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Moyen Orient et Monde - Iran

Ahmadinejad conteste l’exclusion de son candidat à la présidentielle

Rafsandjani et Mashaïe écartés, le pouvoir est offert aux conservateurs.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a contesté hier l’exclusion de l’un de ses proches de la course à la présidentielle par une instance conservatrice, qui a écarté plusieurs candidats potentiellement encombrants pour le régime. M. Ahmadinejad a affirmé hier qu’il en appellerait au guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, pour repêcher Esfandiar Rahim Mashaïe, un de ses plus proches collaborateurs. Seul l’ayatollah peut demander au Conseil des gardiens de réexaminer une candidature. « Je considère M. Mashaïe comme un bon croyant, qualifié et utile pour le pays, et je l’ai présenté comme candidat pour cela, mais il a été victime d’une injustice », a affirmé M. Ahmadinejad selon le site Internet de la présidence. Le président, qui ne peut pas briguer un troisième mandat successif, n’ira toutefois pas jusqu’à la confrontation. Il a demandé à ses partisans d’être « patients », affirmant qu’« avec la présence du guide suprême, il n’y aura pas de problème dans le pays ». M. Mashaïe, jugé trop libéral et éloigné des « valeurs » de la République islamique, est accusé d’avoir entraîné M. Ahmadinejad dans plusieurs confrontations avec le guide.


Akbar Hachémi Rafsandjani a au contraire fait savoir qu’il ne contesterait pas la décision des « Sages ». Âgé de 78 ans, l’actuel président du Conseil de discernement, la plus haute autorité d’arbitrage politique, « fait partie des piliers du régime et il le restera, si Dieu le veut », a déclaré son directeur de campagne, Es-Hagh Jahanguiri, cité par l’agence ISNA. La fille aînée de M. Rafsandjani, Fatemeh, citée par le site Internet d’opposition Kaleme.com, a critiqué le « prétexte » de l’âge retenu pour disqualifier son père. Le député conservateur Ali Motahari a appelé le guide à publier un « décret d’État » afin de réinstaller M. Rafsandjani dans la course. L’aile dure du régime lui reproche notamment son soutien aux manifestations après la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009. Selon le porte-parole du Conseil des gardiens, Abbas Ali Kadkhodaïe, « la condition physique » des candidats a été prise en compte dans sa décision.

 

(Repère : La présidentielle en huit questions)


La décision du Conseil des gardiens de la Constitution, organe chargé de valider les candidatures au scrutin du 14 juin, ouvre la voie à plusieurs personnalités fidèles au guide suprême, dont les proches contrôlent déjà le pouvoir judiciaire et le Parlement. Elle affaiblit également encore un peu plus les conservateurs modérés et les réformateurs qui, sans l’ex-président Rafsandjani (1989-97), n’ont plus de candidats de premier plan. De l’avis des experts, l’ayatollah Khamenei souhaite aujourd’hui que le nouveau président soit plus docile que le turbulent Mahmoud Ahmadinejad, avec lequel ses relations se sont fortement tendues.


En attendant, la France a dénoncé ces invalidations qui illustrent « l’ampleur du verrouillage du système » alors que « le peuple iranien doit choisir librement ses dirigeants ». Les États-Unis avaient auparavant fustigé les « vagues critères » de disqualification. La disqualification de M. Rafsandjani « va créer des divisions dans les cercles religieux et politiques », a commenté pour sa part l’analyste Mohammad Sedghian. Au total, huit personnalités, dont cinq conservateurs, deux modérés et un réformateur, ont été autorisées à participer à la présidentielle.

