«Bikini Contest», (70 x 80 cm).
Pour Hussein Madi, touche-à-tout inspiré et enfant du Sud né à Chebaa, l’art a certainement un habit polymorphe et aux couleurs de l’arc-en-ciel. Peintre, sculpteur, graveur, graphiste et dessinateur, Hussein Madi, traqueur impénitent des formes, des volumes et des couleurs, se donne une pause récréative et ludique. Dans la cour des grands, bien entendu.
Riche d’une carrière à succès de presque un demi-siècle, auréolé de nombreux prix et récompenses, il taille aujourd’hui dans le papier et le carton pour reconstruire un univers chaleureux, confiant, souriant. Un univers qui jette tendrement un pont entre ses personnages marottes ou fétiches et sa mythologie artistique personnelle. Prolongation d’un univers qui a déjà un cousinage et des exercices de style dans la peinture, le dessin et la sculpture.
Un monde fait d’une extrême simplicité avec des oiseaux qui pépient, des grenades au cœur fermé ou ouvert, des fleurs dans un vase, des taureaux aux naseaux fumants, des chevaux au galop aérien et des femmes fessues aux galbes opulents...
Dans une atmosphère joyeuse, presque festive, ce petit monde s’échappe allègrement aux ciseaux et aux rasoirs qui coupent et découpent du papier en ombre chinoise. Un papier coloré à l’acrylique dans des tonalités aux contrastes certes subtiles mais nettes et franches. Comme celles des enfants émerveillés par l’exubérance des crayons de couleurs qui jettent un coup de magie sur le blanc du papier.
Des plus petites dimensions (50 cm x 40 cm) aux plus grandes (70 cm x 80 cm), les collages de Madi ont l’allure d’un théâtre au lever de rideau pimpant. Ça jacasse, ça bouillonne, ça respire la vie, sa fièvre et son agitation.
Les oiseaux ont des becs ouverts comme des bouches bavardes et les grenades ont des chants mystérieux comme la promesse de fruits succulents... Ils sont là, sagement juxtaposés les uns aux autres, comme des musiciens dans le charivari d’un prova d’orchestra, pour un concert inédit.
Les fleurs, coquelicots délicats aux tiges plongeant dans une eau aussi transparente que le vase qui les enserre, s’ouvrent en toute innocente quiétude à la clarté du jour.
Les taureaux sont lâchés dans l’arène des tableaux, mais sans corrida sanguinaire ! Tout comme ces fringants chevaux alezans d’une chevauchée fantastique sans cavaliers.
Sensualité coquine et gentiment égrillarde avec ces femmes dénudées, portant bikinis et jarretières sur des cuisses rondouillardes. Tailles de guêpe et culottes de cheval en jambonneau exhibées sans complexe, avec un délicieux sens de l’humour, comme pour un polisson geste de pincer des fesses provocantes... Rose rouge entre les dents ou harnachement à la Joséphine Baker, chapeautées ou étrangement coiffées, les femmes de Madi, tout en ayant du chien, sont tout simplement truculentes et drôles.
Une exposition hommage à la vie, à la nature, à nos amis les bêtes et à la femme, notre plus belle compagne. En toute lumière et simplicité.
Même si c’est répétitif, même s’il y a là l’impression d’un déjà-vu, voilà des images radieuses et rayonnantes, avec toujours un soupçon de nouveauté et d’originalité (dans la conception et l’architecture) de la part d’un jeune homme aux cheveux blancs et au talent sûr. Une belle leçon de jeunesse d’esprit de la part d’un septuagénaire au mordant de gosse qui n’a pas fini de croquer la vie à belles dents.
*Galerie Aïda Cherfane (place de l’Étoile, au centre-ville) jusqu’au 31 mai.
Riche d’une carrière à succès de presque un demi-siècle, auréolé de nombreux prix et récompenses, il taille aujourd’hui dans le papier et le carton pour reconstruire un univers chaleureux, confiant, souriant. Un univers qui jette tendrement un pont entre ses personnages marottes ou fétiches et sa mythologie artistique personnelle. Prolongation d’un univers qui a déjà un cousinage et des exercices de style dans la peinture, le dessin et la sculpture.Un monde...

