De nombreux Saoudiens, pris de panique, se sont présentés lundi 13 mai 2013 dans des hôpitaux du royaume craignant une épidémie du coronavirus. Le ministre saoudien de la Santé s'est rendu en personne dans un hôpital de l'Est du pays le 13 mai 2013. STR/AFP
« J’ai ressenti les symptômes d’une grippe, accompagnés de fièvre. Je me suis rendu à l’hôpital, mais ces symptômes ont disparu au bout d’une journée. Malgré cela, je suis toujours placé en quarantaine avec d’autres malades, ce qui me fait peur. »
Ce témoignage d’un jeune Saoudien, recueilli par l’AFP, reflète la panique qui gagnait hier les habitants de la région est de l’Arabie saoudite où a été recensée la majorité des cas du nouveau coronavirus (NCoV). De nombreux Saoudiens se sont en fait présentés aux services d’urgence des hôpitaux de la région d’al-Ahsa, au moindre signe de fièvre. Tous les cas hospitalisés sont placés en isolement médical, conformément aux mesures prises par les autorités saoudiennes.
Au niveau mondial, trente-quatre cas de contamination, dont vingt-quatre en Arabie saoudite, ont été confirmés depuis la détection du virus, il y a près de huit mois. Le nombre des décès s’est élevé à vingt, quinze étant survenus dans le royaume wahhabite.
L’apparition du nouveau coronavirus « est reconnue comme un défi important et majeur pour tous les pays », a déclaré le directeur adjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les affaires de sécurité sanitaire et d’environnement, Keiji Fukuda, au terme d’une visite effectuée en Arabie saoudite à la demande de Riyad pour « aider à évaluer la situation et apporter des orientations et des recommandations » face au coronavirus.
« Les différents foyers surveillés dans nombre de pays tendent de plus en plus à accréditer l’hypothèse qu’en cas de contact rapproché, ce nouveau coronavirus peut se transmettre de personne à personne », a-t-il ajouté. Le « contact rapproché » est le fait de se trouver dans un espace restreint et fermé avec une personne contaminée pendant une durée prolongée.
M. Fukuda a invité les pays du monde entier à accroître la vigilance face à ce coronavirus tout en admettant qu’il n’existait pas, pour l’instant, de preuve que le virus soit capable de supporter une « transmission généralisée entre communautés ».
Un virus peu contagieux
Appartenant à la même famille que le virus du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), le NCoV « est virulent, mais peu contagieux », selon des experts interrogés par l’AFP, qui se veulent tranquillisants.
« Il faut être vigilant, mais pas davantage, et on ne doit pas être plus inquiet que ça, même si c’est, pour les personnes atteintes, quelque chose de sévère, avec une mortalité pas négligeable », indique ainsi le professeur François Bricaire, chef du service maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.
Pour Patrice Bourée, professeur de parasitologie à l’hôpital Cochin, le coronavirus « ne semble pas si méchant que ça ». « Il est connu depuis quand même pratiquement huit mois, et s’il était si méchant que ça, on aurait plus de morts », constate-t-il, soulignant que vingt décès « sont peu, du point de vue épidémiologique ». « Cela donne des malades importants en réanimation, ajoute Patrice Bourée. Toutefois, on ne peut pas considérer aujourd’hui que c’est un virus qui va se propager très vite et qui va atteindre beaucoup de gens, sinon ce serait déjà fait. »
Un avis partagé par François Bricaire, qui note qu’il « faut distinguer la transmission – qui dans le cas de ce virus est plutôt faible – et la virulence, c’est-à-dire la capacité d’être agressif, qui, chez ces virus, peut être assez forte ». Il note dans ce cadre que le foyer identifié en Grande-Bretagne, où un malade a contaminé deux proches en février, « s’est bien terminé » sans gagner d’autres personnes. « Ce qui s’est passé au Moyen-Orient et en Arabie saoudite montre bien que depuis des mois ce virus a contaminé quelques personnes seulement », insiste-t-il.
Le Liban n’est pas à l’abri du virus, « au même titre que tous les autres pays du monde », explique à L’Orient-Le Jour un spécialiste de maladies infectieuses. « Il n’y a toutefois pas lieu de paniquer », affirme-t-il, rappelant que le virus ne se transmet que suite à « un contact intime et prolongé avec une personne contaminée ». « Jusqu’à présent, l’OMS n’a pas pris des directives de restriction de voyages ou des restrictions aux frontières », rassure l’expert. Aux personnes qui désirent se rendre dans le royaume wahhabite, l’expert conseille « d’éviter les contacts prolongés et intimes avec des personnes contaminées ».
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