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Lifestyle - Société

Les fanas de machines à écrire font de la résistance

À l’ère de l’iPad et de la rapidité, certains tentent de revenir aux sources.

Dans son atelier, Ermanno Marzorati a restauré les machines à écrire ayant appartenu à Ian Fleming – le créateur de James Bond –, Ernest Hemingway, Orson Welles ou John Lennon.  Joe Klamar/AFP

Dans son atelier, Ermanno Marzorati bichonne des antiquités : des machines à écrire qui ont parfois appartenu à des écrivains ou des célébrités et que les collectionneurs s’arrachent, célébrant un culte de la lenteur, incongru à l’ère d’Internet et de l’iPad. L’Italien âgé de 68 ans, qui vit à Los Angeles depuis 1969, a restauré les machines à écrire ayant appartenu à Ian Fleming – le créateur de James Bond –, Tennessee Williams, Ray Bradbury, Ernest Hemingway, Orson Welles ou John Lennon. « Sur celle-là, Welles a écrit Citizen Kane », sourit-il en montrant la photo d’une Underwood rouge. « Elle était totalement détruite quand je l’ai reçue. »
Propriétaire d’une impressionnante collection, l’homme d’affaires Steve Soboroff explique « adorer » l’idée que « des auteurs, des célébrités, ont passé tant de temps sur ces machines ». « Ce sont des objets tellement personnels. Il n’y en a qu’une ayant appartenu à chacune de ces stars », ajoute celui qui est le principal client d’Ermanno Marzorati, dont l’atelier est encombré de vieilles imprimantes, de machines à écrire ou de machines à calculer mécaniques.
Le Milanais travaille actuellement sur une Underwood datant de 1930 appartenant à Tom Hanks, lui aussi fana de ces antiquités. Il a même dédié à son client le plus célèbre une étagère entière, sur laquelle une dizaine de machines attendent d’être réparées. Au total, Ermanno Marzorati a quelque 60 machines en attente d’être réparées dans son atelier. « J’ai du travail pour six mois... », sourit-il – quelque chose d’inimaginable il y a encore trois ans. « Les collectionneurs constituent une exception, la plupart des machines que je répare sont pour des clients qui vont s’en servir », explique-t-il : « J’ai l’impression que certains commencent à en avoir marre de toute la technologie qui nous entoure, des iPhones, des appareils électroniques. Ils veulent revenir aux fondamentaux. »
Mais pourquoi donc choisir aujourd’hui d’utiliser un clavier dur et peu pratique et se priver de la possibilité de corriger, copier-coller, effacer, réécrire si facilement ? « Parce que cela t’oblige à aller lentement », répond Ermanno Marzorati. « Il faut bien choisir ses mots, parce qu’on ne peut pas les corriger. Cela prend beaucoup de temps d’appuyer sur une touche. » Christopher Lockett, réalisateur et documentariste indépendant, est précisément de cet avis. De temps à autre, il emporte sa machine à écrire dans son sac et va taper à l’air libre dans le parc Griffith, en plein cœur du quartier branché de Los Feliz, à Los Angeles. « Il n’y a pas de fenêtre qui s’ouvre pour chatter, tu ne peux pas écouter de musique... », énumère celui qui a réalisé l’an passé un documentaire à la gloire de ces vieilles machines, The Typewriter in the 21st Century (La Machine à écrire au XXIe siècle). « J’éteins mon iPhone, je sors ma machine, je fais abstraction des erreurs et j’écris, pa pa pa pa pa, ding ! » lance-t-il, imitant le bruit caractéristique qui marque l’arrivée au bout d’une ligne. « Vu le nombre de romans importants du XXe siècle dont elles sont responsables, je me suis dit que si les machines à écrire sont en train de disparaître, elles méritaient une soirée d’adieux digne de ce nom », explique-t-il à propos de son documentaire, actuellement sur les écrans des cinémas indépendants à Los Angeles. Sur Internet, forums de collectionneurs ou blogs dédiés pullulent et un jeune inventeur vend même sur son site des machines à écrire connectées à des iPads. « Personne dans mon film ne dit que ce doit être la seule manière de travailler », souligne Christopher Lockett. « On veut seulement défendre un objet que tout le monde jette à la poubelle. »

(Source : AFP)
Dans son atelier, Ermanno Marzorati bichonne des antiquités : des machines à écrire qui ont parfois appartenu à des écrivains ou des célébrités et que les collectionneurs s’arrachent, célébrant un culte de la lenteur, incongru à l’ère d’Internet et de l’iPad. L’Italien âgé de 68 ans, qui vit à Los Angeles depuis 1969, a restauré les machines à écrire ayant appartenu à Ian Fleming – le créateur de James Bond –, Tennessee Williams, Ray Bradbury, Ernest Hemingway, Orson Welles ou John Lennon. « Sur celle-là, Welles a écrit Citizen Kane », sourit-il en montrant la photo d’une Underwood rouge. « Elle était totalement détruite quand je l’ai reçue. »Propriétaire d’une impressionnante collection, l’homme d’affaires Steve Soboroff explique « adorer » l’idée que « des auteurs, des...
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