 

Parmi les conservateurs, les chances de l’actuel négociateur en chef du dossier nucléaire iranien, Saïd Jalili, semblent désormais plus grandes. « Il est plus conservateur que les autres, croit davantage aux valeurs révolutionnaires et est plus lié aux preneurs de décisions au sein du pouvoir », explique Mohammad Sedghian. M. Jalili a rencontré mardi plusieurs dignitaires religieux dans la ville sainte de Qom, haut lieu du chiisme iranien. « En politique étrangère, si on a eu des succès, cela a été grâce à la résistance et non à la politique de compromission », a-t-il affirmé. Il doit aussi tenir compte de la candidature de Mohammad Bagher Ghalibaf qui peut se prévaloir de son bilan comme maire de Téhéran depuis 2005 et comme ancien chef de la police et commandant militaire. Face aux conservateurs, les candidats modérés et réformateurs ne font pas le poids. Le plus connu, Hassan Rohani, est un religieux proche de M. Rafsandjani et ancien responsable des négociations nucléaires au début des années 2000. Le réformateur Mohammad Reza Aref, vice-président sous Mohammad Khatami, n’a quant à lui jamais brillé sur la scène politique.

 

 

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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a contesté hier l’exclusion de l’un de ses proches de la course à la présidentielle par une instance conservatrice, qui a écarté plusieurs candidats potentiellement encombrants pour le régime. M. Ahmadinejad a affirmé hier qu’il en appellerait au guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, pour repêcher Esfandiar Rahim Mashaïe, un de ses plus proches collaborateurs. Seul l’ayatollah peut demander au Conseil des gardiens de réexaminer une candidature. « Je considère M. Mashaïe comme un bon croyant, qualifié et utile pour le pays, et je l’ai présenté comme candidat pour cela, mais il a été victime d’une injustice », a affirmé M. Ahmadinejad selon le site Internet de la présidence. Le président, qui ne peut pas briguer un troisième...
commentaires (8)

"Son" candidat ? Bien sûr, au concours des Meilleures Marchands de Quatre Saisons.

Antoine-Serge KARAMAOUN

13 h 46, le 24 mai 2013

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Commentaires (8)

  • "Son" candidat ? Bien sûr, au concours des Meilleures Marchands de Quatre Saisons.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    13 h 46, le 24 mai 2013

  • DÉMOCRATIE " A LA PERSE(CÉE) " OBLIGE ! MOSSIEUR AHMADINEJAD...

    SAKR LOUBNAN

    20 h 52, le 23 mai 2013

  • LA DÉMOCRATIE PERSANE DES AYATOLLAHS, UN MODÈLE A SUIVRE PARTOUT DANS LE MONDE ! QUELLE LIBERTÉ DE PENSÉE, D'EXPRESSION ET D'ACTION... VOILÀ ! C'EST CA LA VRAIE DÉ... MO(O)... CRATIE...

    SAKR LOUBNAN

    20 h 07, le 23 mai 2013

  • Pourquoi pas contester, après tout, c'est démocratique et tant d'Iraniens pensent qu'Ahmadinejad a beaucoup donné à l'Iran. N'oublions pas au passage de signaler que l'Iran est un exemple à suivre pour les pays qui l'entourent et pour pas mal d'endroits dans le monde. Il a su savamment et incroyablement (pour moi c'est un miracle... comme quoi ça existe!), bien associer théocratie et démocratie en définissant de manière incroyablement précise les frontières et les rôles hiérarchique de chacune de ces 2 entités, nées pour se contredire à première vue. c'est aussi un véritable échec, de par sa proximité et sa ressemblance religieuse, aux régimes obscurantistes des riches.. en argent et hydrocarbures seulement hélas, musulmans qui l'entourent.

    Ali Farhat

    16 h 49, le 23 mai 2013

  • Quelle preuve de démocratie, rien à voir avec celle du désert wahaboqatarosalafoqaidaanosracanobalo/turc, allié des sio et qui veut donner des leçons aux autres.

    Jaber Kamel

    11 h 13, le 23 mai 2013

  • Bon ..., c'est pas grave un nul de plus ou un nul en mois ...le calcul binaire fonctionné quand même...

    M.V.

    10 h 53, le 23 mai 2013

  • Si c'est un "bon croyant", il n'est certainement pas utile pour le pays.

    Saleh Issal

    07 h 13, le 23 mai 2013

  • Bien fait pour son faciès.

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    02 h 34, le 23 mai 2013

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