La science commence là où la technique échoue.
Claude Bernard
L’un des principaux (et tout nouveau) sujet de préoccupation et d’appréhension qui s’empare souvent des parents en ces temps modernes est l’impact de l’utilisation intensive par leurs enfants de l’ordinateur afin de se connecter continuellement sur les réseaux sociaux, de naviguer longuement sur la toile, de télécharger des films ou des chansons, et de se livrer à toutes sortes de jeux informatiques qui les plongent dans un monde virtuel de plus en plus envahissant.
Ce nouveau phénomène de société et ses retombées multiples sur les générations montantes seront au centre du treizième colloque annuel que le Cercle d’études psychanalytiques de Beyrouth (CEP) organise samedi prochain, 11 mai, de 8 heures à 18 heures, au campus des sciences médicales de l’Université Saint-Joseph, rue de Damas. Le colloque a pour thème : « Rêver, fantasmer, virtualiser » (entrée libre). Deux éminents spécialistes français en la matière, le docteur Marie-Noëlle Clément et le professeur Serge Tisseron, interviendront au cours des séances de travail.
Dans une note de presse, le professeur Mounir Chamoun, l’un des principaux initiateurs du Cercle d’études psychanalytiques et des colloques annuels organisés dans ce cadre, expose l’objectif et l’esprit dans lequel le colloque de cette année est organisé. « Les possibilités multiples et sans cesse croissantes qu’offrent les réseaux sociaux et les techniques très avancées de la communication affecte, de nos jours, de larges factions de la population, en particulier les jeunes qui y trouvent un champ très ouvert pour une certaine forme de sociabilité, ainsi qu’un très vaste terrain pour toutes sortes d’amusements et de distractions, voire, parfois, d’informations et de culture, souligne le professeur Mounir Chamoun. Ces innovations enrichissent, certes, notre boîte à outils et pourraient constituer de nouvelles formes d’apprentissage et d’acquisitions cumulatives. »
Et d’ajouter : « Devant cet état de fait indéniable, les réactions et les craintes sont multiples : y a t-il un danger d’addiction qui pourrait soustraire les apprenants à l’effort nécessaire qui devrait être investi dans la mobilisation de l’esprit, de l’intelligence et de la mémoire pour la maîtrise du savoir ? Y a-t-il une menace qui risque de rendre passif l’esprit de l’enfant dans les activités ludiques où le fait de manipuler des boutons remplace désormais l’inventivité manuelle ou intellectuelle ? Les activités fondées sur la mémoire n’ont-elles plus droit de cité et sont-elles remplacées par les gigantesques mémoires des smartphones ? Le livre va-t-il être définitivement phagocyté par les inépuisables données fournies gratuitement et facilement par Internet et les sites web se rapportant à tous les domaines de la connaissance, de sorte qu’on n’ira plus consulter les ouvrages dans le silence des bibliothèques, humant à la fois l’odeur des livres et appréciant l’effet tactile des pages qu’on tourne, sur lesquelles on revient et qu’on note ou qu’on repère visuellement ? »
Le professeur Mounir Chamoun relève dans ce cadre « qu’il ne s’agit pas de condamner les outils que le génie humain ne cesse de créer et de perfectionner, mais de définir précisément les conditions de l’usage des moyens mis à notre disposition ». « En France, précise-t-il à ce propos, l’Académie des sciences s’en est inquiétée et a confié à un groupe de spécialistes et d’experts, dont le professeur Serge Tisseron, le soin d’établir une évaluation objective portant sur l’usage et l’expansion de tous ces moyens. Une sorte d’éthique et de pédagogie de l’usage du virtuel, suscitées par la réflexion des spécialistes, se répand ainsi dans les milieux éducatifs en vue de permettre un contrôle avisé des innovations techniques qui, sans cesse, s’amplifient et s’affinent. »
Le professeur Chamoun souligne en conclusion que pour cette treizième journée d’études du CEP, les organisateurs du colloque ont demandé au docteur Marie-Noëlle Clément et au professeur Serge Tisseron, tous deux experts dans ces domaines, de s’associer à une réflexion « sur ce fait actuel de civilisation et de nous aider à définir les attitudes éducatives à adopter vis-à-vis des jeunes apprenants et de tous les esprits curieux concernés par les nouvelles technologies de l’information, et plus généralement par l’univers du virtuel, caractéristique de notre époque ».
Pour mémoire
Claude BernardL’un des principaux (et tout nouveau) sujet de préoccupation et d’appréhension qui s’empare souvent des parents en ces temps modernes est l’impact de l’utilisation intensive par leurs enfants de l’ordinateur afin de se connecter continuellement sur les réseaux sociaux, de naviguer longuement sur la toile, de télécharger des films ou des chansons, et de se livrer à toutes sortes de jeux informatiques qui les plongent dans un monde virtuel de plus en plus envahissant.
Ce nouveau phénomène de société et ses retombées multiples sur les générations montantes seront au centre du treizième colloque annuel que le Cercle d’études psychanalytiques de Beyrouth (CEP) organise samedi prochain, 11 mai, de 8 heures à 18 heures, au campus des sciences...


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