Le président de la Banque centrale américaine, Ben Bernanke, hier lors de son audition au Congrès. Alex Wong/Getty Images/AFP
Lors d’une audition au Congrès, il n’a donné aucune indication laissant transparaître la volonté de la Banque centrale de ralentir le rythme de ses rachats d’actifs, mettant en avant le coût élevé du chômage et d’un ralentissement de l’inflation en dessous de l’objectif fixé par la Fed. « La politique monétaire apporte des avantages significatifs », a-t-il dit, évoquant la bonne tenue des dépenses de consommation dans l’automobile et l’immobilier, ainsi que l’augmentation des revenus des ménages. « La politique monétaire a également contribué à compenser les pressions déflationnistes et a empêché l’inflation de baisser encore plus rapidement sous l’objectif à plus long terme de 2 % (de la Fed) », a-t-il ajouté.
Dans le cadre de sa politique d’assouplissement quantitatif (« quantitative easing », ou QE), la Banque centrale américaine consacre pour l’instant 85 milliards de dollars (66 milliards d’euros) par mois à acheter des bons du Trésor et des prêts immobiliers titrisés sur les marchés, afin de faire baisser les taux d’intérêt et de soutenir l’activité économique et l’emploi.
Toutefois, la baisse récente du taux de chômage aux États-Unis, à 7,5 % en avril contre 8,1 % l’été dernier, a ravivé les craintes de voir la Fed réduire, voire interrompre ces achats au cours des prochains mois.
Ben Bernanke a rassuré Wall Street et fait brièvement reculer le dollar en soulignant qu’un resserrement prématuré de la politique monétaire comporterait des risques importants. « Un resserrement prématuré de la politique monétaire pourrait entraîner une hausse temporaire des taux d’intérêt, mais il comporte aussi des risques importants de ralentissement ou d’interruption de la reprise et de déclenchement d’une nouvelle baisse de l’inflation », a-t-il ainsi expliqué.
Le président de la Fed a également rappelé que la Banque centrale était prête à augmenter comme à réduire le rythme de ses achats d’actifs en fonction de la conjoncture, comme elle l’avait annoncé à l’issue de son dernier comité de politique monétaire. « Lors de sa dernière réunion, le comité avait clairement indiqué qu’il était prêt à augmenter ou à réduire le rythme de ses rachats d’actifs afin de s’assurer que la politique monétaire reste adaptée à l’évolution des perspectives du marché de l’emploi et de l’inflation », a-t-il dit.
Ben Bernanke a redit que la Fed poursuivrait ses achats d’actifs jusqu’à ce que le marché du travail se soit amélioré « significativement », ajoutant que, lorsque le temps viendrait de lever le pied, il ne serait pas forcément nécessaire de vendre des actifs et que la Fed pourrait aussi bien laisser les titres qu’elle a en portefeuille arriver à maturité. Il a ajouté que certains vents contraires avaient commencé à se dissiper, notamment sur le marché immobilier et en Europe.
L’économie américaine a connu une croissance de 2,5 % en rythme annualisé au premier trimestre, après une année 2012 très morose. Quant au chômage, il reste, a noté Ben Bernanke, « nettement au-dessus de son niveau normal à plus long terme ».
La prochaine réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) est prévue les 18 et 19 juin.
(Source : Reuters)

