Ils sont sens dessus dessous, pris dans un vertige à les faire tourner en rond. Mais aussi dans une position fusionnelle tout comme à l’image des aiguilles d’une montre qui reviennent à chaque fois à leur point de départ. Recroquevillés en fœtus comme s’ils venaient de naître ou comme si leur amour venait d’éclore, Paul Newman et Joanne Woodward symbolisent la continuité dans le changement et le renouveau. Le couple mythique et glamour qui s’est marié en 1958 et qui a fêté ses cinquante ans de mariage en 2008, quelque peu avant le décès de Newman, représente en effet cet amour stable dans un monde cruel qu’est Hollywood. Alors qui mieux qu’eux pouvait figurer sur l’affiche de cette 66e édition du Festival de Cannes et personnifier par conséquent l’amour durable pour le cinéma ? Car on sait très bien que cette image, tout comme les autres images précédentes représentatives d’une dizaine de festivités cinématographiques cannoises, n’est pas une simple affiche mais une carte de visite du festival. Elle résume en quelque sorte l’atmosphère et la vision de l’édition de l’année. Cette fois donc « c’est l’occasion de rendre hommage à la mémoire de Paul Newman, disparu en 2008 et venu sur la Croisette en 1987 présenter The Glass Menagerie ou La Ménagerie de verre, un an après avoir enfin décroché – suite à sept nominations consécutives – l’oscar du meilleur acteur pour La Couleur de l’argent de Scorsese, et de saluer Joanne Woodward, sa femme et son interprète d’élection », indiquent les organisateurs. « Un couple qui incarne à la perfection l’esprit du cinéma », ajouteront-ils. Sur l’affiche originale du film de Melville Shavelson, A New Kind of Love (1963), on peut observer qu’il est inscrit « il est temps de changer d’attitude, d’opérer un changement ». Est-ce au nom de ce changement-là que le festival a donc choisi le plus grand ado et le plus fou des cinéastes américains, à savoir Steven Spielberg, comme président du jury ? Ainsi la sélection officielle témoigne non seulement d’une grande amitié franco-américaine : Nicholas Winding Refn, les frères Coen, James Gray ou Steven Soderbergh (lequel a avoué mettre fin à sa carrière avec cette venue à Cannes et son film Behind the Candelabra) vs François Ozon, Arnaud Desplechin et Abdellatif Kechiche, mais d’un vent de jeunesse avec cet éternel respect pour les anciens, comme le prône le président Spielberg. Une édition qui va dans tous les sens comme le montre si bien l’affiche.
Ils sont sens dessus dessous, pris dans un vertige à les faire tourner en rond. Mais aussi dans une position fusionnelle tout comme à l’image des aiguilles d’une montre qui reviennent à chaque fois à leur point de départ. Recroquevillés en fœtus comme s’ils venaient de naître ou comme si leur amour venait d’éclore, Paul Newman et Joanne Woodward symbolisent la continuité dans le changement et le renouveau. Le couple mythique et glamour qui s’est marié en 1958 et qui a fêté ses cinquante ans de mariage en 2008, quelque peu avant le décès de Newman, représente en effet cet amour stable dans un monde cruel qu’est Hollywood. Alors qui mieux qu’eux pouvait figurer sur l’affiche de cette 66e édition du Festival de Cannes et personnifier par conséquent l’amour durable pour le cinéma ? Car on sait très bien...
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