Le groupe a tenu hier une réunion au siège du PNL à Sodeco en présence de Dory Chamoun, Boutros Harb, Fouad el-Saad, Antoine Saad, Camille Ziadé, Jawad Boulos, Michel Moawad, Antoine Haddad et Robert Khoury.
C’est M. Harb qui a donné lecture du communiqué final qui dresse dans sa première partie un état des lieux de la situation au Liban. Les personnes réunies ont ainsi dénoncé « une exacerbation de la logique de l’unilatéralisme, des ordres, des menaces de recours à la violence et de l’implication du Liban, malgré lui, dans les conflits régionaux ». « Cette logique s’est manifestée dans une implication accrue du Hezbollah dans les combats en Syrie et son lancement d’une prétendue résistance dans le Golan, le tout associé à des menaces de recours à la violence et d’une intimidation du président de la République et du Premier ministre désigné, au cas où ces deux derniers ne tiendraient pas compte de ses conditions en formant un gouvernement soumis au contrôle du parti de Dieu qui met de nouveau en avant la proposition de loi électorale du Rassemblement orthodoxe », indique le texte, qui rejette « les tentatives des forces du 8 Mars de bloquer la formation d’un nouveau gouvernement ».
Les indépendants ont rappelé dans ce cadre que la Constitution accorde aux seuls président et chef du gouvernement la compétence de former un gouvernement « et leur confie la mission d’apprécier pour cela les conditions politiques et les besoins du pays », avant d’accuser les composantes du 8 Mars de voir dans la formation d’un gouvernement « l’occasion d’un partage de pouvoir et d’intérêts au détriment de l’État qu’elles considèrent comme une société anonyme dans laquelle elles détiennent des parts ».
Ils ont appelé le Premier ministre Tammam Salam à « rejeter le chantage pratiqué sur lui et à s’attacher à ses prérogatives ainsi qu’à celles du chef de l’État pour former son équipe », avant de stigmatiser les menaces de « certaines composantes du 8 Mars de ne pas passer le pouvoir à leurs successeurs ». Les indépendants ont vu dans ces menaces « un véritable coup d’État contre la Constitution et une rébellion contre le pouvoir et le régime ». « Les Libanais en ont assez des escroqueries politiques et du pouvoir hypothéqué par la force des armes », ont-ils martelé, en invitant MM. Sleiman et Salam à former un gouvernement « composé de non-partisans ou de non-candidats aux législatives ».
Pour ce qui est de ce dernier dossier, ils ont plaidé pour l’organisation du scrutin « dans les délais les plus brefs », avant de reprocher au gouvernement démissionnaire de « n’avoir pas pris les décisions nécessaires pour mettre en application la loi électorale en vigueur, en dépit de tous ses défauts ou pour adopter un nouveau texte assurant une bonne représentation populaire ». Dans le même ordre d’idées, Ils ont critiqué la décision du président du Parlement, Nabih Berry, d’imposer à l’ordre du jour de la séance parlementaire d’aujourd’hui la loi dite orthodoxe, « en faisant fi de la volonté de la majorité des membres du bureau de la Chambre, et en violation du règlement intérieur de celle-ci ». Ils lui ont demandé de revenir sur sa décision et de distribuer aux parlementaires l’ensemble des projets et des propositions de loi électorale « afin que l’Assemblée puisse les examiner et trouver une formule consensuelle qui barrera la voie aux divisions confessionnelles et sectaires ».
Les personnes réunies ont mis en garde ensuite contre un vide institutionnel « qui risque de faire du Liban un État en situation d’échec » et invité le Parlement à « assumer ses responsabilités et à promulguer une loi assurant une représentation authentique des électeurs, notamment chrétiens, tout en préservant l’unité du pays ». Elles ont enfin exprimé une opposition farouche à l’implication du Hezbollah dans la guerre en Syrie « quels qu’en soient les prétextes, en raison de ses conséquences catastrophiques sur le pays ».


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