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Nos lecteurs ont la parole

Les Libanais face à leurs responsabilités

Par Serge SCHOULIKA
La situation est grave, très grave, mais jamais désespérée quand il y a de l’espoir et de la bonne volonté accompagnée par du bon sens. La situation est grave, mais ce n’est pas une raison de tomber dans les pièges qu’on nous tend et de porter des œillères quand il faut rester vigilant. Les pièges qu’on nous tend ? Nous diviser pour mieux nous contrôler. Susciter en nous des réactions primaires en soutenant un camp contre l’autre. Réveiller des sentiments claniques. Nous faire croire que le danger est imminent et irréversible. Nous obliger à nous positionner. Faire en sorte de dénigrer notre État et ses institutions, dont l’armée est la première victime, etc.
Il y a certainement plusieurs enjeux dans notre région dont la plupart nous dépassent et dépassent même les commanditaires premiers, tant la situation évolue vite et d’une façon non maîtrisée. En effet, il y aurait d’abord des intérêts pétroliers et gaziers traduits par des pipelines et des gazoducs qui devaient passer par la Syrie vers l’Occident pour concurrencer ceux qui doivent aller de Russie vers ce même Occident. La Syrie a refusé. Il y aurait ensuite un axe chiite Iran-Syrie alaouite-Hezbollah, qui est un danger pour Israël et les sunnites en général. Ces deux principales raisons ont poussé l’Occident et les pays du pétrodollar à déstabiliser la Syrie pour privilégier le cheminement du pétrole et du gaz au détriment de celui de la Russie, et en même temps casser l’axe chiite (analyse inspirée d’Aymeric Chauprade pour le volet énergie).
Par ailleurs, il est de notoriété publique que le Hezbollah est financé et armé par l’Iran et prend ses ordres de ce pays. De même que l’autre camp est financé par l’Arabie saoudite, le Qatar, et même le Koweït.
Deux choix se présentent donc aux Libanais :
1 – Faire ce que nous avons toujours su faire, se diviser, c’est-à-dire nous entre-déchirer, soutenir un camp contre l’autre, permettre à la guerre de franchir nos frontières et revivre le calvaire que nous avons vécu durant 15 ans de guerre et 15 ans de quasi-guerre.
2 – Faire ce que nous aurions dû toujours faire, c’est-à-dire refuser la fatalité, pousser les différentes communautés à se tendre la main, mettre en avant notre « libanité » par rapport à tout autre critère, désobéir à nos chefs corrompus et vendus, descendre à 4 millions dans la rue, prôner une neutralité par rapport aux événements extérieurs, soutenir notre État et notre armée.
Notre génération ne sera certainement pas en mesure de suivre ces recommandations, qui valent ce qu’elles valent. Je ne prétends pas détenir la vérité, mais si les générations futures ne les suivaient pas, nos petits-enfants ne connaîtront jamais le Liban que nous voulons leur léguer. Un Liban riche de nos diversités, riche de notre tissu social, un Liban uni, indépendant, libre, souverain et sans aucune allégeance extérieure.

Liens : http ://www.la-troisieme-voix-pour-le-liban.org/
https ://www.facebook.com/groups/La3emvoix/
La situation est grave, très grave, mais jamais désespérée quand il y a de l’espoir et de la bonne volonté accompagnée par du bon sens. La situation est grave, mais ce n’est pas une raison de tomber dans les pièges qu’on nous tend et de porter des œillères quand il faut rester vigilant. Les pièges qu’on nous tend ? Nous diviser pour mieux nous contrôler. Susciter en nous des réactions primaires en soutenant un camp contre l’autre. Réveiller des sentiments claniques. Nous faire croire que le danger est imminent et irréversible. Nous obliger à nous positionner. Faire en sorte de dénigrer notre État et ses institutions, dont l’armée est la première victime, etc.Il y a certainement plusieurs enjeux dans notre région dont la plupart nous dépassent et dépassent même les commanditaires premiers, tant la...
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