La culture ne fait pas partie des armes de destruction massive du Hezbollah et de ses alliés.

    Saleh Issal

    11 h 03, le 05 juin 2013

  • Encore un droit de réponse transformé en un droit de masquer la vérité et de diffuser de fausses informations !! Le film de Ziad Doueyri n'est pas passé à Cannes ! Ce qui montre combien l'ignare qui a répondu à Ziad Makhoul est peu au courant de la vie de ce magnifique film de Doueyri : les salles à Paris sont pleines et le public applaudit à chaque déroulement du générique à la fin du film. Il ne faut pas être cultivé ou littéraire ou intellectuel pour aimer ce film : il faut être un homme tout simplement. Pas une bête à slogans mensongers comme ceux qui apparaissent dans certains journaux tel le Akhbar ou autres. Cela donne des frissons de savoir que c'est cette Sûreté qui est chargée de la protection des libanais. Le résultat est ce qu'il est : un pays en déliquescence culturelle où l'assassinat remplace le droit de réponse et où le mensonge devient la vérité d'une moitié de peuple de Panurge.

    Saleh Issal

    10 h 56, le 05 juin 2013

  • IL NE FAUT PAS EXAGÉRER ! JE CROIS QUE L'EXPLICATION AVANCÉE EST JUSTE EN CE QUI CONCERNE DU MOINS CETTE INTERDICTION. PAS LES ATTAQUES CONTRE LES ATTAQUES. LES INSTITUTIONS ÉTATIQUES DOIVENT SUIVRE LES RÈGLES ET NON LES SENTIMENTS. RENDEZ A CÉSAR CE QUI LUI APPARTIENT.

    SAKR LOUBNAN

    09 h 10, le 05 juin 2013

  • SUITE : Plus ils se maintiendront, plus leur Arrogant Autoritarisme conduira au Pire. Ils interdiront toute œuvre non-Censurée. Et toute création "libertaire!" pourra être saisie. Ils décrèteront la fermeture de toute "Salle Réfractaire" alors que le Cinéma n'a pu exister dans ce Patelin que grâce Only à 2 petites décennies de Mandat sur ce pays. Tout ceci est plausible, car ils en sont capables ! C’est avec ces éléments qu’on parlera alors d’un effacement de la Libre Pensée dans ce kottor-contrée. Qui passe par leur reproduction falsifiée de toute œuvre "libertaire mahéék, car les Scribes zélés à ces "auto-sécurisés" ont une propension farouche à modifier toute œuvre selon leurs bidulages Sales. Leur Saleté de patte sera une Patte cultuelle "censurielle" avec toutes leurs déblatérations insupportables imbues de pathétique ConFormisme : Simples prédateurs enfouis dans des arrière-salles et/ou cavernes paléolithiques, cafardeuses, sombres et noires malgré tous leurs cierges de deuil. C’est évident, leur époque fébrile exacerbée ne sera l’époque ni de l’Écriture ni de la Création ; car si on filme, c’est pour garder une trace, diffuser le Savoir. Or les Films sont pondus sur de la Pellicule : c’est fragile et peu fiable n'est-ce pas, la Pellicule : Yâ wâïyléhhh ! Ce n’est que le comportement type éhhh Malsain de ce style de Pires Scribes, Sbires purs Archaïques : à vie et pour l'éternité yâ hassértéhhh !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    04 h 28, le 05 juin 2013

  • N'existe-t-il ainsi, aucune "personnalité!" Physique représentant cette "personnalité morale!" appelée "sûreté! générale?", pour apposer sa signature au "Bas" de ce "droit" de Réponse à L'E X C E L L E N T écrit de Monsieur Ziyad Makhoul ? La Hchouma ! ! SUITE plus loin, car on ne pouvait pas s’empêcher de reproduire une précédente "Réaction" à propos du même EXCELLENT article de Monsieur Makhoul. Roûhhh Yâ Ziad, Yâ Jabal Loubnân Mayhézzak Rîhhh !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    04 h 19, le 05 juin 2013

  • Sûreté générale, Ligue arabe ou autres ministères, tous ceux qui ont contribué à la censure de ce film sont des imbéciles totaux.

    Robert Malek

    03 h 01, le 05 juin 2013

  • Cela nous rappelle lorsque Jamil El Siyyed s'attaquait à Samir Kassir.

    Saleh Issal

    01 h 25, le 05 juin 2013

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