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Nos lecteurs ont la parole

Remarques sur la loi électorale

Par Khalil CHEHADÉ
Durant les six derniers mois, les Libanais ont assisté à une longue mascarade à propos de la loi électorale. De longues discussions auxquelles tous les hommes politiques et religieux ont participé. Cette – très longue – tragi-comédie a montré à quel point la démocratie fait encore face à des obstacles majeurs au Liban alors qu’une longue prolongation du mandat du Parlement se dessine de plus en plus à l’horizon. Sur ce, à la lumière de la Constitution libanaise et des principes démocratiques qui sont censés régir notre pays, je fais part de mes quatre remarques majeures au sujet de la loi électorale :
1- Rien ne justifie une prolongation du mandat du Parlement même pour un jour à part une force vraiment majeure comme une guerre dans tout le pays ou un grand désastre naturel comme un terrible tremblement de terre. À part ces quelques cas extrêmes, aucune prolongation du mandat parlementaire n’est légale ou constitutionnelle. D’ailleurs, en vertu de quel principe ou loi, 128 députés se réunissent-ils et se mettent-ils d’accord pour prolonger leur pouvoir au-delà de la limite temporelle que leur peuple leur a donnée ? Proroger le mandat que le peuple a octroyé à ses députés ? Quelle énorme pratique antidémocratique, indigne d’un pays soi-disant démocratique depuis l’indépendance. De ce fait, c’est encore plus déroutant de remarquer qu’une prolongation de deux ans aurait, d’après les rumeurs, été discutée.
2-Rien ne justifie la nécessité que la loi électorale soit adoptée pratiquement à l’unanimité. Cette obsession de toujours vouloir aboutir à un consensus de toutes les forces politiques freine catégoriquement toute décision majeure et rend le Liban un pays constamment voué à l’échec politique. Une loi électorale a besoin, comme toute loi d’ailleurs, d’une majorité simple de parlementaires pour être adoptée. En d’autres termes, si 65 députés se mettent d’accord sur un projet de loi électorale, ils ont le droit (et j’insiste sur le mot « droit ») de se réunir et de faire adopter cette loi. Par contre, insister à vouloir absolument parvenir à un consensus est contraire à la démocratie propre de notre pays et au droit de tous 65 députés réunis de faire élire une loi. D’ailleurs, que se passerait-il si les 128 députés ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur un projet de loi uni pendant dix ans par exemple ? Le Parlement prolongerait constamment son mandat pendant dix ans ?
3- Il est très irritant de remarquer que pendant six mois, les forces politiques du pays, et par conséquent les députés libanais, n’ont débattu que de loi électorale. C’est comme si tout le processus politique s’était arrêté pour discuter cette fameuse loi. Alors que tellement de lois pourraient être débattues pour améliorer la vie quotidienne des Libanais. Sur le seul sujet des droits des femmes dans ce pays, il existe plusieurs idées de lois qui pourraient donner les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes : le droit des Libanaises d’octroyer la nationalité libanaise à leurs enfants ou le droit d’être protégées des violences conjugales. Dans ce contexte, il est bon de noter que même avant ses six mois d’intenses négociations au sujet de la loi électorale, les députés Libanais avaient fait preuve d’une incroyable paresse au vu du très faible nombre d’heures passées au Parlement à questionner le gouvernement sur sa politique économique, sociale ou d’affaires étrangères ou bien au vu du très faible nombre de lois débattues et adoptées durant ces quatre dernières années. Il est bon de noter aussi que cette pratique que bon nombre de députés a à passer plus de temps à l’étranger (voire tout le temps) qu’au Liban est simplement irrespectueuse envers les électeurs qui les ont fait élire.
4- Une approche saine et démocratique aurait voulu que les blocs parlementaires se concertent entre eux sur les projets de loi électorale. À plusieurs mois de la date supposée des élections, les députés se réuniraient au Parlement et voteraient sur les différents projets de loi proposés. La loi qui obtiendrait une majorité de voix serait ainsi adoptée pour les prochaines élections parlementaires.
Ainsi se disputent les « leaders politiques » dans notre pays pour des miettes de sièges parlementaires, pour un député par-ci ou un autre par -là sans discuter des réformes profondes dont notre nouvelle loi électorale a besoin, comme le « papier unifié » ou le droit de votes pour les Libanais résidant à l’étranger. Bonnes élections 2013 ou peut-être 2014, voire 2015 !
Durant les six derniers mois, les Libanais ont assisté à une longue mascarade à propos de la loi électorale. De longues discussions auxquelles tous les hommes politiques et religieux ont participé. Cette – très longue – tragi-comédie a montré à quel point la démocratie fait encore face à des obstacles majeurs au Liban alors qu’une longue prolongation du mandat du Parlement se dessine de plus en plus à l’horizon. Sur ce, à la lumière de la Constitution libanaise et des principes démocratiques qui sont censés régir notre pays, je fais part de mes quatre remarques majeures au sujet de la loi électorale :1- Rien ne justifie une prolongation du mandat du Parlement même pour un jour à part une force vraiment majeure comme une guerre dans tout le pays ou un grand désastre naturel comme un terrible tremblement de...
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