Et puis, tout cela a tourné au vinaigre vers 22h30. De gros bras par-ci, d’autres par-là, du style «haddouneh 3anno». Je m’approche pour savoir ce qu’il en est: différend politique à l’origine, du style «nous n’avons pas été prévenus». Je me permets alors de demander ce que vient faire la politique dans cette fête de commémoration, que la politique, on s’en tape. Et mon interlocuteur de renchérir: «On s’en contrefout, en effet.» Bon, que fait-il ici alors? Des chaises volent, etc.
Je la fais courte, l’incident sera oublié dans quelque temps, enterré par d’autres. Par contre, ce pays-Suisse du Moyen-Orient (bon, c’est éculé depuis un bon siècle), modèle de coexistence (message un peu plus récent, repris par les plus hautes instances), laboratoire d’essai pour l’humanité, que sais-je encore, ce pays donc, nourrit ses enfants au biberon de la haine de la différence (pas que religieuse), et les enterre sous six pieds de la même terre, chapeauté qui d’une croix, qui d’un croissant, qui d’une étoile...
Pendant que nos gros bras se frottent, se confortent et se confrontent, d’autres lèvent une coupe de champagne de satisfaction à peine voilée.
La solution? Redonner le pouvoir aux vieux, remettre la fessée au goût du jour. La veille de chaque office religieux, chaque patriarche déculottera ceux de ses descendants qui auront abusé de ce «biberon chargé», les honorera d’une fessée digne de ce nom et leur intimera l’ordre d’aller se purifier qui devant son Dieu par procuration qui sous le soleil de cette autre «Terre sainte».
Paul BAZZAZ


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