«Là où il y a de la discorde, apportons l’harmonie. Là où est l’erreur, apportons la vérité. Là où il y a le doute, apportons la foi. Là où il y a du désespoir, apportons l’espérance. (...) Il y a à présent du travail à faire.»
Sans vouloir revenir sur les circonstances et les raisons de la démission de M. Nagib Mikati, et la soudaine docilité de tous les politiques sans exception, face à ce bouleversement important des équations politiques, et leur accueil positif vis-à-vis du Premier ministre désigné, et en attendant la formation du nouveau cabinet, le peuple libanais a envie de rêver malgré les horizons encore noirs qui ceinturent une Syrie exsangue.
Revenons à la réalité, et essayons de réfléchir en toute objectivité, il ne faut pas se tromper d’analyse ni de personnes! Le nouveau gouvernement a une tâche précise et limitée dans le temps, tout le monde doit en prendre très vite conscience pour éviter les dérapages qui pourraient transformer cette étape de transition en une éventuelle impasse de régime.
Il est incontestable que le timing, le choix et les qualités intrinsèques de M. Salam ont certainement permis la réalisation de cette initiative, mais, à partir de là, la balle est dans le camp de ce dernier. Il devra faire preuve de diplomatie, de détermination, de courage et de ténacité. Il est vrai que ses convictions sont claires et son appartenance à une des familles politiques sur la scène nationale actuelle est tout aussi évidente, mais son véritable rôle maintenant consistera uniquement à organiser, gérer et contrôler de bout en bout les prochaines élections législatives. Il devra faire respecter pendant ce délai les institutions de l’État, et transmettra le flambeau, une fois la tâche accomplie, à un autre cabinet.
Ce tableau étant clair, il faudra que les politiques mettent leurs antagonismes politiques de côté et facilitent l’action du chef du gouvernement désigné, en évitant de faire intervenir dans leurs discussions avec lui des problèmes de fond qui n’ont pas lieu d’être soulevés pendant son mandat, tels que la question relative à la politique défensive, la trilogie nation-armée-résistance, les armes du Hezb où d’autres sujets fondamentaux. Ce cabinet est chargé d’assurer essentiellement un service constitutionnel national, à savoir la réalisation de l’alternance des pouvoirs au niveau parlementaire. Il devra l’assumer avec rigueur et à égale distance de toutes les parties prenantes. Si ces objectifs sont agréés par les partenaires politiques, le gouvernement verra le jour rapidement, la démocratie au Liban pourra alors avancer et l’État des institutions marquera des points et pourra, après les élections, revivre et s’imposer à nouveau à tous. Sinon nous nous acheminerons indubitablement vers une impasse et peut-être vers une crise de régime dont il est encore difficile d’évaluer les conséquences et les dommages à venir. Mais nous n’en sommes pas là, Dieu merci, même si les mauvais esprits continuent à planer et que les fauteurs de troubles cherchent inexorablement à renverser la table!
Salim F. DAHDAH


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