En France, l'opposition a demandé au gouvernement de réagir après la découverte d'un "mur des cons" orné de photos de personnalités de droite dans les locaux du Syndicat de la magistrature, classé à gauche. Photo tirée d'une vidéo postée sur le site Atlantico.
Blague potache pour la gauche, scandale d'Etat pour la droite : la découverte d'un "mur des cons", affichant les portraits de dizaines de personnalités, surtout de droite, dans les locaux du deuxième syndicat des magistrats français suscite un tollé en France.
Sur ce trombinoscope fait maison, se superposent des hommes politiques comme l'ancien président Nicolas Sarkozy, plusieurs de ses ex-ministres, mais aussi des intellectuels et journalistes, certains affublés d'une légende insultante.
L'on trouve notamment l'ex-garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, le criminologue Alain Bauer, l'ex-entraîneur du XV de France Bernard Laporte, Alain Minc ou encore le journaliste David Pujadas. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls y figure aussi.
Certains portraits ont leur légende choc : l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux (UMP), affublé d'un autocollant du Front national sur le front, est "l'Homme de Vichy", quand le magistrat Philippe Courroye est qualifié de "Fossoyeur du 92".
Dans cette multitude de photos collées pèle-mêle, une inscription prévient les syndiqués : "Avant d'ajouter un con, vérifiez qu'il n'y est pas déjà."
La diffusion mardi d'une vidéo de ce grand pêle-mêle sur le site d'information Atlantico, proche de l'opposition de droite, a déclenché une vague de protestations, le premier parti d'opposition, l'UMP, réclamant l'ouverture d'une enquête.
La vidéo diffusée sur le site d'Atlantico.
"C'est indigne, c'est un scandale absolu", s'est ému le président de l'UMP, Jean-François Copé, tandis que l'ex-ministre de l'Education Luc Chatel, lui-même épinglé, dénonçait une "véritable liste noire" et "une remise en cause de l'impartialité de la justice".
Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de policiers Synergie-Officiers, et Robert Ménard, ex-président de Reporters sans frontières, tout deux épinglés, ont dit vouloir porter plainte pour "injures".
"Etre traité de con, c'est à l'évidence une injure", explique un avocat en droit de la presse. "Le fait que les locaux du SM soient accessibles au public rend l'injure publique", un délit passible de 12.000 euros d'amende, ajoute-t-il.
Interpellée par la droite au Parlement, la ministre de la Justice Christine Taubira a regretté une "action malheureuse" du Syndicat de la magistrature (SM), classé à gauche, ajoutant que les épinglés étaient "parfaitement fondés à déposer plainte".
"Ce sont des images prises à notre insu dans un lieu privé, notre local syndical, qui n'est pas accessible au public", s'est défendue la présidente du SM, Françoise Martres, interrogée par l'AFP, en qualifiant ce mur de "défouloir" et d'action de "potache". "Ce mur a été fait à une ancienne époque, sous l'ère Sarkozy, où les magistrats étaient attaqués de toutes parts", a-t-elle ajouté.

Sur le mur, l'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux est "l'Homme de Vichy".
Dans le monde judiciaire, Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (majoritaire), a dit sur Twitter sa "surprise attristée d'être sur le mur des cons", tout en rappelant qu'"on est toujours le con de quelqu'un".
Une association de victimes a quant à elle condamné "l'indécence morale de la présence" sur ce mur du père d'une jeune fille violée et tuée par un tueur en série.
Le SM s'était déjà attiré des critiques à droite pendant la campagne présidentielle de 2012 pour avoir appelé à voter contre Nicolas Sarkozy, qui entretenait des relations tendues avec les magistrats. En 2007, il avait comparé les juges à des "petits pois" sans saveur et début 2010, les avait mis en cause après le meurtre d'une jeune fille.
Plusieurs fois, la justice est descendue dans la rue sous sa présidence, notamment pour protester contre son projet de suppression des juges d'instruction, perçu comme une tentative d'étouffer les affaires sensibles.
Pour mémoire
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Sur ce trombinoscope fait maison, se superposent des hommes politiques comme l'ancien président Nicolas Sarkozy, plusieurs de ses ex-ministres, mais aussi des intellectuels et journalistes, certains affublés d'une légende insultante.
L'on trouve notamment l'ex-garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, le criminologue Alain Bauer, l'ex-entraîneur du XV de France Bernard Laporte, Alain Minc ou encore le journaliste David Pujadas. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls y figure aussi.
Certains portraits ont leur légende choc : l'ex-ministre de l'Intérieur Brice...


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LE MUR DES... CONS...TRUCS (t)... IONS...
12 h 47, le 26 avril 2013