Les pages connectées sont repérables grâce à une petite icône qui permet à la page scannée d’être reconnue et de déclencher sur l’appareil le contenu associé.
Ainsi, grâce à une simple application gratuite, «L’Express-Connect», le lecteur peut scanner la page 5 de l’hebdomadaire daté du 15 mai, et visionner «l’édito de Christophe Barbier» en vidéo sur son Smartphone. La page 61 renvoie vers un dossier sur l’affaire Cahuzac, tandis que la 119 propose la bande-annonce du film Gatsby le Magnifique, présenté en ouverture du Festival de Cannes.
Les pages «connectées», entre 10 et 20 par numéro, sont repérables grâce à une petite icône. La technologie, développée en externe par la start-up française Moodstocks, permet à la page scannée d’être reconnue et de déclencher sur l’appareil le contenu associé.
«Jusqu’à présent, le papier renvoyait les gens vers le site Internet et peu le faisaient car avec Internet, il faut que ce soit simple d’utilisation. Cet outil est idéal pour avoir un vrai lien physique entre le papier et Internet», explique à l’AFP Éric Mettout, directeur adjoint de la rédaction, en charge du numérique à L’Express.
«Aujourd’hui, il faut télécharger une application à part. Mais si l’expérience est concluante, on réintégrera tout cela dans notre application principale», détaille Raphaël Labbé, directeur de l’innovation du groupe belge de médias, qui édite notamment L’Express.
C’est le choix fait dès le départ par un des premiers titres à se lancer dans ce domaine : le quotidien gratuit 20 Minutes et ses 2,3 millions de téléchargements de l’application au moment du lancement officiel le 3 avril.
«Cette intégration a induit une utilisation très importante», indique-t-on à 20 Minutes, qui ne souhaite pas encore donner de chiffres sur l’utilisation du papier «augmentée» tout en parlant de «retours très positifs».
«Notre volonté n’est pas de proposer une fonctionnalité gadget, mais bien de renforcer la convergence entre les différents supports», expliquait alors Olivier Bonsart, président et directeur de la publication de 20 Minutes, qui estimait que le journal papier devenait ainsi «une véritable homepage» (page d’accueil Internet).
Quasi simultanément, Le Figaro a lancé cette même fonction, à travers l’application externe «Figaro Play», téléchargée «quelques dizaines de milliers de fois», explique Pascal Pouquet, directeur des nouveaux médias.
«On est encore en phase d’apprentissage, mais ça nous paraissait une transformation de la nature du journal qui était intéressante dans le cadre de notre grand plan de développement de la vidéo», ajoute-t-il en insistant sur la nécessité de choisir des sujets «augmentés» qui soient visuels.
«Sur les articles “jus de crâne”, sur la parité euro-dollar, ça n’a pas d’intérêt de mettre de la vidéo, mais sur les débordements à Paris après le titre du PSG, c’était évident», estime Pascal Pouquet.
20 Minutes et Le Figaro font appel à la société Redchift, basée à Paris.
Le modèle est aussi adapté aux publicités imprimées dans les journaux et les quotidiens, avec, à la clé, des sources de revenus supplémentaires potentiels pour les éditeurs de presse, confrontés à l’érosion des ventes et à la baisse de la publicité.
À L’Équipe, qui a choisi d’intégrer la fonction à l’application principale «L’Equipe.fr», téléchargée 4,7 millions de fois, on propose plusieurs rendez-vous hebdomadaires, comme des résumés de matches de Ligue 1.
«Ce marché publicitaire est très important car il nous permet de générer de l’espace additionnel par rapport à un produit fini qui est un journal de 22 pages. D’autant que cet espace peut être animé en vidéo», explique à l’AFP Xavier Audebert, le directeur marketing.

