Là, des hommes discutent et disposent du sort de l’humanité. Les risques de séismes politiques, économiques, militaires, environnementaux pèsent lourd. Les perspectives de sérénité mondiale chutent au plus bas, la Bourse aussi.
Batman vieillissant observe de sa tour et transpire d’impuissance : il est au chômage technique et ne vole que dans ses vieilles revues, noir sur blanc. Il semble que le mystère de la transparence fait mieux, avec moins de dégâts, en silence.
Depuis plusieurs jours déjà, les meilleurs cigares dégagent le nuage d’un possible cauchemar. La valse des cendriers continue. Ils se vident un instant pour se remplir de suite des mégots cubains.
Les gorges imbibées d’un cognac hors d’âge ont soif. Les mots qu’on n’arrive pas à exprimer semblent prédire l’explosion de guerres, de crises économiques et de catastrophes naturelles.
Soudain, insensiblement, un bienheureux et subtil fantôme se faufile et pénètre le lieu ainsi que le corps de chaque participant. À un moment décisif, les chefs d’État, transformés, découvrent un règlement subit.
Un vrai coup de cœur, celui qui fait culbuter le sort des discussions en une étrange toccate solennelle de Bach. Et déjà les prémices de la nouvelle courent les rues, zigzaguent dans les quartiers et pénètrent les marches du Day, ce journal que Humphrey Bogart dirige pour le dernier soir avant le lever du jour.
La presse marche à plein tube pour imprimer ce solennel élan de fratrie entre les nations qui sonne le glas.
« Nous, nations désunies, nous avons décidé de nous entendre. Nous voulons bannir toutes les armes, conventionnelles et nucléaires, du beau visage de la terre et proclamer que tout territoire vierge sera organisé pour accueillir les populations démunies qui le souhaitent sans discrimination ! »
Les feux d’artifice illuminent le ciel. D’un coin de lune, Casper sourit, la tête entre les mains. Il regarde ce gros rond qui tourne et se réjouit d’avoir sauvé encore une fois la planète et le genre humain de la fragilité de certains adultes.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef