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Liban

Le président réaffirme qu’il n’acceptera pas d’être reconduit à la tête de l’État

Dans un entretien accordé à la chaîne du Futur, le chef de l’État Michel Sleiman a fait le point sur la situation qui prévaut actuellement dans le pays, effectuant un tour d’horizon sur son action politique et ses prises de position depuis le début de son mandat.
Dès les premiers jours de sa présidence, le président, une personnalité considérée comme consensuelle par excellence, a affirmé avoir fait face aux pressions exercées de part et d’autre, chaque camp politique essayant de l’attirer dans son giron.
« J’ai été choisi comme président consensuel, mais dès le second jour de mon élection, je ne l’étais plus pour les différents camps en présence », a déclaré M. Sleiman, affirmant qu’il a dû faire face, dès le début de son mandat, aux tiraillements générés par la polarisation aiguë de la scène politique.
M. Sleiman a réitéré son objection de principe concernant le renouvellement de la législature, assurant qu’il intentera un recours en invalidation de toute décision de prorogation qui dépasserait les 6 mois et qui n’est pas conditionnée par la tenue des élections à la fin de ce délai. Pour le chef de l’État, quelles que soient les failles qui entourent l’échéance électorale, le scrutin est préférable à toutes les autres options.
M. Sleiman a assuré, à plus d’une reprise, qu’il n’approuvait pas sa reconduction à la tête de l’État, d’autant, a-t-il dit, qu’il deviendra l’otage de ceux qui l’auraient réélu. « Comment accepter le renouvellement de mon propre mandat alors que j’ai refusé le renouvellement du mandat des parlementaires », s’est-il demandé.
Le chef de l’État, qui n’a ménagé à aucun moment les politiques, leur faisant assumer implicitement la dégradation de la situation, a critiqué le système des quotes-parts, et le recul de la démocratie dans le pays, invitant les Libanais à demander des comptes aux politiques et à la jeunesse à aiguiser son sens critique.
La naissance du gouvernement ne saura se faire sous la pression, a-t-il assuré, rappelant que la décision à ce sujet ne dépend pas de lui seul, mais également de celle du Premier ministre désigné.
À la question de savoir s’il y a un risque d’une réédition des événements du 7 mai 2008, liée notamment à la constitution du gouvernement, il a répondu : « Je ne prends pas de décisions motivées par la peur. » Le chef de l’État, qui a laissé entendre qu’il y aurait une possibilité que les élections aient lieu en septembre, a assuré que le gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes ne s’éternisera pas.
Sa visite à Ersal, a-t-il dit, a été motivée par le fait que l’attaque qui a visé l’armée « rappelle étrangement celle de Nahr el-Bared ». Par la suite, M. Sleiman reconnaîtra que cette visite était une réponse à l’ultimatum lancé par l’ASL, qui lui avait donné 24 heures pour empêcher le Hezbollah de poursuivre ses combats en Syrie. « Le président de la République ne reçoit des menaces de personne », a-t-il tranché.
Rappelant que la paix civile n’est pas l’œuvre des services de sécurité, mais le fruit d’efforts entrepris par la population, il a indiqué, en évoquant la situation à Tripoli, que l’armée, dont il a vanté la cohésion, ne peut que tenter de contenir la sécurité.
M. Sleiman a par ailleurs défendu avec virulence les bienfaits du centrisme qu’il incarne, le présentant comme étant un juste équilibre dans un pays tiraillé par la polarisation. « J’aurais tant souhaité que les politiques puissent faire l’expérience de ce centrisme et le sentiment de dignité qui en découle », a-t-il indiqué, rappelant que son choix pour cette prise de position a été en partie influencé par son expérience au sein de l’institution militaire, « le lieu de la modération par excellence ».
« Le centrisme est dans l’intérêt même des chrétiens », a ajouté M. Sleiman, en réponse à son refus de la loi du Rassemblement orthodoxe, qui « contredit la coexistence, à la base de l’équation libanaise ».
Et le chef de l’État de se dire heureux de voir que ce sont les musulmans qui veulent maintenir ce principe de convivialité entre les différentes composantes libanaises, mettant en garde contre le risque d’encourager, à l’avenir, des extrémistes issus des communautés musulmanes. Il a rappelé aussi que l’amendement des prérogatives du président de la République, par exemple, « est plus important que l’élection de députés chrétiens sur la base de la loi orthodoxe ».
Reconnaissant le rôle qu’a joué Bachar el-Assad lors de son accession à la tête de l’armée libanaise et l’influence que le régime syrien avait sur l’institution militaire, il a affirmé : « Si le régime syrien détenait effectivement un certain pouvoir au Liban, cela ne veut pas dire que c’est une bonne chose. » Interrogé sur son revirement à l’égard de son « ancien ami », le président a répondu : « La fidélité n’a pas sa place dans les relations entre les États. Moi, je mets l’amitié que je voue au président Bachar au profit de mon peuple. »
Réitérant son refus catégorique de toute la participation du Hezbollah aux combats en Syrie, le chef de l’État a lancé un appel au secrétaire général du parti chiite, l’invitant à « reconsidérer le principe de la résistance en Syrie. La résistance doit être au service du Liban uniquement », a-t-il dit, avant de rappeler que celle-ci ne peut agir en dehors d’une décision libanaise.
M. Sleiman, qui a dit « comprendre sur le plan affectif » l’implication du parti de Dieu en Syrie, a toutefois affirmé que cela ne peut être accepté dans une logique étatique, encore moins du point de vue de la légalité internationale. À ce sujet, il a exprimé sa préférence pour le remplacement de la formule « armée-peuple-résistance » par une nouvelle stratégie de défense et la réaffirmation de la déclaration de Baabda.
Le chef de l’État, qui a reconnu qu’il est actuellement boycotté par certains membres du Hezbollah à cause de ses prises de position, a espéré que le parti puisse dorénavant lui adresser ses critiques directement « et non par le biais d’intermédiaires, indignes d’une telle mission ». Le président a été tout aussi ferme au sujet de l’appel lancé par Hassan Nasrallah pour aller combattre au Golan. « Si n’importe quel incident devait survenir au Golan, qu’est-ce qui garantit qu’Israël ne s’en prendra pas au Liban en guise de riposte », s’est-il enfin demandé.
Dans un entretien accordé à la chaîne du Futur, le chef de l’État Michel Sleiman a fait le point sur la situation qui prévaut actuellement dans le pays, effectuant un tour d’horizon sur son action politique et ses prises de position depuis le début de son mandat. Dès les premiers jours de sa présidence, le président, une personnalité considérée comme consensuelle par excellence, a affirmé avoir fait face aux pressions exercées de part et d’autre, chaque camp politique essayant de l’attirer dans son giron. « J’ai été choisi comme président consensuel, mais dès le second jour de mon élection, je ne l’étais plus pour les différents camps en présence », a déclaré M. Sleiman, affirmant qu’il a dû faire face, dès le début de son mandat, aux tiraillements générés par la polarisation aiguë de la...
commentaires (3)

