Pour le chef du bloc du Futur, le député Fouad Siniora, il ne fait pas de doute que ces propos annoncent « le début d’une nouvelle phase pour le Liban, porteuse de conséquences dangereuses ». « Il est désormais clair que le discours de Hassan Nasrallah entraîne le Liban au cœur du conflit régional, sous le couvert de la politique de distanciation qu’il s’était pourtant engagé à respecter en adhérant à la déclaration de Baabda, a insisté l’ancien Premier ministre. Nous considérons désormais que le Liban est impliqué de force dans un conflit. Le pays devra notamment justifier le retournement de sa position qu’il a défendue devant la communauté internationale, notamment le souci de ne pas entraîner le pays dans un conflit avec Israël. »
Rappelant que « la guerre en Syrie produit de graves dégâts au quotidien, y compris la destruction de la Syrie en tant que pays représentatif du cœur même du monde arabe, et qui devrait donc se soucier de préserver ce rôle régional », M. Siniora a déploré le fait que « le Hezbollah choisit de se poser aux côtés du régime syrien sous la pression de l’Iran, dont il est la base mobile, aussi bien au Liban que dans la région dans son ensemble », a ajouté l’ancien Premier ministre, qui s’exprimait lors d’un point de presse à son domicile à Saïda. « Quelle qualité a-t-il (le Hezbollah) pour protéger des villages en Syrie, habités soi-disant par des Libanais ? » s’est-il demandé, rejetant par ailleurs le prétexte également invoqué par le Hezbollah de « vouloir défendre les lieux sacrés en Syrie ».
« Ces lieux existent depuis plus de 1 400 ans et le resteront probablement, grâce à la protection de tous les musulmans et de tous les croyants, a affirmé M. Siniora. Pourquoi Nasrallah cherche-t-il à transformer ces lieux de culte en terrains d’affrontements ? Ses actes ne servent ni l’intérêt du Liban ni celui des musulmans, et encore moins celui des chiites, qui sont une composante essentielle de notre pays et de notre région. Pourquoi agir de manière à aggraver le conflit ? » s’est encore demandé Fouad Siniora. Estimant que « le Hezbollah ne fait qu’exécuter les instructions iraniennes », il s’est interrogé sur « le soudain zèle du régime syrien à libérer le Golan, sachant que ce front n’a été troublé par aucun tir pendant 40 ans ». Il a précisé enfin, en réponse à une question, que l’intervention du Hezbollah en Syrie « se répercute certainement sur la formation du nouveau gouvernement ». Il a souhaité ainsi que « le Premier ministre désigné parvienne à surmonter ce qui pourrait s’imposer à lui ».
Geagea
Par ailleurs, le leader des Forces libanaises Samir Geagea a estimé samedi que « les actes du Hezbollah en Syrie sont très dangereux et risquent de faire subir une guerre au Liban ». « Ils (le Hezbollah et ses alliés) invoquent le conflit avec l’ennemi sioniste pour justifier tout ce qu’ils font. J’ai une question simple sur ce point : quand précisément le régime syrien a-t-il été en conflit avec l’ennemi ? La dernière fois dont je me souviens, c’était en 1973, lorsque la Syrie et l’Égypte affrontaient Israël. »
Évoquant de plus la série de raids israéliens sur le Liban en 1982, 1993, 1996, il s’est interrogé sur « le rôle de la Syrie qui se trouvait pourtant au Liban à l’époque. Qu’a-t-elle fait, à part récupérer des gains politiques sur le dos des Libanais ? Toute l’histoire de la résistance au Liban – avec tout le respect que je dois aux résistants honnêtes – a profité à la Syrie, qui prétendait pouvoir gérer la résistance quand il le faut, non pour combattre l’ennemi, mais pour servir ses propres intérêts ». « Le front du Golan est le plus calme », a-t-il rappelé, démentant le fait que le régime syrien se trouve en guerre avec Israël. « Si vous êtes convaincus enfin que la résistance populaire est susceptible de libérer le Golan, pourquoi avoir attendu 40 ans avant d’intervenir? » s’est-il encore demandé.
S’attardant par ailleurs sur la déclaration de Hassan Nasrallah concernant les armes que le régime syrien pourrait fournir au Hezbollah « pour bouleverser la donne et l’équilibre des forces », Samir Geagea s’est demandé « pourquoi le régime syrien n’a pas encore utilisé lui-même ces armes pour bouleverser la donne. À moins qu’il ne compte sur le Hezbollah pour le faire à sa place ». Le leader des FL a appelé par ailleurs le président de la République Michel Sleiman et le Premier ministre désigné Tammam Salam à « former un gouvernement efficace et homogène, en bonne conscience ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
C'EST BIEN.... ENFIN !
11 h 16, le 13 mai 2013