Un seul point figure à l’ordre du jour de la séance parlementaire qui se tient demain : le projet de loi électorale dit orthodoxe. Ainsi l’a voulu le président de la Chambre, Nabih Berry, dont la décision a été contestée comme anticonstitutionnelle par plusieurs députés membres du bureau de la Chambre.
C’est en tout cas la surprise que M. Berry a réservée aux députés membres du bureau, à l’issue d’une séance stérile au cours de laquelle les députés du 14 Mars (Farid Makari, Marwan Hamadé, Ahmad Fatfat, Serge TerSarkissian et Antoine Zahra), avaient proposé que figure, aux côtés du projet de loi électorale contesté, d’autres projets de loi touchant à la situation sociale (la grille des salaires notamment) et, constitutionnelle (la prolongation de l’âge de la retraite au sein des forces armées).
C’était compter sans l’entêtement de M. Berry, qui a affirmé aux membres du bureau qu’il n’inscrira aucune autre question à l’ordre du jour, tant qu’un nouveau projet de loi électoral n’est pas voté. Faute de consensus sur ce point, la réunion s’est achevée sans qu’une décision soit prise. Toutefois, quelle n’a pas été la surprise des députés du 14 Mars en recevant un peu plus tard une note annonçant que le projet de loi orthodoxe serait le seul point de l’ordre du jour de la séance du 15 mai.
Dans les milieux proches de M. Berry, on précise que le projet de loi en question servira d’introduction à un débat plus général, dans l’espoir qu’un projet de loi ferait l’unanimité. On ajoute que la commission parlementaire ad-hoc ayant approuvé le projet de loi orthodoxe, M. Berry est contraint de le soumettre au vote et que des surprises peuvent donc se produire. On rappelle enfin que M. Berry a annoncé que la séance parlementaire de mercredi serait suivie d’autres et que les projets de loi en souffrance pourront donc être discutés et votés.
La décision de M. Berry a été dénoncée comme étant « unilatérale » par le vice-président de la Chambre, Farid Makari, qui a assuré que le président de la Chambre « n’a pas le droit de décider seul de l’ordre du jour d’une séance parlementaire ».
« Une décision de cet ordre constitue une sorte de défi politique », a ajouté M. Makari. « C’est comme s’il existait une volonté occulte de nous pousser à prendre des positions négatives, alors que nous avions cherché à nous montrer le plus ouverts et coopératifs possible ».
M. Makari a réservé au directoire du 14 Mars de dire si les députés membres assisteraient ou non à la séance.
« La décision n’a pas été prise par le bureau de la Chambre, elle n’est donc pas légale », a dit de son côté Ahmad Fatfat, qui pense que M. Berry « a outrepassé ses prérogatives et tous les usages en vigueur jusqu’à présent ». M. Hamadé a fait une déclaration allant dans le même sens.
Marwan Farès
Pour sa part, le député Marwan Farès (PSNS) a fait le lien entre la situation interne et la guerre en Syrie, précisant que « tant que la situation militaire en Syrie est ce qu’elle est, il n’y aura ni nouveau gouvernement ni nouveau projet de loi électorale ».
Au sujet du projet de loi orthodoxe, le parlementaire prosyrien a ajouté : « Il tombera mercredi de lui-même, après le retrait des députés du courant du Futur et du Bloc démocratique. »
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