C’est pour la première fois, selon l’expression du président de la FAL, André Azoulay, et aussi sans précédent que la société civile est le moteur d’une action d’envergure, « sans incantation ni slogan, fixant un cadre à la Mare nostrum pour se retrouver ».
Le 2e forum est ainsi « porteur d’une forte dynamique : on ne peut plus dire que la Méditerranée n’existe pas, qu’elle n’est pas possible. Animé par cette certitude, plus jamais on ne pourra dire que l’Euro-Méditerranée est inaccessible. Il faudra désormais prendre la mesure de ce qui s’est passé » (Fathallah Sijilmassi, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée).
Durant quatre journées, « le vent de la réalité a traversé tous les débats, avec une conscience aiguë de la tragédie qui s’accomplit autour de nous et qui incite à sortir de l’impuissance » (Giovanna Tanzarella, Fondation René Seydoux, France). À Marseille, « la Méditerranée a retrouvé ses plus belles couleurs de solidarité » (André Azoulay, président de la FAL).
Le forum se déroule dans une conjoncture « où les libertés avait déserté des rivages de la Méditerranée et où il faudrait retrouver la Méditerranée de toutes les modernités, des libertés et des libérations, surtout que l’Europe est de plus en plus en Méditerranée » (André Azoulay, président de la FAL). Le forum coïncide d’ailleurs avec la réunion à Marseille des présidents de plus de 40 Parlements euro-méditerranéens.
Cinq perspectives
Cinq perspectives peuvent être dégagées de plus de vingt séances de débats stratégiques et d’ateliers thématiques, et surtout des séances inaugurales et de clôture du forum, qualifié de « merveilleuse plate-forme de la société civile, surtout après la période post-révolutionnaire » (Najat Belkassem, ministre française des Droits de femmes) :
1. L’émergence des peuples : le cri arabe général, al-Sha’ab yurîd (le peuple veut), témoigne de « la volonté des peuples de sortir de l’oppression, oblige à changer de regard, à sortir du paternalisme et d’une certaine supériorité, à écouter ce que les sociétés du Sud disent, à dégager les priorités telles que définies par ces sociétés elles-mêmes » (Giovanni Tanzarella, France).
2. La culture de l’action : à la différence de nombre de rencontres, le 2e forum a rassemblé plus de mille participants, des acteurs de la société civile de 43 pays euro-méditerranéens. On propose « la recherche d’initiatives qui marchent et d’expériences qui fonctionnent afin de faire évoluer vers une culture d’action » (Fathallah Sijilmassi, secrétaire général de l’UPM).
3. Pas de Méditerranée sans la Palestine : l’injustice au peuple palestinien est qualifiée de « la plus grande injustice » avec, pire encore, « la poursuite d’une négation du problème, négation qui doit cesser ». L’affirmation est claire : « On ne peut égaliser entre la victime et le bourreau, ni continuer à soutenir des régimes tyranniques... la liberté d’expression n’étant pas négociable » (Rasha Abdullah, Égypte). Le grand obstacle à l’émergence d’une Méditerranée récupérée et pacifiée est identifié avec lucidité : « Il n’y aura pas de Méditerranéen s’il n’y a pas de Palestine. Rien ne changera si la Palestine n’est plus dans l’agenda. S’il n’y a pas aussi liberté en faveur de tous... Nous sommes plus que jamais citoyens syriens aujourd’hui. Ailleurs on préfère être autiste. Aujourd’hui les notions de liberté, de dignité... se conjuguent en arabe » (André Azoulay, président de la FAL).
4. Les solidarités régionales : on observe que les défis régionaux exigent des solutions régionales (Fathallah Sijilmassi, secrétaire général de l’UPM).
5. Dialogue intergénérationnel et éducation : presque tout dans le forum se rapporte aux jeunes avec une participation massive de jeunes militants. On relève aussi une contribution singulière de femmes. On observe que la « culture du faire » à promouvoir passe par l’éducation et dans la perspective d’une « culture de paix plus inclusive » (Stefan Füle, commissaire européen à l’Élargissement et à la Politique européenne de voisinage), en insistant sur le « dialogue intergénérationnel, surtout en période de crise » (Christine Merkel, Allemagne).
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Le printemps arabe convergera-t-il en parallèle avec un printemps européen en faveur de la trilogie : « partage, gouvernance, coresponsabilité » ?
(André Azoulay). Les évolutions récentes fournissent en effet de nouvelles chances en vue de « généraliser des idées, développer des actions, promouvoir des valeurs fondamentales » (Stefan Füle, Union européenne).
Une telle action s’effectue à travers les réseaux nationaux de la FAL. Le réseau libanais est coordonné par la Commission nationale libanaise de l’Unesco, sous la direction de la secrétaire générale, Zahida Darwich Jabbour, qui a participé activement au forum, avec nombre de représentants de la société civile au Liban.
Le 2e forum a montré ce que la FAL « peut faire et avec quelle extension et efficience ». Aussi faudra-t-il que la FAL devienne une institution jouissant de la continuité institutionnelle (Andreu Claret, directeur exécutif de la FAL).
Antoine MESSARRA
Membre du
Conseil constitutionnel,
membre du conseil consultatif
de la Fondation Anna Lindh


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Que de belles paroles...la seule valable est pas de méditérrannée sans Palestine...objectif que les uns et les autres s'efforcent....de ne pas atteindre...et çà a coûté combien cette belle réunion? Argent qui eût sans nul doute été mieux employé à soulager les misères actuelles ...internet,visioconférence...vous avez entendu parler ou vous préferez les grands raouts avec leurs petits avantages?Rigolos!La meditérranée est aujourd'hui aussi divisée qu'elle peut l'être...le reste est simplement du baratin,à l'intention des gogos.Et il y en a de moins en moins,de gogos...
20 h 53, le 07 mai 2013