Dans ce contexte, le chef du bloc du Changement et de la Réforme, le député Michel Aoun, a appelé au vote de la loi dite orthodoxe lors de cette séance. S’exprimant à l’issue de la réunion hebdomadaire de son bloc, il a estimé que « ceux qui refusent la loi “orthodoxe” sont des soumis à la puissance de l’argent ». « Chaque personne libre doit reconnaître nos droits, au risque de déstabiliser le pays, a affirmé Michel Aoun. Seule la “loi orthodoxe” est susceptible d’obtenir la majorité, et il est obligatoire qu’elle soit soumise au vote en séance parlementaire. » Notons que selon des informations véhiculées par certains médias proches du 8 Mars, les Forces libanaises pourraient surprendre le CPL lors de la séance parlementaire « en refusant de voter contre la loi “orthodoxe”, mais en demandant qu’elle soit amendée de manière à la dénaturer en la transformant effectivement en loi mixte ».
Revenant par ailleurs sur les accords de Doha, sur base desquels la loi de 1960 avait été adoptée, Michel Aoun a précisé que « nous avions alors concédé une réforme partielle de la loi, et récupéré ainsi 23 sièges pour les chrétiens ». « Il reste que jusque-là, aucune loi n’a respecté entièrement le pacte national », a-t-il souligné. Il s’est dit étonné en outre de l’attachement de certaines parties à la loi de 1960, affirmant, dans une allusion claire au député Walid Joumblatt, que « certains nous accusent de torpiller la coexistence alors que ce sont eux qui ont commis les massacres de la Montagne ».
Il faut noter par ailleurs que la prorogation du mandat du Parlement semble désormais certaine, indépendamment du débat sur la loi électorale. « La prorogation technique du mandat parlementaire aura lieu, même si les parties s’entendent sur une loi électorale », a affirmé hier le député Boutros Harb. « Cette prorogation de nature technique devrait permettre au ministère de l’Intérieur d’organiser les élections sur la base de la loi convenue », a-t-il ajouté. Le député de Batroun a souligné que « les actes de certains qui se disent soucieux de respecter l’échéance électorale contredisent en réalité leurs paroles ».
Le député du bloc du Futur Mohammad Hajjar a précisé pour sa part que le débat sur la loi mixte se heurte à l’heure actuelle au « problème du découpage du Mont-Liban sur la base du scrutin proportionnel et non majoritaire ». Et d’ajouter : « Nous nous sommes entendus avec les Forces libanaises, les Kataëb et le 14 Mars, d’une manière générale, pour l’adoption du scrutin mixte, de sorte que la majoritaire s’applique aux cazas actuels, et que la proportionnelle s’applique à un découpage de six, neuf ou douze circonscriptions. C’est sur ce point que le débat est bloqué avec le député Walid Joumblatt, notamment en ce qui concerne le Mont-Liban. » Remerciant en outre le président de la Chambre « qui tente de régler ce problème et d’aboutir à un accord sur la base du scrutin mixte », le député Hajjar s’est en même temps demandé « pourquoi il n’en fait pas de même avec ses alliés, à savoir le Hezbollah et le bloc du Changement et de la Réforme ? ».


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09 h 26, le 02 mai 2013