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À La Une - La Bonne Nouvelle Du Lundi

Hana el-Samad, une chercheuse libanaise récompensée aux Etats-Unis

Coupures d'électricité, crise économique, malaise social, clivages politiques accrus... Face à l'ambiance générale quelque peu délétère, L'Orient-Le Jour se lance un défi : trouver une bonne nouvelle chaque lundi.

Hana el-Samad s'est distinguée aux Etats-Unis par ses recherches sur l'évolution des cellules. Photo tirée du site web de l'UCSF.

La scientifique libano-américaine, Hana el-Samad, qui s’est illustrée avec brio aux Etats-Unis dans ses recherches sur l’évolution des cellules, a récemment reçu une bourse de 1,4 million de dollars de la Fondation Paul G. Allen, qui soutient la recherche scientifique.

 

Pour expliquer ses recherches, Hana el-Samad, titulaire d’un doctorat en génie mécanique de l’Université de Californie, Santa Barbara (UCSB), l'une des plus prestigieuses universités américaines, a recours à une comparaison avec le monde des télécommunications.

"Imaginez un téléphone ou un réseau internet, dit-elle au site du centre de recherches de l’Université de Californie, de San Francisco (UCSF) qui accueille les jeunes scientifiques prometteurs. Malgré leur complexité, des tonnes d’informations trouvent leur chemin sur ces réseaux et sont correctement interprétées".

Selon Hana el-Samad, les cellules fonctionnent aussi en réseau. Un changement de température de 2 degrés est susceptible de modifier une information qu’une cellule devrait transmettre à un gène. De même, un changement du niveau de glucose dans le sang a pour conséquence de modifier cette même information.

 

La scientifique tente ainsi de comprendre comment chaque changement est interprété par les cellules pour qu’elles envoient la bonne information aux gènes adéquats, et par la suite comment ces gènes sont capables de décoder le message reçu. C’est cette nouvelle approche qui lui a valu de remporter la bourse de 1,4 million de dollars. Les bourses de la Fondation Paul G. Allen servent à financer des recherches "à hauts risques" mais potentiellement très importantes, que d'autres fondations hésiteraient à financer, peut-on lire sur le site de l'UCSF.

 

"Je me réveille chaque jour en pensant que la journée qui s'annonce peut donner lieu à une petite découverte qui pourrait contribuer à soigner une maladie ou trouver une solution pour notre environnement. Bien sûr, cette découverte peut ne pas se produire. Mais penser qu'à la fin de la journée, l'on pourrait avoir répondu à une question, l'on pourrait avoir appris quelque chose de nouveau, me remplit de joie. C'est une expérience qui différencie les scientifiques des autres professionnels : cet optimisme enraciné et l'excitation pure qu'engendre une découverte", expliquait la jeune femme à la fondation Paul G. Allen après avoir décroché la bourse.

 

La thèse de doctorat de Hana el-Samad en génie mécanique portait sur la théorie du contrôle et les systèmes dynamiques. La jeune Libanaise a ainsi été amenée à étudier comment fonctionnent des robots et des systèmes de contrôle de vitesse des voitures quand plusieurs variables changent.

 

"A mi-parcours de mon doctorat, je me suis posée la question de savoir à quelles autres domaines ces théories et outils mathématiques pouvaient être appliqués", dit-elle. "La réponse était claire : la biologie, grâce à la cartographie du génome humain et à la prolifération de nouveaux et puissants outils d’études".

"C’est à ce moment que mon voyage dans la science a vraiment commencé", souligne la chercheuse.

 

Hana el-Samad a vécu au Liban avec ses trois sœurs. Son père était commerçant et sa mère professeur de maths. Encouragées par leur mère, Hana et deux de ses soeurs ont embrassé des carrières scientifiques. La troisième soeur de Hana a opté pour des études de lettre et est devenue professeur de littérature.

Avant ses études doctorales, Hana el-Samad a obtenu un master en génie électrique de l’Université de l’Iowa.

En quelques années, les travaux de la scientifique ont reçu plusieurs prix et bourses. Elle est, entre autres, actuellement membre du département de biochimie et biophysique du California Institute for Quantitative Biosciences (QB3).

 

 

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