Ils disent tous ça mais à l'instant T ils finissent, la mort dans l’âme, dans la nôtre plutôt, par rempiler pour un autre mandat. Bien sûr pour sauvegarder le Liban. La bonne blague!

Tina Chamoun

10 h 17, le 30 mai 2013

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Commentaires (3)

  • Ils disent tous ça mais à l'instant T ils finissent, la mort dans l’âme, dans la nôtre plutôt, par rempiler pour un autre mandat. Bien sûr pour sauvegarder le Liban. La bonne blague!

    Tina Chamoun

    10 h 17, le 30 mai 2013

  • Voilà ! C'est comme cela que l'on gouverne. En prenant des positions claires. Contre l'affaiblissement de l'Etat et de l'armée par le Hezbollah. Contre l'implication du Hezbollah dans la guerre en Syrie. Contre la formule-mensonge "peuple-armée-résistance". Un président très courageux et très digne.

    Halim Abou Chacra

    05 h 14, le 30 mai 2013

  • "Reconnaissant le rôle qu’a joué Bachar el-Assad lors de son accession à la tête de l’armée libanaise, et interrogé sur son revirement à l’égard de son « ancien ami », le président a répondu : La fidélité n’a pas sa place dans les relations entre les États. Moi, je mets l’amitié que je voue au président Bachar au profit de mon peuple." ! Non merci Monsieur, gardez cette amitié que vous vouez au Monchâr pour vous, et ne la flanquez pas sur le dos du Peuuuple libanais Svp. Merci beaucoup, pas encore ce coup-ci !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    02 h 56, le 30 mai 2013

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