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Nos lecteurs ont la parole

Toc-shows politiques

Par Joy AZZI
Plus besoin d’aller au music-hall ou au théâtre ! Fini le cinéma et les dîners au restaurant. À quoi bon sortir quand on a pour se divertir le plus drôle des spectacles, le meilleur des divertissements : les talk-show politiques ? La palette est grande et le choix infini. Toutes les chaînes s’y mettent et tous les hommes politiques se prêtent volontiers à l’exercice. Et quand ils se rencontrent à l’occasion d’un débat télévisé, plutôt qu’un bla-bla prétendument malicieux et finalement convenu, ils en viennent carrément aux mains, procédant, en guise de joute verbale, à de véritables prises de catch, s’envoyant valdinguer dans le décor en carton-pâte du plateau télé, et ce sous le regard éberlué d’un animateur impuissant.
En effet, ce sont toujours les mêmes têtes d’affiche, reprenant la même pièce dramatique et boulevardière qu’ils nous affligent depuis des décennies. Il leur ferait le plus grand bien d’aller fouiller dans d’autres répertoires. Il y a des auteurs merveilleux sur d’autres étagères. Nous n’en pouvons plus de tout ce folklore, ces calembours vaseux et ces meetings pauvres. Nous voulons des idées, des projets, des solutions. Mais, au lieu de cela, nous nous retrouvons avec, en guise de dirigeants, des hommes si peu audibles que l’on finirait par croire qu’ils carburent au mensonge. Il peut neiger des calomnies, pleuvoir de l’hypocrisie, notre manteau est suffisamment épais pour nous protéger des tempêtes politiques. Car oui !
Au Liban, balafrer des boniments aux heures de grandes écoutes n’est plus condamnable, c’est un courant de pensée. Cela finit par nous donner envie de fuir. Fuir ce gouvernement de baltringues aussi désobligeants à la vue qu’à l’oreille, fuir ces discours rébarbatifs et démago, fuir cette contestation grandissante qui gronde partout dans ce pays avide d’antidépresseurs.
Laissons-les, laissons-les à leurs dîners, à discuter, non sans virulence, de la recette du pouvoir dans une bouillabaisse d’idées vides, laissons-les partager leurs cigares en même temps que l’avenir du Liban, laissons-les.
Plus besoin d’aller au music-hall ou au théâtre ! Fini le cinéma et les dîners au restaurant. À quoi bon sortir quand on a pour se divertir le plus drôle des spectacles, le meilleur des divertissements : les talk-show politiques ? La palette est grande et le choix infini. Toutes les chaînes s’y mettent et tous les hommes politiques se prêtent volontiers à l’exercice. Et quand ils se rencontrent à l’occasion d’un débat télévisé, plutôt qu’un bla-bla prétendument malicieux et finalement convenu, ils en viennent carrément aux mains, procédant, en guise de joute verbale, à de véritables prises de catch, s’envoyant valdinguer dans le décor en carton-pâte du plateau télé, et ce sous le regard éberlué d’un animateur impuissant.En effet, ce sont toujours les mêmes têtes d’affiche, reprenant la même...
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